jeudi 22 décembre 2016

« Une grosse voiture et une grosse queue, c’est ça que tu veux » Booba. Bé deux zo bé ah. Mais comment as-tu deviné le dessein secret enfoui en chaque femme, Booba ? Des années pour le cacher, et toi en une rime, boum. Tu nous démasques.

Le résultat de mes dernières rencontres :

je crois que les hommes veulent m’impressionner. En me racontant chacun des voyages effectués durant leur vie, les gens connus qu’ils côtoient, quand je parlais au médecin de Teddy Riner, quand j’étais à une soirée avec Pierre-Emmanuel Barré, leurs délires si drôles avec leurs amis. Soit c’est ça, soit ils ont des actions chez Go voyage. Je ne vois pas d’autre explication. Deuxième résultat : le mec avait un tatouage de femme étranglée, sur le torse. Il était content. Naturellement, je lui ai demandé un second rendez-vous. Au commissariat.

Article intitulé:

De la légère différence entre un cours de gym suédoise à Vincennes où les femmes sont toutes rigides et effrayées, et un cours de dancehall à Ivry où les meufs sont des danseuses pro ou quoi, aussi à l’aise que dans un clip de Sean Paul. La confiance.

Alors maintenant je chante dans la rue.

Comme le mec de Dreux, grand, maigre, qui portait un vieux casque aux arceaux en métal, avec des embouts en mousse. Le mec fou qui agitait un seul doigt à côté de sa tête pour battre le rythme, et qui chantait à haute voix dans la rue. Je chante à haute voix dans la rue moi aussi. Principalement la nuit, quand il n’y a plus personne et que je rentre, et quelques fois en plein jour. Parfois je me sens tellement bien, je regarde juste le ciel en sortant du RER, ou avant de traverser la rue. Et je m’en bats la race qu’on m’entende, j’ai envie de chanter. Il y a toute cette énergie qui sort de moi.

J’ai lu dans un livre pour enfant

quelque chose qui sonnait comme ça : « Quand on lui annonça que sa mère était morte elle pleura. Mais l’homme savait qu’elle ne pleurait pas la perte de sa mère ; elle pleurait la perte de la mère parfaite qu’elle n’aurait jamais. C’était comme si la possibilité d’avoir une mère aimante, se repentant et revenant à de justes sentiments, était morte à jamais en ce qui la concernait. ». C’est un peu ce que je ressens quand je me sépare de quelqu’un. C’est l’idée de l’amour qu’il aurait pu/pourrait me donner, qui rend la chose difficile. C’est l’idée –fugace, l’idée ; merci la méditation, mon cerveau est normal désormais quel soulagement quel bonheur quelle gratitude- que je n’aurai jamais ce genre d’amour qui me fait pleurer.
Je suis totalement confiante. J’ai confiance en ce que je donne, c’est bon, joyeux, curieux et attentif. Je peux construire quelque chose de beau. Je suis loyale et patiente. Ce que je cherche est pur, organique et ça coule de source. Je vois exactement ce que ça donne. Je me sentirai très légère, et je te sauterai dans les bras. Tu seras étonnant, mon petit chat.

Petite théorie de la semaine :

j’ai l’impression que ça y est, je vois les gens plafonner. Ca plafonne, ça plafonne. La marge de manœuvre est épuisée Vous êtes là, dans votre fonctionnement, vous n’en sortirez pas un autre job, un autre moral, un autre salaire, ou un autre couple. Peut-être que vous ne savez toujours pas aimer, que vous avez toujours peur des mêmes choses, que vous êtes toujours malheureux ou très moyennement heureux, que vous bloquez sur les mêmes choses. On a la trentaine les gars. C’est fini l’espoir que tout change demain matin au réveil. Sans stratégie, c’est mort. A côté, il y a ceux qui avancent, qui réfléchissent, qui thérapie cognitive, et comme de par hasard ce sont mes amis. Cœur cœur. Cheh.

mardi 29 novembre 2016

The célibataire expérience

The célibataire expérience (c’est comme the girlfriend experience, mais à l’inverse). Expérience débutée en juin 2016, quand ca a été le ramadan et que j’ai perdu le mec que j’avais après Shap – car l’arabe kéké ne voit pas les blanches qu’il nique de manière contingente pendant le ramadan. Oui j’ai eu des mecs depuis juin (dont un grand renoi judoka musclé qui me jetait sur le lit comme si j’étais une petite coccinelle, oui c’est vrai, dont un autre très musclé aussi qui me regardait les yeux brillants comme si j’étais la huitième merveille du monde ; je suis en chaud patate rien que d’y penser, c’est vrai aussi), mais sans m’harnacher structurellement, sans appareillage existentiel. Je suis mon seul soutien depuis lors. Je suis de plus en plus légère. Je suis de plus en plus consistante. Je tiens sur mes jambes, j’existe toute seule, je suis complète, et heureuse. Je suis cool les mecs.

J’ai compris que je n’ai pas besoin d’être là, patiente, à attendre de la reconnaissance de la part d’un mec ou de mes parents, qui ne savent pas la donner, pour être complète. Vous n’avez pas besoin de trouver que je suis jolie ou digne d’être aimée, vous n’avez pas à vous excuser d’avoir été maltraitants. Vous n’êtes pas obligé de comprendre que j’ai peur de revenir à Noël et que j’ai peur de papa. Après avoir résisté longtemps avec rage, j’ai compris que j’avais peur qu’il me fasse du mal (pourtant, maintenant, j'ai l'impression que je le couche, mais bon). Je ne ressentais pas la peur sur le moment, l’adrénaline montait et je me défendais. Je l’affrontais, parce que j'étais hors de moi de subir tant de haine alors que j'étais son enfant, je voulais rétablir la vérité et regagner ma dignité. Je me gonflais de toute ma force pour résister. Je lâchais seulement quand je commençais à pleurer. Mais à l’intérieur, je me sentais à la fois oppressée et vide, ce qu’il dit a creusé et rongé à l'intérieur, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. 

Je suis indépendante de toutes vos conneries, de tous vos manques, de toutes vos névroses. Je suis là, je me construis. Je n’ai plus besoin de rester à côté de vous, alors que j’ai peur, alors que ça m’abîme. Je peux être seule, parce que maintenant j’ai la sensation que ça ira si vous n’êtes pas à côté. Je sens depuis peu –tout à l’heure, dans le bus- que j’ai une existence suffisante seule. Je peux me désolidariser de mes parents. On n'est pas dans le même camp. Je suis toujours restée là à attendre que vous rejoigniez mon camp, mais peu importe, vous pouvez rester en face et constituer cette ancienne menace qui décline. Je peux vivre, me défendre, me consoler, reconnaître mes qualités, me traiter avec douceur. Je peux tout faire, et je suis tellement meilleure que vous. Ma compagnie est meilleure que la vôtre. Ma compagnie est bonne, compréhensive, réactive, innovante –et elle vous emmerde ah ah. 

C’était le bordel dans ma tête depuis petite. Adolescente, j’étais un coffre-fort. C’était bloqué, dur et vraiment terrorisé. J’aurais pas su par où commencer, si j’avais voulu commencer. Je me mettais souvent à pleurer quand on me demandait si ça allait, mais je n’aurais pas su dire quel était le problème. Plaques sur la peau, obésité, crises d’angoisse, pas de système immunitaire, agressivité, dépendance affective. J’étais une montagne de problèmes créés par l’environnement dans lequel je vivais ; et j’étais toute seule là dedans. Alors je me suis démerdée, problème après problème, quand je suis devenue adulte, avec des livres, des théories, des amis doux, patients et intelligents, des médecines qu’on ne connaissait pas à Dreux. Il y a un instinct féroce en moi qui cherche à faire du bien, améliorer tout ce qui peut me passer entre les mains.

Y’avait des couches et des couches de merde, d’angoisse, de sensation de n’avoir aucune existence, la certitude profonde défiant toute logique de n’être pas digne de respect, d’amour, la certitude que personne ne m’aimera jamais, la terreur de finir seule, abandonnée, folle, dans le noir et l’odeur de la clope froide. J’avais internalisé le fait que tout est de ma faute, tout le temps, c’est pour ça que je restais un temps infini à m’en prendre sur la gueule alors que je savais que j’aurais dû partir. Et puis qui m’aurait aimée, après ça. Qui aurait bien pu m’aimer. C’était déjà bien de s’en prendre sur la gueule, il y avait quelqu’un. Et je pouvais continuer à quémander du respect et de l’amour indéfiniment.

Il y a quelque chose qui ressort, ces derniers temps. C’est mon moi de toute petite fille, joli, mignon, joyeux, malicieux, avec de longs cheveux brillants; je me reconnais (c'est toujours mieux que faire 100 kilos et perdre ses cheveux), l'apnée a duré longtemps. La célibataire expérience, elle est nécessaire. Elle me laisse l'espace pour ressurgir et faire le tri, elle me permet trouver le sens d'une relation amoureuse. Et le sens, ce n'est pas moi qui vous supplie de rester avec moi et de bien me traiter, alors que, écoutez-moi bien, vous êtes de gros mongoliens. Une relation comme je l'envisage, c'est quelque chose d'évident et de flamboyant, ca arrive une fois qu'on a dégagé la merde qui faussait la donne, c'est quand on se trouve blessed d'être ensemble, et qu'on se trouve bien, vivant, sautillant. J’ai confiance en ce que je donne, c’est bon, joyeux, curieux et attentif.

mardi 22 novembre 2016

Les casse-couilles internationaux volume 2

Après le mec qui drague devant moi, c'etait pas fini. Je vous présente le defilé des cinglés. Le retour des cotoreps.
Le mec qui me largue dans la voiture après cinq minutes sans trouver de place.

-  Tu n'es pas la femme de ma vie. Je n'ai pas aimé comment tu m'as répondu.
- Là, quand j'ai dit que ca servait à rien de s'énerver?
-  Tout s'écroule. Tu n'es pas celle que jattendais. Tu n'es pas la femme que j'imaginais et qui comblera tous mes besoins.

Jure. Petite tendance à ne pas être contents, les mecs, quand je vous dis que je ne suis pas un iench qu'on peut insulter dès qu'il y a une petite colère dans vos grosses têtes de teubés. Ca va, tout se passe bien, on s'énerve et on largue les meufs quand elles protestent?

Puis est venu le muslim egocentré ancien judoka, acteur de cinéma, médium, vigile, philosophe, informaticien (ça tombe bien, moi je suis pianiste, philosophe, claustrophobe, vigile aussi, strip-teaseuse à Las Vegas, et ministre de l'Intérieur). Le mec qui aime s'entendre parler des heures.

- Hum Marine: je n'aime pas,  tu as baillé au téléphone. Je préfère qu'on reste dans la séduction pour le moment. Je n'aime pas les gens qui baillent.
- Et sinon ca se passe comment pour la respiration? Je peux ou c'est pas sexy?

Et je vous assure (wallah c'est vrai) que mon but, c'est pas de caster les futurs mecs de Faites entrer l'accusé ou Tellement Vrai. Mais j'y arrive très bien sans le vouloir. Soyons honnêtes. 

mardi 15 novembre 2016

Quand je suis célibataire, je me remets au boulot.

Littérature féministe, clips de Christina Aguilera. Logique implacable du lien entre les deux (elle est forte, elle aime le sexe, elle est teubé mais elle propose quelque chose d’indépendant ; quand je dis ça, je me vois faire vous savez ; on dirait mon ancien mec qui défendait PNL parce qu’il n’y avait pas de meufs en string dans leur clip). Je lis Liv Strömquist, « Les sentiments du Prince Charles ». Et je fais « ouaahh, man ! » à toutes les pages. C’est exactement ce qu’il me faut. Je pouvais l’avoir dans les mains en 2006 s’il vous plaît ?
Elle va plus loin que mon article plus bas (celui qui dit que les femmes ont une intelligence émotionnelle et apportent le « care »). Elle décortique les liens déséquilibrés et leurs symptômes. Elle dit que les hommes exploitent la force des femmes, et marchent sur l'amour et la stabilité qu’elles donnent, pour s’élever dans la sphère publique; pendant que nous on pleure à la maison de ne rien recevoir, percluses de douleurs de provenance inconnue. Un tableau de rêve. Elle prend l’exemple de la femme dans « Tout le monde aime Raymond », une sorte de Sisyphe qui essaie désespérément jour après jour d’avoir une intimité avec son mari, sans que jamais il ne lui donne (il est rassasié lui, il préfère éviter de s'intéresser à elle, il doit regarder la télé). 
Cet été, je disais à Barbichette qu’il devait y avoir 20% de mecs sains d’esprit, là dehors. J’entends capables de donner un amour bon : sans haine, avec compassion, joie, équanimité et intelligence émotionnelle. Et elle m’a dit : "tape dans ceux là". C’est quoi le problème ? Il n’y a jamais de problème avec Barbiche. Il y a juste une direction à suivre. Je fais de mieux en mieux ; et mes relations sont de plus en plus courtes ah ah. Je capte vite, et je suis déjà partie, mon "care" ne se dilapide plus dans le monde, pour tous les cotorep qui passent.  Il est dans mon ventre, bien au chaud.

dimanche 13 novembre 2016

Petite remarque pratique:

dans les clips des années 2000, il y a encore des mouvements de la tête: gauche, droite, centre; et des bras (salut Britney). En 2010, c'était fini, il y avait des mouvements de culs, et voilà.
Signé: Hé oui, j'ai plus 20 ans, je fais des remarques conservatrices regrettant le passé et constatant la déchéance de la civilisation.

Jeudi soir, on s’est retrouvés dans une faille spatio-temporelle

avec Alex, Lucile et Pauline (de nouveaux protagonistes pour le blog, venant tout droit de mon collège de Boissy. Alex est blond, susceptible et on se marre ensemble en toutes circonstances, Lucile récite Racine à la fenêtre l’été, je l’ai aidée à gérer ses classes de fou-malades l’année dernière, Pauline est happy et saine d’esprit – ça vaut la peine de le mentionner, croyez-moi-). Bref. On regardait de vieux clips. Christina Aguilera : « If you wanna be with me, baby there’s a price to pay, I’m a genie in a bottle, you’re gonna rub me the right way”, Jojo, Jamelia, Beyoncé, Hillary Duff, la totale. Puis on a fait une bataille d’eau, Alex nous a poursuivi dans la maison, on s’est enfuies en poussant des cris aigus, et on s’est enfermées dans la salle de bain. On a voulu répliquer avec du shampooing dans sa calvitie, mais à la fin c’est moi qui ai fini avec la tête poisseuse. On a rigolé à se faire pipi dessus (ma spécialité en 2001). Alex a mis une limace dans le sac de Lucile. J’avais l’impression d’être au milieu d’un week-end chez Camille et Paul au collège, et putain de sa mère, ça fait du bien.  

Ma quête est longue.

Elle passe par vous tous, vos humeurs, vos déglingues. Très bien. Elle implique que je répare tout ce qui coince chez moi en cours de route. Je dois être exigeante et patiente. Mais je vais très haut les mecs. Je vais vers ce genre de relation où on est encore ouf de l’autre 25 ans après, le genre d’alchimie tenace. Comme ces gens qui se regardent l’un l’autre, les yeux qui brillent. Comme quand je suis entrée dans la librairie et que tu m’as vue, JB. Ma mère m’en parle encore (et « je n’avais jamais vu un regard comme celui-là », et bla bla bla « dans ses yeux il y avait quelque chose », c’était le bon temps, quand je croyais qu’on finirait ensemble, tu m’en as fait baver petit coquin). Les yeux pétillants d’une ado en face de Justin Bieber torse-nu. Quelque chose du genre. Je vais vers une relation saine et épanouissante ; je vais vers une famille comme une équipe de All blacks surexcités. Okay pour toutes les étapes, maintenant que je vois la route, et que je sens que je peux tous vous éclater. Ca y est, je sens enfin que je peux le faire. J'y vais.

On faisait le tour des vieux clips

des années 2000 jeudi soir, et je me demande pour la première fois quelle image de la femme véhiculent les clips (questionnement tout nouveau pour les féministes hein). C’est la première fois que je m’insurge sincèrement, parce que c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir été coincée, ces derniers mois, dans des plans culs améliorés, dans lesquels je n’étais pas vraiment considérée comme une personne ayant un avis et un intérêt. Alors les meufs, dans leurs clips en stromboscope : une image par demi-seconde, une pose de film de cul par demi seconde. Croyez-moi, j’adore les -bons- films pornos, mais dans tous les clips toutes les minutes de tous les jours, non les gars !
Jure que dans un clip de Ne-Yo, y’a une fille en string qui approche ses fesses à 5 cm de sa tête, en levrette. Normal. On ne va pas lui donner de prénom, appelons-la juste « les fesses ». Ca ira plus vite.

J'en ai marre de parler.

J'ai envie que ça se passe tout seul, qu'on aie du temps, que tu ne puisses t'empêcher de me caresser les cheveux, qu'on rigole et que tu aies tout un tas de petites attentions qui me laissent l'impression évidente que tu m'aimes moi, pas une image que tu te fais et qui peut s'écrouler en trente secondes, ou un besoin que je viendrais combler. Je ne veux pas qu'on me menace de me quitter à la moindre contrariété. Je ne veux pas évaluer si je me fais arnaquer et si je suis encore une fois trop patiente. Je veux juste sentir quelque chose de plein. Je ne veux pas lutter, discuter, expliquer, réparer. Je veux me sentir reconnue en tant que personne, pas en tant que distributeur de douceur et de sexe (parce que oui, je suis un super partenaire sexuel, vous savez pourquoi? parce que je fais attention à vous bande de porcs). Je n'ai pas (pour le moment) l'ambition de construire un harem; pourtant ca marcherait tout seul. Bon bon bon.  

mercredi 26 octobre 2016

Hier j'étais dans le jardin

 avec Jacky, un musicien chauve, à boire du thé. Il me disait qu’il avait vu la pièce Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, et que selon l’auteur, les femmes ont des besoins comme l’attention, la compréhension, qu’on reconnaisse leurs sentiments, et qu’on les rassure sur l’amour qu’on leur porte. Pourtant ce sont des besoins essentiels de l’être humain. Alors pourquoi sont-ils seulement exprimés par les femmes ?
J’ai une hypothèse (hypothèse 3508 du blog ; vous le dites quand vous en avez marre). Mon hypothèse, c’est que tous les êtres humains ont ces besoins. Les femmes éduquées dans le care avec leurs baigneurs, poupées, ont l’habitude de s’occuper des autres, d’en prendre soin, de leur donner de l’amour, de les cajoler, de les consoler. Donc dans un rapport hétérosexuel, c’est l’homme qui ramasse. Forcément, ensuite il n’a pas besoin d’être rassuré. Son besoin est comblé. Les femmes qui se trimbalent des partenaires dont les jeux de l’enfance ont développé tout sauf l’intelligence émotionnelle formulent forcément ces besoins. Ils ne sont pas comblés.

PS : Ca entraîne à quoi comme compétence émotionnelle de jouer à GTA ? Ca aide de renverser des putes sur la route ?

Je chante Un homme heureux

de William Sheller au piano en ce moment. Sur la descente des accords du mi bémol au la bécarre : « Quelque soit le temps que ça prenne/ Quelque soit l'enjeu/ Je veux être un homme heureux. ». Je me demande un truc : alors William, depuis 1992, tu es heureux ou quoi ?

lundi 24 octobre 2016

Quand Hadrien s'est suicidé il y a quelques années, j'ai eu très peur pour mes fesses. Je pouvais très bien en arriver là moi aussi. Je ressentais ce qu'il ressentait, et je trouvais que c'était une issue logique.
Ca m'a fait un électrochoc, et j'ai commencé à courir dans l'autre sens. J'ai un peu pédalé dans la semoule au début. Mais hamdoulilah, la plasticité cérébrale est passée par là, et j'ai tout donné bitch. J'ai fini en Usain Bolt.
Maintenant, ce qui sort de mon cerveau rééduqué m'étonne chaque jour. Il se guérit, se console, produit de la confiance. Je suis dans la zone taoïste bsartek (taoïste arabe).

Philosophe de l'extrême - la suite

.
En ce moment, je suis sur des concepts assez profonds. J’en ai deux notamment. Un, les hommes c’est comme le flow deezer, quand ça va pas, il faut passer à la chanson suivante, et à un moment on kiffe. Deux, les hommes c’est comme les fringues, on les essaye et si ça fit pas parfaitement, c’est pas la peine. Sinon on se retrouve avec des tas de vêtements qu’on ne met pas dans les placards, alors qu’on cherchait juste une pièce de qualité pour garder des années. Appelez-moi Babillages. J’ai atteint le level philosophique de Cristina Cordula.

Il y a autre chose, qui m’a occupé l’esprit toute cette rentrée. J’avais besoin de reconnaissance et de compréhension ; dans mon travail. Je m’use la santé à faire des trucs de héros, j’ai les déscolarisés, ceux qui ne savent pas écrire, les violents, les gangs de fille, les intellos fragiles. Je suis en pédagogie différenciée, et chacun bosse à son rythme. Je suis compréhensive, il n’y a plus de conflit avec personne. Ils donnent le meilleur. J’ai créé ça, personne ne m’a appris à le faire. C’est une alchimie très spéciale. C’est beau. On me salue dans les couloirs et dans la cité.
Ce qui me tuait le bide, et occupait mes nuits, c’est que j’ai donné toutes mes tripes et qu’en face, j’ai du harcèlement moral de la part de ma boss qui est une grosse tanche incompétente et agressive, de l’indifférence de la part de l’inspectrice, du mépris de la part de la meuf de mon coloc qui soutient que je n’ai pas un vrai travail (la meuf habite gratos dans la maison que je paye, ne travaille pas et crée des tee-shirts dans la cave que personne n’achète ; et moi je n’ai pas vrai de travail alors que je me lève à six heures tous les jours. La salope.). Et mes potes qui s’agacent des plans que je mets quand je suis épuisée et que je dois finalement juste dormir pour pouvoir retourner au front le lendemain.
Y’a personne pour me dire « pitchoute, je te félicite de te lever tous les jour pour accomplir tout ça, c’est beau, c’était difficile, tu as bien bossé ».
Alors j’étais en colère sa mère. Je trouvais ca injuste. Je trouvais que j’aurais eu le droit à de la compréhension et de la reconnaissance. Les mêmes que je donne à mes élèves (c’est pour ça qu’ils entrent avec le sourire dans ma classe, bitch).
Et puis ça s’est résolu tout seul ce week-end, quand Mélanie m’a dit que mes amis étaient déjà bien assez compréhensifs comme ça, et que ça suffisait. Je ne pouvais pas attendre de reconnaissance de la part de gens qui n’en ont plus en stock (c’était mal barré si je m’y prenais comme ça).
Alors c’est comme si j’avais levé la main – c’est une métaphore. Moi ! ici ! Je suis là, et je vais me chouchouter et me féliciter d’accomplir ca tous les jours. Je vais me consoler. Je peux vous englober de compréhension, si vous êtes au max. C’est moi qui câline et qui rassure. Même quand je crois que je n’ai plus d’énergie, j’ai quand même ça en moi. Et je me valide. Tampon officiel de « c’est bien ma biche ». Moi je sais, et peu importe ce qui dysfonctionne autour. C’est moi la source.

samedi 24 septembre 2016

J'ai passé un samedi incroyable, et j'étais toute seule. En ce moment, je récupère mon autonomie, que je perds souvent quand j'aime à la folie quelqu'un, et qu'on se sépare ensuite (c'est embêtant, j'avais perdu mon autonomie depuis 2010). J'ai de nouveau envie de tout faire toute seule, aller au dancehall, en vacances en Italie, voir le prochain Ken Loach, aller écrire ma thèse à la BNF, cuisiner, faire des siestes. C'est comme si tout était si super qu'on en ferait une photo Instagram. Vous voyez de quoi je parle les bitches? Et j'ai même pas besoin de quelqu'un à côté de moi pour que ça ait cette saveur. Depuis le lycée, j'avais pas ressenti ça sur de si longues périodes. Et je suis back. Et ce qui arrive aussi, je le sens, c'est cette envie de bouffer le monde, c'est la sensation que si je m'y mets je ferai mieux que les autres, c'est la certitude que je vous gère tous, sur certains points.
Il y a des domaines où je sens très bien ce qu'il y a devant, et c'est tout tracé, et c'est comme si je voyais la route, je n'ai qu'à bosser. Je savais que je pouvais extrêmement bien jouer du piano au conservatoire, je sentais la musique et je sentais l'agilité latente de mes doigts, que je saurais faire de la philosophie, réfléchir, penser quelque chose de complexe et écrire des mémoires, que je ferais mieux que mes profs de Dreux quand j'aurais une classe, que je pouvais gérer les pires élèves, les situations de violence dont tous les profs ont peur, que je ferais quelque chose des plus fortes têtes, même au fin fond des cités, et ca a été long, mais ça marche, que je ferais mieux que mon père dans mes liens intimes et dans l'éducation des enfants. C'est comme une intuition de ce que je peux donner, qui ne demande qu'à être réalisée; je travaille jusqu'à faire correspondre ce que je sens très clairement à ce que je fais réellement. Dit autrement, il n'y a qu'à suivre les fluides, comme dans Donnie Darko.  
J’écris plus trop sur le blog, vous avez remarqué. J’écris sur des cahiers depuis un ou deux ans. J’y ai beaucoup écrit mes angoisses et mes traumatismes - je ne pouvais décemment pas en mettre le dixième sur ce blog, comme je ne peux décemment pas dire tout ce que je fais : depuis JB, j'ai toujours plusieurs mecs en même temps, ça y est je l'ai dit-, et maintenant j’y mets principalement les pensées optimistes qui me viennent face à l’adversité, et je me félicite de trucs (après m’être pétée la gueule pendant longtemps, ça fait un petit changement), je visualise ce que je voudrais.

Hé,

 quand j’ai dit que je voulais bien un mec cassé, et qu’on réparerait ensemble, je voulais dire que je suis bienveillante face aux faiblesses des gens et que j’envisage les relations de manière évolutive. Je ne voulais pas dire : envoyez moi tous les tarés. Get it ?

Alors, je sais bien que le dénominateur commun à tous mes mecs, c'est moi, l'assistante sociale tarée. Ce qui donne lieu à de nombreuses exclamations, comme: "Mais où tu les trouves Marine?". A la CAF? Au CMP? C'est pas là qu'on rencontre les gens d'habitude? Sérieusement, comment on fait pour résister aux gros chauves queutards, ou aux baraqués au crane rasé hystériques?

jeudi 15 septembre 2016

L'amour que je vous porte est infini.

Alors, j'ai relu cet article et il ne me plaît plus du tout. Déjà parce que je n'ai accordé aucun participe passé. Ensuite parce qu'une fois que j'eus exprimé mon amour infini, une nuance a commencé à se faire. Je ne vous ferai pas de mal, je n'ai jamais eu l'intention de vous en faire. Mais voyons, ce qui reste n'est pas de l'amour; une fois que je vous ai fuis, il peut rester de la rancœur mais je vous reconnais comme entier et valable avec tous vos trucs, et je vous porte une certaine tendresse. J'aurais pu fonctionner avec vous. Vous étiez suffisant pour moi, si vous aviez été dans le truc et capable de construire une relation impliquant d'apaiser ce qui sort et qui cause une souffrance dans l'intimité, et abîme le couple. Voilà ce qui reste.

Je ne vous en veux jamais très longtemps, quand vous draguez mes copines devant moi comme un arnaqueur de haut niveau, quand vous êtes dans un autre pays, quand vous me traitez de petite prof de banlieue, que vous me faites du mal et m’humiliez, quand je vous ai quittés, quand je ne vous ai pas vus depuis 2005 et que vous avez deux enfants. Quand vous êtes entrés dans ma zone et que je vous ai aperçus dans l’intimité de votre fonctionnement, je vous chéris. Je vous vois, je vois tout clairement, avec précision, tout ce que vous savez faire de mieux que les autres, de manière virtuose, ce que vous penseriez de ceci ou cela, ce que vous aimez, ce dont vous avez peur, ce que vous n'arrivez pas à dépasser; je vois tout très rapidement,  je ne vous ferai pas de mal. Parfois, et par parfois j'entends à chaque fois, je m’éloigne pour survivre, pour me soigner, pour recevoir de l’amour, pour essayer d'être heureuse, mais vous êtes toujours dans ma zone et je vous porte encore un peu avec moi. Je ne cesse jamais de vous aimer, et c’est comme quelque chose de compact et intense au fond de mon ventre, qui irradie d’une brume tiède (laissez ; je sens ça je sens ça, qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse). C’est plutôt bien, j'ai comme une source chaude à l'intérieur de moi. De toute façon ça a toujours été là.

Catch me if you can

 C’était pas fini avec le mec d’Aubervilliers. Bah non. C’est moi en face. C’est jamais fini, ca dure à l’infini avec moi, puisque je vous aime pour toute la vie, une fois que j’ai commencé à vous aimer. Même si vous êtes des gros fils de chien. Alors d’un côté c’est bien, j’ai de grosses réserves d’amour et de patience ; je pourrais construire n’importe quoi avec n’importe qui du moment que j’ai envie – enfin je commence à rajouter la condition : du moment que c’est pas un gros fils de chien. Mais d’un autre côté, c’est juste que je ne sais pas me barrer et passer à autre chose. Je suis une forceuse, t’as vu. Je force. Je force quand y’a rien pour moi, je me demande si j’ai bien fait tout ce qu’il fallait, si c’est pas ma faute, si je devrais pas faire autrement, parce que si on réfléchit bien, et je pourrais mieux expliquer que, et si je lui montre vraiment comment ca se passe quand on aime quelqu’un…. Assistante sociale tarée, bonjour, je ne suis pas partie, je suis là, tapie à attendre qu’un nouveau mec tout pété arrive. 
Le mec d’Aubervilliers draguait des meufs et leur disait qu’on n’était pas vraiment ensemble lui et moi. Ensuite, c’était pas la meilleure de toutes les idées à ta disposition, de draguer ma pote, parce que tu imagines bien qu’elle m’a tout raconté (c’est exactement, là, à cet instant, que ma vie c’est Melroce place, et pourquoi c’est Melroce place? Parce que j’ai fait entrer un arabe kéké dans ma vie. Je définirai le concept d’arabe kéké plus loin). Donc. Le gars a l’audace des plus grands. On pourrait l’appeler « catch me if you can » -ou gros bâtard de ta race- suivant l’humeur. Le gars tente des trucs énormes : on sait jamais. On sait jamais, dès fois qu’il y ait moyen ! Quand j’y pense j’éclate de rire. J’ai essayé de l’engueuler, mais il faut vraiment que je sois au bout du bout et que j’aie envie de vous prendre par les cheveux pour vous mettre dehors, pour que je gueule et que ce soit impressionnant; sinon ça ressemble à rien, et même moi je m’impressionne pas. C’est pas convainquant, parce que je ne suis pas convaincue. Alors pour lui, c’est étonnant, j’arrive pas vraiment à lui en vouloir. Ca m’étonne, c’est de l’art, c’est de l’innovation, ça me fait rire. 
Je suis vraiment un moine bouddhiste. Ou un canard.

mardi 23 août 2016

J'ai envie de jouer ça à la guitare électrique en gueulant dans la maison, mais maintenant on est huit dans la coloc. C'est ballot, au début j'avais signé pour trois. C'est pas que vous m'emmerdez, mais dégagez.

Un jour S. m'a dit: "Avec Amaury, on a discuté et on en a conclut qu'on était de bonnes personnes. On s'est dit que si on était sur une ile déserte avec une fille, on ne la violerait pas. Bon, on essayerait de la draguer pour tenter le coup, mais c'est tout. On est gentils hein?".
 Mais toi, et ton pote le petit gros, on vous sème! On vous met à l'amende! On prend votre tête et on l'enterre dans le sable!
 Allez, ciao les débiles.

lundi 8 août 2016

Aujourd'hui ma nouvelle docteur m'a demandé si j'étais en couple, et j'ai éclaté de rire. Ecoute Mireille, je ne sais pas quoi te répondre. Ca ne rentre pas dans tes cases, ça rentre à peine dans les miennes.

J'ai plusieurs choses à dire. Comme d'hab.

 Je réponds souvent, quand je discute avec quelqu'un et que je l'ai écouté attentivement: "alors, j'ai deux choses à dire", c'est S. qui me l'a fait remarquer. Parfois mes élèves lèvent la main et disent: "Alors, j'ai deux choses à dire", avec les mêmes intonations que moi, et là je flotte dans l'air et j'aime mon métier. 
 Premièrement, les gars semblent trouver extrêmement fou qu'on puisse discuter ensemble de sujets politiques, que je lise des livres ("Tu les lis réellement? Je peux te prendre en photo"?), des trucs comme ça. De même, ils trouvent sexy et admirable que je joue du piano ("Et là, je peux te prendre en photo?"). On va faire une série d'albums, qu'on n'en parle plus: "Marine en vacances", "Marine lit un livre", "Marine joue du piano", "Les découvertes de Marine", "Marine et le sceptre d'Autocar"... Vous voulez quel tome? Donc je me pose la question: Mais qui avez vous eu en face de vous par le passé? Nabilla? Si oui, vous avez bien caché les pics à viande du barbecue? 
 Deuxièmement, est-ce qu'il faut tous vous expliquer ce qu'est faire l'amour? C'est-à-dire qu'on ne fait pas l'amour dans une personne qui est l'objet de notre désir, mais avec une personne et on est tous les deux sujets du désir. Ca devient trop philosophique? Ne vous branlez pas dans quelqu'un, c'est pourri. Quand j'explique, on me dit que c'est "ma conception". Mais la tienne est merdique khmal! La tienne est touuute pourrie et elle vient d'Aubervilliers. Là où c'est la honte d'avoir une meuf. Bande de grosses, grosses moules d'Aubervilliers.

L’histoire du mec bourré et de la poupée de chiffon

Cet hiver quand j’étais sur le lit d’hôpital à avoir des contractions, ma mère me disait de me faire toute molle, comme une poupée de chiffon. De ne pas résister, d’accompagner les contractions. 
Il y a une histoire dans le Tao Te King, qui dit qu’un homme ivre qui tombe d’une charrette en marche ne se fait pas mal. Il n’oppose pas de résistance, son corps est complètement relâché. La sagesse s’apparente alors à ce que produit l’ivresse. 
Moi j’ai galéré pour comprendre. J’ai GA-LÉ-RÉ. Je comprenais l’histoire bien sûr. Mais quant à le vivre moi, c’était pas gagné. Et puis j’ai découvert que ce n’était pas dangereux d’aller face à ce qui fait peur. Quand c’est là de toute façon. Se dire, okay, je me détends et je regarde. Je suis complètement relâchée, je n’oppose pas de résistance en essayant d’éviter, d’oublier, en bloquant cette pensée. Je la laisse venir. Tout va continuer, je ne vais pas mourir. 
J’ai appris dans le monastère (y’avait du level en sciences ; une meuf du CNRS qui était là a trouvé un nouvel anti-inflammatoire qui ne cause pas de dégât sur le corps, mais aucun labo ne veut l’acheter ; miskina l’humanité) que les zones de fragilité, quand elles sont activées et quand on en a peur, sont assimilées à un danger mortel, d’où le stress intense comme réflexe de survie (production  d'adrénaline, de cortisol, accélération du rythme cardiaque, stop des sécrétions et préparation à la fuite). 
Toutes ces pensées effrayantes qui me font partir en live, je n’ai pas à en avoir peur. Il me suffit de les regarder avec une gentille attention. Une tranquille et douce attention. J’avais écrit un long article pour dire comment toutes ces phrases s’étaient incrustées salement dans mon cerveau. Mais après tout peu importe. On les regarde et elles passent. Peu importe d’où elles viennent. 
Tout à l’heure, j’étais sur le facebook de JB. Son ex amour de sa vie de la passion de c’est merveilleux de il l’aime encore et moi non, a posté quelque chose sur son mur, elle avait l'air de le connaître comme sa poche. Mon cerveau a fait : « aïe aïe aïe, c’est chaud, ça brûle, c’est trop difficile, je ne voulais pas voir ça, je veux fermer la page, je veux oublier, je ne veux pas me rappeler qu’il a aimé quelqu’un d’autre, je ne vais pas y survivre. Personne ne m’aimera jamais à en mourir, il ne m’aimera jamais à en mourir. Pompiers, samu, millepertuis, je panique je souffre, appelez Benjamin Biolay, qu’il me chante une chanson ». J’ai un haut degré d’expertise en production de pensées désagréables. J’ai intégré le CNRS de production de pensées désagréables, moi. 
Et là, mon travail acharné depuis des mois pour me construire une stabilité émotionnelle et un esprit heureux et satisfait (psychologie positive, taoïsme, méditation, naturopathie, acuponcture, draps frais monoprix) a enfin payé. Mon cerveau a produit une lueur nouvelle. Ca a fait : « Popopop, ca ne me fait pas peur, d'où j'sors d'une ronde Belsunce Breakdown, je vais aller regarder tout ça ». J’ai tout posé et je suis allée voir. Je fais ça à chaque fois que j’ai besoin. Pour une rupture quand j’ai l’impression que je ne pourrai pas vivre sans lui, pour une déception, quand mes colocs coupent le jasmin étoilé parce qu’ils sont un peu cons, tout ça, quand je suis en colère, abattue, je l’ai fait la semaine dernière parce que je saignais du col de l’utérus depuis plusieurs jours sans raison, je me disais à haute voix tout ce qui me terrifiait : « je vais perdre tout mon sang », « je vais partir en vacances et je serai mal soignée... et je vais perdre tout mon sang ». Je ferai ça à chaque fois qu’un ex aura une nouvelle meuf, quand je saurai que S. a une nouvelle meuf à humilier –la petite chanceuse - ; mais on lui dit merci, parce que c’est à cause de lui que j’ai commencé à méditer vraiment. 
Bref, moine tibétain l’année prochaine les gars. J’en ai rien à foutre de rien. Signé : Verlaine. L’objectif : je suis là, je ne me fais pas de mal, je gère, je suis bien. Prochain objectif, après les troubles alimentaires, l’angoisse de devenir folle, l’angoisse de ne jamais recevoir assez d’amour, la conquête de la stabilité émotionnelle, du sentiment de plénitude et de satisfaction : je veux une relation amoureuse stable et épanouissante d’ici quelques temps. Et si j'ai pas ça, j'aurai d'autres relations, et ça n'est pas grave, parce que je suis complète et c'est good. Faites de moi ce que vous voulez, je ne résiste plus.

mardi 19 juillet 2016

Je cherche le père de mes enfants (et un nouveau cuiseur à riz).

Voilà comment je visualise la chose. C'est précis, et ça a commencé par le décor.
 Une maison dans la campagne, avec un grenier en sous-pente vide et lumineux dans lequel méditer. Du parquet au sol. Une chambre fraiche et minimaliste, aux murs blanchis à la chaux. Une cuisine avec véranda où les copains viendraient dîner, on entendrait la FIWB rigoler fort le soir, une bibliothèque où je lirais avec mes enfants. Ils poseraient leur tête sur mon ventre, allongés sur le tapis, et je répondrai à tous leurs pourquoi. J'aurais un amoureux qui m'aimerait chaque jour sans en douter, et notre lien serait accueillant stimulant sécurisant amusant. On se poursuivrait en rigolant dans la maison comme des adolescents, on pourrait se vanner très fort en sentant que c'est bon. Je pourrais toujours venir lui faire un câlin, on inventerait des tas de théories. On lirait des livres ensemble, dans le hamac du jardin. On ferait des permacultures, et je sentirais que j'ai un conjoint qui m'appuie et qui admire que: j'écrive un blog, j'enseigne et que ça soit viscéral, j'aime les sciences cognitives, le taoïsme, le stand up, la psychologie positive, la chanson française, la nourriture naturelle, la physiologie, la biologie, je joue du piano et de la guitare, j'aime les médecines non occidentales et les plantes, l'acuponcture, le vrai sexe, me baigner partout, la méditation, la culture littéraire, le cinéma d'art et d'essai, j'essaye de tout comprendre tout le temps, d'aller mieux tout le temps, de dénouer ce qui est tendu ou pénible. On ferait chacun notre vie dans la maison et on se rejoindrait tous les soirs dans des draps frais. 
Je fais la liste, parce que d'une manière ou d'une autre mon ex a refusé de trouver de la valeur à toutes ces choses qui me caractérisent, n'a pas estimé que c'était suffisant, ou admirable. Alors moi, je commençais à me sentir vide. Je me remplis là. 
 Et j'ai même pas envie de me moquer, avec une petite blague façon écart sarcastique, de ce que je viens d'écrire. Alors on va laisser ça comme ca, et tous le visualiser, avec clarté, pour que ça m'arrive. 
Faites pas les chiens, visualisez. 
Tranquillement et précisément. 
Merci les gars (je vous inviterai dans ma véranda).

Cet été,

 je fais toutes les choses dont j’ai toujours eu envie, mais que j'avais peur de faire avant (ou la flemme aussi). 
Aller à un concert, repeindre ma chambre en vert, boire de la vodka, aller chez IKEA …privet joke, c’est entre moi et 2006 cette vanne. 

Etre célibataire sans amoureux auquel me raccrocher, jouer du piano dans les gares sncf, voyager seule, partout, beaucoup, accepter toutes les invit, n’avoir pour objectif que me baigner et sécher au soleil, apprendre à conduire, faire une retraite de méditation dans un monastère, aller à Avignon voir des spectacles jusque la nuit, faire du camping dans la nature, rejoindre Barbiche en Espagne, faire une randonnée en montagne, voir mes potes, m’en foutre que la maison soit sale (sale sa mère, mes colocs ne sont pas incommodés par les surfaces collantes), vider toute ma chambre pour pouvoir y méditer, jouer du Biolay en chantant de tous mes poumons la douleur de la vie de la mort (Biolay est un spécialiste, moi j’ai plus de voix au bout d’une demi heure). Voilà mon programme. Des questions ?
J'avais écrit plein d'articles dans un cahier, et je l'ai laissé dans le train. C'est ballot.

J'arrive (mais là je suis dans mon monastère, on m'enseigne des techniques de méditation pour apaiser la douleur par la pensée. J'apprendrai ça à mes enfants, ils se la pèteront à l'école).

mardi 7 juin 2016

Je suis allée à l'opéra avec Julie. En l'attendant j'ai vu arriver ce couple. Une grande châtain aux cheveux secs et ondulés en queue de cheval avec des collants résilles, et un petit en costard. Ils avançaient main dans la main avec détermination. La fille portait des bottes à talons carrés, et avait les jambes blanches, imposantes, elle se plantait dans le sol à chaque pas. Ils avaient l'air de s'être habillés cinq minutes avant. Comme s'il avait bien fallu sortir, mais qu'ils faisaient l'amour et que ce n'était qu'un intermède, la Traviata.

dimanche 8 mai 2016

Là tout de suite, je pète le feu. Je pète le feu de ouf (on est tous contents de l'entendre hein). Voilà voilà. 
 

jeudi 5 mai 2016

C'est bon, mon blog ne s'appelle plus "Le blog le plus révolutionnaire auto-fictionnel et angoissé de Paris". Il n'est plus le plus angoissé de Paris. J'ai appris à gérer mes émotions. Et ça, c'est bien (je me félicite). 
Il faut dire quelque chose de la meuf à l'entrée de la salle de sport. Elle a la tronche décorée, c'est Haussman en décembre. Elle a pris tout le rayon maquillage de Franprix en 2002 et elle se l'est mis sur la face. Y'a du blanc, du noir, sur les yeux, on ne comprend pas bien. Elle a pas tout capté elle non plus, t'façon.
Mes amis pensent que mon ex a assez attenté à ma dignité, et quand ils me demandent si je le vois encore, je dis: "je fais ce que je peux". C'est vrai, je fais ce que peux (et parfois j'ai des envolées d'espoir et de compréhension, mais comme c’est très unilatéral, ça retombe vite). 
C'est un running gag avec la FIWB. Ils pensent qu'à chaque fois que je veux le revoir, une nuée de pigeons devrait me chier dessus. Pour que je voie bien le signe. On a inventé une sorte de petite histoire de pigeons se jetant contre la vitre dès que j'en parle. Le pigeon met son petit casque, et va se jeter contre le carreau: " putain j'ai déjà du y aller mardi dernier et je me suis niqué la tronche, ce soir j'ai tout prévu"... 
Moi je sais pas, je me demande si j'ai une limite. Je me demande toujours si c'est pas ma faute ou que je ne suis pas trop susceptible, si je prends assez sur moi, si j’ai assez expliqué, si je suis assez claire. 
- Tu as assez expliqué. Tu es claire, tu es la personne la plus claire que je connaisse. Tu es mère Thérésa, tu es formatrice à l’ESPE, tu donnes des cours de communication non violente. 
Okay. Alors, c’est qu’il y a des choses trop difficiles à comprendre sur soi, à accepter avec lucidité, ou à travailler. Je vais conclure comme un kéké, puisque l’autre approche n’a pas fonctionné : « ça n’a pas marché ».

lundi 2 mai 2016

On a passé une semaine à Berlin avec la FIWB. J'ai du me retenir une dizaine de fois de faire pipi dans ma culotte. Ca ne m'était pas arrivé depuis la prépa les mecs. J'annonce: la vie était merdique depuis la prépa. La vie avait un arrière goût de pisse. Je retrouve tout doucement une sorte de force que j'avais perdue. Une sorte de joie. Une sorte d'élan vital, oui oui oui.

Une fois j'ai écrit: mon moment préféré c'est quand je me lève et qu'on prend le petit déjeuner tous ensemble. En fait mon moment préféré c'est quand je ris tellement que je peine à reprendre ma respiration et que je tape sur la table d'une main (la classe à Dallas). Mon moment préféré c'est quand Benjamin rit en se retenant légèrement de rire (plus facile à dire qu'à faire) et quand Rassinoux se tord sur sa chaise et se tient le ventre dans son pull bleu (c'est précis). 
C'est quand devant Neptune en pied tout nu avec une coquille de bernard-l’hermite sur le sexe, on prend des voix d'acteur porno de Perpignan en essayant de parler par dessus le fou-rire (veux-tu voi-re frétiller ma peti-te coquillette? oh, je sens là dessous que mon petit se-re-pent veut sore-ti-re). C'est juste que tout s'est relâché. On rigole pour n'importe quoi. C'est reparti.

vendredi 22 avril 2016

Mon oncle était une personne assez sage. J’ai appris beaucoup de choses à son enterrement. Depuis quelques temps, je ressens profondément des « grandes platitudes » sur la vie, qui sont inutiles tant qu’elles ne sont pas digérées, intégrées, tant qu’elles se maintiennent sur le plan des idées uniquement.
Je me rappelle d’une sensation très fugace. C’était l’aube, un samedi matin, et je rentrais chez moi. On sentait la lumière qui commençait à poindre, et je traversai le passage piéton entre le parc et le RER. Je me suis sentie heureuse d’être vivante et d’être là, à regarder la rue et tous ces arbres. 
Je revenais d’une soirée chez Cédric, on avait fait un bad avec de la beuh trop forte et on s’était retrouvés à agoniser, assis comme des loques sur le lino de ses toilettes. Moment de solidarité s’il en est.
- T’imagines maman, si j’avais tout pris de papa ? Déjà que je suis angoissée… J’aurais un trou fumant à la place de l’estomac. Heureusement que j’ai eu la chance de prendre un peu de toi !
 Ma mère a un côté heureux contemplatif et confiant à l’asiatique. Elle est là pour les autres, elle est optimiste, joyeuse, ça ne l’épuise pas plus que ça. 
- Heureusement qu’on a écouté Michel Sardou et Serge Lama à fond quand je faisais le ménage !
- Carrément.
Carrément, carrément. Ma mère a exercé une influence dont je comprends l’enjeu seulement aujourd'hui -la semaine dernière en fait- (si, c'est drôle).
Je plante des graines pour faire un potager dans mon jardin, mais ce sont celles qui se sont plantées toutes seules (des herbes, des arbres, je ne sais quoi) qui poussent le plus vite et qui durent. A méditer quand je m’entête (encore un peu) à faire tenir des relations par maints artifices à moi toute seule.
C’est les vacances, j’avais oublié que le MK2 nation était un cinéma d’art et d’essai. Kung fu Panda, Les visiteurs, Le livre de la jungle, je ne sais que choisir.

mardi 12 avril 2016

Dans mon horoscope chinois de cette semaine,

 on me dit que je vais devoir faire face à une vérité qui ne fait pas plaisir. Ca c'est Bradley qui n'est pas accepté en classe relai; je le savais, on va se le taper jusqu'en juin.

Heureusement, mon horoscope amoureux dit que j'ai beaucoup souffert (depuis 2009), mais que désormais je vais avoir des relations harmonieuses (surtout si je choisis un compagnon qui ne me pète pas la gueule), et que j'ai une longue période de chance qui s'annonce. Alléluia. 

La prochaine fois je vous expliquerai comment je prends chaque semaine pour objectif mon horoscope chinois et que ça me guide dans la vie. 

mercredi 23 mars 2016

J'ai lu un article

 de Daria Marx dans lequel elle rentre chez elle au petit matin, en se baladant pour faire durer le trajet retour, parce qu'elle veut rester dans l'impression de son amant qu'elle vient de quitter. Elle repense aux gestes, à ses doigts, à sa respiration, elle s'entoure des bribes, elle les revoit, et tant qu'elle se balade, elle reste dans cet espace qui a précédé; ça l'entoure avec douceur. 

Ca m'a fait penser à ces fois où quand on arrête de faire l'amour, j'ai la sensation d'être exactement où je dois être. Quand on a été en connexion, quand on a oublié où on est, qui on est, l'heure qu'il est, ce qu'on doit accomplir ensuite, ce qui est pénible, ce qui est difficile; qu'on est entré dans un temps totalement pur et organique, et que ça pourrait durer toujours. Le temps s'étire, et quand on reprend conscience, plusieurs heures ont passé. On se rappelle bien avoir commencé, et puis on est tombé dans quelque chose d'autre. Dans cet espace où l'on est exactement au centre, exactement là où on doit être. 

Signé: la meuf qui n'a pas fait l'amour depuis mille ans (mais qui n'a pas Alzheimer, donc qui peut encore s'en rappeler et être dégoutée). 

lundi 22 février 2016

Je ne vous ai pas dit, je lis le Tao Te King.

Et je vais faire une retraite de méditation de pleine conscience dans un monastère cet été. 

On m'a perdue là. Si mon moi de 18 ans me voyait, il me mettrait dans le même sac que la tante de Boris qui ne voulait soigner son panaris qu'avec des plantes (et qui finalement avait perdu son doigt je crois: le truc con de hippie). "N'importe quoi, des sciences non prouvées, les gens croivent vraiment n'importe quoi, comme si respirer, manger du romarin ou se piquer avec des aiguilles ça faisait quelque chose". La différence avec mes 18 ans, c'est qu'un jour, j'ai cessé d'être une sale conne. 

samedi 20 février 2016

Franchement les mecs,

 je suis retournée sur mon blog d'adolescente: http://marinethefouine.skyrock.com, et c'est mieux qu'ici. Mes phrases étaient drôles, j'avais une pêche de malade. En plus, je n'étais pas si idiote. Et j'avais le temps d'écrire, de polir mes phrases (comme je voyais Boris tous les 3 mois. Big Up Bobo!). Il y a des trucs que j'ai perdus en route, que je vais récupérer de ce pas (la pêche, la joie, la confiance). 
Pour la première fois de ma vie, je me sens patiente et optimiste. J'ai géré une IVG toute seule (et une opération des amygdales, hé ouais, j'ai plus peur des hôpitaux), je travaille en REP plus avec agressions sur les personnels, j'ai eu la force de gérer mes troubles de l'alimentation, mes angoisses. Je sens que je vais survivre aux deuils, voire qu'ils sont naturels (avant je bloquais, de tout ce qu'il peut y avoir dans un blocage d'absolu). J'apprends à être un individu optimiste et serein, à entretenir des liens apaisés avec les autres, demain je chante "let the sun shine" avec une robe à fleurs et voilà; rendez -vous dans un Ashram en Inde l'année prochaine.

J'ai une (nouvelle) hypothèse (c'est pas comme si on avait été mille à y penser avant).

Les personnages de The Walking Dead, sont une métaphore de la vie réelle.

Il y a les personnages qui ne veulent pas voir les difficultés, qui font comme s'il n'y en avait pas, ils tueraient ceux qui leur montrent, car ils se sentent menacés (parce qu'alors, il n'est plus possible de les ignorer et tout leur équilibre précaire s'écroule), et qui se trouvent pris par surprise au dernier moment. Ceux là sont foutus. Ce sont les habitants qui ne veulent pas voir les zombies qui envahissent Alexandria, ceux qui ne veulent pas voir les risques sanitaires de la vraie vie, ceux ne veulent pas voir ce qui les bloque et qui provoque encore et encore le retour de comportements ou d'émotions délétères. Ils font l'autruche et c'est mal parti pour se mettre à l'abri, en ignorant le risque.

Il y a ceux qui ont la force et l'aplomb de se protéger et de protéger les autres. Ils dégagent quelque chose d'admirable, ils sont des humains complets, en pleine possession de leurs moyens. Il y a ceux qui n'ont déjà pas la force de tenir sur leurs jambes, qui ont peur, comme le pasteur. Ceux là ne peuvent déjà pas se protéger, ils ne peuvent protéger personne, ils ne peuvent appartenir à aucune cellule de survie de manière pérenne. C'est une métaphore de la vie amoureuse et de famille pour moi.

Il y a ceux qui ne peuvent pas rompre les liens, laisser partir les autres, comme la blonde qui se fait bouffer parce qu'elle ne veut pas lâcher la main de son fils, qui se fait bouffer lui aussi (la poésie de The walking Dead). Il y a ceux qui conservent leur force après un deuil, ils ont perdu leur mari, leur famille, comme Michonne, mais ils continuent à vivre avec autant d'aplomb.
Il y a ceux qui sont capables d'amour dans les difficultés, comme le chinois (je ne sais plus son nom).
Il y a ceux qui sont tenaces et optimistes et qui cherchent juste le moyen de rétablir l'équilibre même quand ils sont submergés par une planète recouverte de zombies. Rick est de ceux là. 


Même en partant de la grosse infirmière qui fait des crises d'angoisse (c'est moi ah ah), il y a moyen de faire face. Il y a moyen d'aller chercher l'humain fort, autonome et à l'équilibre, en dégageant ce qui nous laisse dans le déni, la peur etc. Ca nécessite lucidité, ténacité, résilience et les bonnes méthodes.

Signé: Les sciences cognitives.

J'ai une (autre) nouvelle théorie.

J'avais pas compris en harcelant mon ex pour tout un tas de choses (qu'il soit affectueux, qu'il ne s'énerve pas contre moi en disant que je lui fais honte, que ma manie de réfléchir sur tout est détestable et maladive -merci beaucoup, moi aussi je t'aime-, qu'il me soutienne pour l'IVG...), que ça ne marche pas comme ça.
Les gens donnent tout ça naturellement, dans un lien d'amour. Il ne me viendrait pas à l'idée de harceler mes amis pour qu'ils arrêtent de me dire que je suis faible, une pute etc. Parce que premièrement ils n'ont jamais dit ca. Et deuxièmement, à leur contact, je me sens complète, sûre de mes qualités, soutenue. Quand j'ai besoin ils se manifestent naturellement, ils écoutent mes besoins et ne les nient pas, une fois que c'est bien expliqué.
Ca n'a aucun sens de quémander quelque chose qu'on ne nous donne pas. Ca n'a aucun sens de harceler quelqu'un pour discuter, avoir des câlins, être aimé valorisé et soutenu. Ca n'est pas une lutte, c'est un élan, naturel et mutuel qui passe ou non entre deux personnes.

Il peut y avoir des problèmes à régler, mais ca ne marche que quand les deux sont demandeurs d'une évolution, d'une discussion, veulent comprendre l'autre. Tout le blabla qui rend apaisé un lien quand il y a des remous, ca suppose avant toutes choses cet élan d'amour, de coopération bienveillante.

samedi 13 février 2016

Il ne s'agit pas de recommencer avec les mêmes paramètres, il s'agit de changer les paramètres. 

Signé: Ta race

Mon père me demande toujours

comment va mon mec. Parce qu'il s'identifie à lui. Mon père a des problèmes d'agressivité qu'il a du mal à gérer. Il croit que mon mec m'aime, mais qu'il est un peu con, comme lui. Sauf qu'il a oublié un petit détail. J'ai déjà du lutter pour apaiser mon angoisse, pour pouvoir vivre une soirée, une journée seule, sans croire que j'allais mourir ou devenir folle (mon père est "un peu con", il m'a répété pendant des années que j'allais finir schizophrène, que j'étais une "sousouille", que personne ne pouvait m'aimer parce que j'étais trop grosse, il était "un peu con"), alors je ne vais pas me remettre dans une situation où on me pète la gueule. Les gens "un peu cons", voient mal les conséquences ce qu'ils répètent; mais moi je les sens bien. Surtout quand je ne peux plus respirer pendant six mois. Je ne veux pas vivre au milieu des insultes, des discussions qui se tendent quand ça commence à piquer pour lui, du rejet physique, de la violence psychologique.
La colère, ce n'est pas moi qui la cause parce que je renverse un verre ou que je mets du concombre par terre, que ce que je dis ne fait pas plaisir, ou que je refuse les insultes. 
La colère, c'est vous, et vos enfances merdiques et injustes, c'est la difficulté de vivre quand on est livré à soi même à l'âge adulte, ou c'est pas ca, c'est ce que vous voulez, mais c'est pas moi. Réparez-vous, je suis une personne dont il faut respecter l'intégrité psychologique. Je mérite qu'on prenne soin de moi, qu'on me caresse l'épaule et qu'on m'embrasse. Pas qu'on me pète la gueule. 
Et le mec ça fait des années que ses relations foirent dans la colère, et jamais il n'envisage qu'il peut simplement avoir des troubles du comportement à régler.
 Si tu ne peux pas voir que quand tu m'insultes, c'est ta capacité à réguler tes émotions qui est en jeu, et que ce n'est pas moi qui "cherche", on est dans une zone qui ne me va plus. Parce que ça fait longtemps que je suis patiente et que je prends sur moi. J'ai vraiment fait preuve de patience. 
Par là, tu vas comprendre que je ne suis pas la bonne, que je ne t'aime pas, que je te dévalorise. Parce que je pointe quelque chose à régler chez toi. Tu m'appelleras quand tu auras une relation épanouie sans régler tes trucs. Appelle moi bien. Fais un poster, un site internet. 
Le mec n’a pas compris les bienfaits d’une relation, qui tiennent au fait qu’on est compris, et accompagné, mais pas soigné khmal ! Je ne vais pas par ma présence t'empêcher de t'emporter. Tu dois travailler à apaiser ce qui fait que tu t'emportes.
Tu vas dire que je suis insupportable, parce que tu renvoies toujours la balle. Mais quand tu notes quelque chose : je le change, j'y réfléchis, j’y travaille, je ne te fais pas de mal volontairement. Je suis réactive. Je ne t'insulte pas durant des mois, je ne te quitte pas, je répare toujours ce qui dysfonctionne. 
Tu as mal. Mais je ne te fais pas de mal. Tu es en colère, mais je ne provoque pas ta colère.

jeudi 11 février 2016

Concernant mon trouble anxieux, autrement appelé angoisse de pute, j'ai sorti les armes de destruction massive depuis un an et j'ai des progrès assez intéressants. Voilà la liste (ça peut toujours servir, je vais vous les énumérer, on sait jamais, ne me dites pas merci): 
J'ai vu une psychologue spécialisée en thérapie comportementale et cognitive pour désactiver les traumatismes et les situations anxiogènes, pour apaiser la petite voix qui me susurrait des trucs horribles en toutes circonstances ("tu n'es pas à la hauteur", "il va partir et tu ne t'en remettras pas", "personne ne t'aimera jamais", et autres joyeusetés). 
J'ai vu une naturopathe/diététicienne pour changer mon alimentation afin de favoriser le fonctionnement de mon système parasympathique: le but, ne pas provoquer de pic d'insuline, bien digérer (toutes les 40 secondes, les intestins envoient à l'insula, le centre du ressenti dans le cerveau, un message pour préciser si ça va ou pas, à partir de ces messages se crée la sensation du bien-être) et ne pas stresser le corps. 
J'ai appris les auto-massages de certains points pour me relaxer, la méditation et la respiration ventrale. 
J'utilise les plantes en huiles essentielles sur mon front (tilleul camomille menthe poivrée diluées dans du millepertuis), j'ingère des plantes dont le lilas et le millepertuis; je prends des probiotiques "La Royale", car le microbiote des intestins a une influence sur la force et la constance psychologique, la capacité à se remettre des échecs. 
Et j'ai fait des séances d'acuponcture pour rééquilibrer les énergies qui parcourent mon corps (si on peut envisager qu'une autre médecine que la fabuleuse médecine occidentale qui shoote au lexomil et ne sait pas traiter la souffrance psychologique, l'ecxéma, le mal de dos, qui dit qu'on n'a rien quand elle ne sait pas quoi faire, qui ne peut même pas mettre en garde contre l'agroalimentaire, existe).
En ce moment, je pense à un truc. Je pense qu'il y a un problème occidental qui rend difficiles les relations de couple heureuses. 

Premièrement, il y a le mythe de la rencontre amoureuse:  ils se rencontrent bim bam boum, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Entre temps, tout va bien, pas de dispute, pas de divergence de besoins, pas de colère, pas de jalousie, de besoin d'éclaircir des malentendus ou des mots blessants, d'être rassuré. Rien.
Donc c'est facile après on imagine qu'un couple "normal", c'est un couple heureux sans rien faire. Et c'est inscrit et gravé, ça ne sort pas de la tête. Entreprendre l'empathie mutuelle, parler, régler les blocages, les peurs, ça, c'est un signe qu'il faut arrêter la relation. Or la relation commence exactement là où ce travail commence. Vous voyez le truc qui rend fou? Voilà voilà. 

Deuxièmement, petite précision: dans le mythe de l'amour, l'autre nous "rend heureux". Si on ne va pas bien, la conclusion est que la relation n'est pas suffisamment adéquate. Ce qui occulte totalement la qualité réelle du bonheur: qui est notre capacité à être serein, sans peurs. C'est notre capacité à avoir niqué la petite radio intérieure qui chuchote des trucs de bâtards qui influencent notre comportement ("elle va me quitter", "ce n'est pas la bonne", "je ne suis pas assez bien pour elle"). Des gens amoureux fous, souffrent de troubles personnels. Ils sont malheureux, les pauvres. Ce n'est pas l'autre qui nous rend heureux si on ne tient pas déjà sur nos jambes (je sais, c'est tentant; mais ça n'a pas marché pour mon angoisse, j'ai du faire autrement).
C'est également occulter la force d'un traumatisme de l'enfance. Il suffirait d'être amoureux pour que tout cela cesse (la peur d'être abandonné, la sensation d'être déjà abandonné, la sensation de grande solitude, la peur d'être nul et que personne ne nous aime; au passage: merci l'éducation par des parents valorisants et sécurisants; continuez comme ça)? On n'attend pas que le couple répare notre jambe cassée. Alors pourquoi attendre que le couple répare notre souffrance psychologique?
Hé franchement, ça ne va pas vous plaire, mais une relation, ça met en lumière les troubles de l'attachement. Ca me parait évident. C'est sûr que tout seul, ça va bien, puisqu'il n'y a pas d'attachement. Bande de moules.

lundi 8 février 2016

Vous savez quoi? Le problème, c'est que j'ai confondu mon métier et la vie privée. J'ai cru que recevoir des insultes, recevoir la colère de l'autre, c'était normal. J'ai cru qu'il fallait juste ne pas le prendre pour moi. C'est lui qui est à bout, ça ne dit rien sur moi, ces insultes. J'ai cru qu'il fallait revenir dessus, expliquer, trouver l'origine de la colère, l'apaiser, rassurer. Qu'il fallait être patient, se mettre à sa place, comprendre ses émotions. 

Or pour certains, c'est juste une question de rapport de force. L'empathie, la compréhension, le travail sur soi, ça ne résonne pas. Si je gueulais plus fort et que je le rouais de coups, peut-être qu'il me respecterait et que je serai une fille pour lui. 

Puis il répliquerait, et je rendrais les coups. Ca finirait en dents cassées et côtes fêlées, les poings en sang et des bleus. Là je serais une fille pour lui. Franchement, c'est ça une relation stable et perenne. 
La question que je me pose, c'est "pourquoi Beyoncé se balade toujours en culotte sur scène?"

vendredi 5 février 2016

Où est-ce que je vais quand j'ai des trucs à dire et que personne ne m'écoute? Ici, bingo. On est toujours trois pélos, et ca fait du bien (Bonjour les pélos! Ne m'envoyez plus rien sur mon mail la_vie_est_un_long_fleuve, je ne peux plus y accéder).

Il y a toujours un moment où je pète un câble dans une relation. Je ne sais jamais si j'aurais du prendre plus sur moi ou si j'ai déjà assez piétiné ma dignité, mais je cale. Arrive un moment où c'est plus fort que moi, je ne peux plus continuer en l'état (je le dis en criant et en pleurant - on pourrait faire plus clair dans l'expression, mais l'intention y est). Avec JB, c'était parce qu'il me disait de me trouver un mec et qu'on se voyait une fois tous les trois mois, entre, le silence. 
Cette fois-ci, j'ai un peu honte d'afficher la liste, mais peut-être que la honte est utile: tu m'as insultée de pute, de tarée, de pauvre prof de banlieue, tu as dit que j'étais faible, que je n'avais pas de monde intérieur, que je n'étais pas musicienne (piano, guitare; quand j'aurai sorti un album en duo avec Doc Gyneco, qui c'est qui rigolera). Le ton de ta voix monte quand j'exprime un besoin (partager les tâches pour me reposer, ne pas être seule pour lire un résultat d'analyse de beta HCG, être soutenue autour d'une hospitalisation, que tu ne dormes pas chez une fille), le ton monte comme un prof agacé par un élève qui recommencerait encore et encore les mêmes conneries, un élève à qui il devrait encore faire la leçon. Tu fais comme s'il n'y avait que tes besoins vraiment réels et importants, et moi qui t'emmerdes à côté. J'ai fait un IVG et tu m'as quittée en m'insultant de pauvre fille qui comble son vide avec un enfant qu'elle rendra malheureux (doucement, j'allais y aller à l'hôpital, je ne comptais pas avoir un enfant sans monde intérieur). Tu ne m'as pas soutenue avant, pendant, après, car tu devais déménager. Tu as dit "tu me stresses à me faire chier pour que je sois là à te manifester de l’intérêt tout la journée, alors que je suis en train d'emménager" (la question est: mais pourquoi j'ai continué à te côtoyer? Et moi j'envoie des textos, des mails, j'envoie des perches, j'essaye de discuter, je te dis que je t'aime, j'essaye de te faire comprendre que je ne vais pas m'en aller et que je vais gérer ça avec toi, miskina l'assistante sociales tarée, le retour, parce que toi c'est pas ton projet de gérer ça! Ca te dérange pas toi de m'insulter! Ta conclusion, c'est juste que je ne suis pas une fille pour toi! Une fille pour toi fait en sorte que tu ne l'insultes pas, par un habile jeu de...karaté? Il faut te patater la gueule? Il faut de la haine à balancer en retour? Il faut qu'on ait envie de te latter la gueule à toi aussi fils de chien?). J'ai enduré des mois où tu ne voulais pas me toucher, où tu me rembarrais à chaque fois que je t'approchais, où tu disais que tu étais malheureux, bien plus malheureux avec moi qu'avec tes autres meufs, tu as dit que j'étais la seule fille avec laquelle tu ne voulais pas habiter, qu'avorter c'est rien, tes autres copines l'avaient fait avant moi, que moi ça allait durer quatre jours mais que toi tu allais galérer bien plus longtemps pour emménager. Tu ne t'excuses jamais sincèrement, et tu hausses le ton en disant que tu le fais déjà tout le temps. 

Tout ça sans aucune remise en question ou volonté de trouver le problème. Ou le problème c'est que tu ne veux plus rester avec moi (ce qui expliquerait que tu me quittes tous les deux jours; tout ça semble prendre forme). Mais alors pourquoi tu ne prends pas tes couilles pour me quitter en vrai? Le problème officiel, c'est moi qui suis chiante, ou c'est que "ça ne marche pas", ou c'est que tu es "un peu con". Le niveau zéro de l'analyse; le niveau zéro du travail sur soi, du pardon, de la bienveillance, de l'empathie; le niveau zéro d'une relation.

jeudi 4 février 2016

On m'a donné deux très bons conseils, auxquels j'ai (eu) envie de m'attacher : "Un jour, tu te réveilleras et tu auras oublié Boris", ça, c'était vrai même si j'y croyais pas du tout au début. Et "Un jour tu l'auras ta maison et ton labrador". Et il faut savoir que c'est presque une insulte de la part des filles: la maison et le labrador.