mardi 29 novembre 2016

The célibataire expérience

The célibataire expérience (c’est comme the girlfriend experience, mais à l’inverse). Expérience débutée en juin 2016, quand ca a été le ramadan et que j’ai perdu le mec que j’avais après Shap – car l’arabe kéké ne voit pas les blanches qu’il nique de manière contingente pendant le ramadan. Oui j’ai eu des mecs depuis juin (dont un grand renoi judoka musclé qui me jetait sur le lit comme si j’étais une petite coccinelle, oui c’est vrai, dont un autre très musclé aussi qui me regardait les yeux brillants comme si j’étais la huitième merveille du monde ; je suis en chaud patate rien que d’y penser, c’est vrai aussi), mais sans m’harnacher structurellement, sans appareillage existentiel. Je suis mon seul soutien depuis lors. Je suis de plus en plus légère. Je suis de plus en plus consistante. Je tiens sur mes jambes, j’existe toute seule, je suis complète, et heureuse. Je suis cool les mecs.

J’ai compris que je n’ai pas besoin d’être là, patiente, à attendre de la reconnaissance de la part d’un mec ou de mes parents, qui ne savent pas la donner, pour être complète. Vous n’avez pas besoin de trouver que je suis jolie ou digne d’être aimée, vous n’avez pas à vous excuser d’avoir été maltraitants. Vous n’êtes pas obligé de comprendre que j’ai peur de revenir à Noël et que j’ai peur de papa. Après avoir résisté longtemps avec rage, j’ai compris que j’avais peur qu’il me fasse du mal (pourtant, maintenant, j'ai l'impression que je le couche, mais bon). Je ne ressentais pas la peur sur le moment, l’adrénaline montait et je me défendais. Je l’affrontais, parce que j'étais hors de moi de subir tant de haine alors que j'étais son enfant, je voulais rétablir la vérité et regagner ma dignité. Je me gonflais de toute ma force pour résister. Je lâchais seulement quand je commençais à pleurer. Mais à l’intérieur, je me sentais à la fois oppressée et vide, ce qu’il dit a creusé et rongé à l'intérieur, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. 

Je suis indépendante de toutes vos conneries, de tous vos manques, de toutes vos névroses. Je suis là, je me construis. Je n’ai plus besoin de rester à côté de vous, alors que j’ai peur, alors que ça m’abîme. Je peux être seule, parce que maintenant j’ai la sensation que ça ira si vous n’êtes pas à côté. Je sens depuis peu –tout à l’heure, dans le bus- que j’ai une existence suffisante seule. Je peux me désolidariser de mes parents. On n'est pas dans le même camp. Je suis toujours restée là à attendre que vous rejoigniez mon camp, mais peu importe, vous pouvez rester en face et constituer cette ancienne menace qui décline. Je peux vivre, me défendre, me consoler, reconnaître mes qualités, me traiter avec douceur. Je peux tout faire, et je suis tellement meilleure que vous. Ma compagnie est meilleure que la vôtre. Ma compagnie est bonne, compréhensive, réactive, innovante –et elle vous emmerde ah ah. 

C’était le bordel dans ma tête depuis petite. Adolescente, j’étais un coffre-fort. C’était bloqué, dur et vraiment terrorisé. J’aurais pas su par où commencer, si j’avais voulu commencer. Je me mettais souvent à pleurer quand on me demandait si ça allait, mais je n’aurais pas su dire quel était le problème. Plaques sur la peau, obésité, crises d’angoisse, pas de système immunitaire, agressivité, dépendance affective. J’étais une montagne de problèmes créés par l’environnement dans lequel je vivais ; et j’étais toute seule là dedans. Alors je me suis démerdée, problème après problème, quand je suis devenue adulte, avec des livres, des théories, des amis doux, patients et intelligents, des médecines qu’on ne connaissait pas à Dreux. Il y a un instinct féroce en moi qui cherche à faire du bien, améliorer tout ce qui peut me passer entre les mains.

Y’avait des couches et des couches de merde, d’angoisse, de sensation de n’avoir aucune existence, la certitude profonde défiant toute logique de n’être pas digne de respect, d’amour, la certitude que personne ne m’aimera jamais, la terreur de finir seule, abandonnée, folle, dans le noir et l’odeur de la clope froide. J’avais internalisé le fait que tout est de ma faute, tout le temps, c’est pour ça que je restais un temps infini à m’en prendre sur la gueule alors que je savais que j’aurais dû partir. Et puis qui m’aurait aimée, après ça. Qui aurait bien pu m’aimer. C’était déjà bien de s’en prendre sur la gueule, il y avait quelqu’un. Et je pouvais continuer à quémander du respect et de l’amour indéfiniment.

Il y a quelque chose qui ressort, ces derniers temps. C’est mon moi de toute petite fille, joli, mignon, joyeux, malicieux, avec de longs cheveux brillants; je me reconnais (c'est toujours mieux que faire 100 kilos et perdre ses cheveux), l'apnée a duré longtemps. La célibataire expérience, elle est nécessaire. Elle me laisse l'espace pour ressurgir et faire le tri, elle me permet trouver le sens d'une relation amoureuse. Et le sens, ce n'est pas moi qui vous supplie de rester avec moi et de bien me traiter, alors que, écoutez-moi bien, vous êtes de gros mongoliens. Une relation comme je l'envisage, c'est quelque chose d'évident et de flamboyant, ca arrive une fois qu'on a dégagé la merde qui faussait la donne, c'est quand on se trouve blessed d'être ensemble, et qu'on se trouve bien, vivant, sautillant. J’ai confiance en ce que je donne, c’est bon, joyeux, curieux et attentif.

mardi 22 novembre 2016

Les casse-couilles internationaux volume 2

Après le mec qui drague devant moi, c'etait pas fini. Je vous présente le defilé des cinglés. Le retour des cotoreps.
Le mec qui me largue dans la voiture après cinq minutes sans trouver de place.

-  Tu n'es pas la femme de ma vie. Je n'ai pas aimé comment tu m'as répondu.
- Là, quand j'ai dit que ca servait à rien de s'énerver?
-  Tout s'écroule. Tu n'es pas celle que jattendais. Tu n'es pas la femme que j'imaginais et qui comblera tous mes besoins.

Jure. Petite tendance à ne pas être contents, les mecs, quand je vous dis que je ne suis pas un iench qu'on peut insulter dès qu'il y a une petite colère dans vos grosses têtes de teubés. Ca va, tout se passe bien, on s'énerve et on largue les meufs quand elles protestent?

Puis est venu le muslim egocentré ancien judoka, acteur de cinéma, médium, vigile, philosophe, informaticien (ça tombe bien, moi je suis pianiste, philosophe, claustrophobe, vigile aussi, strip-teaseuse à Las Vegas, et ministre de l'Intérieur). Le mec qui aime s'entendre parler des heures.

- Hum Marine: je n'aime pas,  tu as baillé au téléphone. Je préfère qu'on reste dans la séduction pour le moment. Je n'aime pas les gens qui baillent.
- Et sinon ca se passe comment pour la respiration? Je peux ou c'est pas sexy?

Et je vous assure (wallah c'est vrai) que mon but, c'est pas de caster les futurs mecs de Faites entrer l'accusé ou Tellement Vrai. Mais j'y arrive très bien sans le vouloir. Soyons honnêtes. 

mardi 15 novembre 2016

Quand je suis célibataire, je me remets au boulot.

Littérature féministe, clips de Christina Aguilera. Logique implacable du lien entre les deux (elle est forte, elle aime le sexe, elle est teubé mais elle propose quelque chose d’indépendant ; quand je dis ça, je me vois faire vous savez ; on dirait mon ancien mec qui défendait PNL parce qu’il n’y avait pas de meufs en string dans leur clip). Je lis Liv Strömquist, « Les sentiments du Prince Charles ». Et je fais « ouaahh, man ! » à toutes les pages. C’est exactement ce qu’il me faut. Je pouvais l’avoir dans les mains en 2006 s’il vous plaît ?
Elle va plus loin que mon article plus bas (celui qui dit que les femmes ont une intelligence émotionnelle et apportent le « care »). Elle décortique les liens déséquilibrés et leurs symptômes. Elle dit que les hommes exploitent la force des femmes, et marchent sur l'amour et la stabilité qu’elles donnent, pour s’élever dans la sphère publique; pendant que nous on pleure à la maison de ne rien recevoir, percluses de douleurs de provenance inconnue. Un tableau de rêve. Elle prend l’exemple de la femme dans « Tout le monde aime Raymond », une sorte de Sisyphe qui essaie désespérément jour après jour d’avoir une intimité avec son mari, sans que jamais il ne lui donne (il est rassasié lui, il préfère éviter de s'intéresser à elle, il doit regarder la télé). 
Cet été, je disais à Barbichette qu’il devait y avoir 20% de mecs sains d’esprit, là dehors. J’entends capables de donner un amour bon : sans haine, avec compassion, joie, équanimité et intelligence émotionnelle. Et elle m’a dit : "tape dans ceux là". C’est quoi le problème ? Il n’y a jamais de problème avec Barbiche. Il y a juste une direction à suivre. Je fais de mieux en mieux ; et mes relations sont de plus en plus courtes ah ah. Je capte vite, et je suis déjà partie, mon "care" ne se dilapide plus dans le monde, pour tous les cotorep qui passent.  Il est dans mon ventre, bien au chaud.

dimanche 13 novembre 2016

Petite remarque pratique:

dans les clips des années 2000, il y a encore des mouvements de la tête: gauche, droite, centre; et des bras (salut Britney). En 2010, c'était fini, il y avait des mouvements de culs, et voilà.
Signé: Hé oui, j'ai plus 20 ans, je fais des remarques conservatrices regrettant le passé et constatant la déchéance de la civilisation.

Jeudi soir, on s’est retrouvés dans une faille spatio-temporelle

avec Alex, Lucile et Pauline (de nouveaux protagonistes pour le blog, venant tout droit de mon collège de Boissy. Alex est blond, susceptible et on se marre ensemble en toutes circonstances, Lucile récite Racine à la fenêtre l’été, je l’ai aidée à gérer ses classes de fou-malades l’année dernière, Pauline est happy et saine d’esprit – ça vaut la peine de le mentionner, croyez-moi-). Bref. On regardait de vieux clips. Christina Aguilera : « If you wanna be with me, baby there’s a price to pay, I’m a genie in a bottle, you’re gonna rub me the right way”, Jojo, Jamelia, Beyoncé, Hillary Duff, la totale. Puis on a fait une bataille d’eau, Alex nous a poursuivi dans la maison, on s’est enfuies en poussant des cris aigus, et on s’est enfermées dans la salle de bain. On a voulu répliquer avec du shampooing dans sa calvitie, mais à la fin c’est moi qui ai fini avec la tête poisseuse. On a rigolé à se faire pipi dessus (ma spécialité en 2001). Alex a mis une limace dans le sac de Lucile. J’avais l’impression d’être au milieu d’un week-end chez Camille et Paul au collège, et putain de sa mère, ça fait du bien.  

Ma quête est longue.

Elle passe par vous tous, vos humeurs, vos déglingues. Très bien. Elle implique que je répare tout ce qui coince chez moi en cours de route. Je dois être exigeante et patiente. Mais je vais très haut les mecs. Je vais vers ce genre de relation où on est encore ouf de l’autre 25 ans après, le genre d’alchimie tenace. Comme ces gens qui se regardent l’un l’autre, les yeux qui brillent. Comme quand je suis entrée dans la librairie et que tu m’as vue, JB. Ma mère m’en parle encore (et « je n’avais jamais vu un regard comme celui-là », et bla bla bla « dans ses yeux il y avait quelque chose », c’était le bon temps, quand je croyais qu’on finirait ensemble, tu m’en as fait baver petit coquin). Les yeux pétillants d’une ado en face de Justin Bieber torse-nu. Quelque chose du genre. Je vais vers une relation saine et épanouissante ; je vais vers une famille comme une équipe de All blacks surexcités. Okay pour toutes les étapes, maintenant que je vois la route, et que je sens que je peux tous vous éclater. Ca y est, je sens enfin que je peux le faire. J'y vais.

On faisait le tour des vieux clips

des années 2000 jeudi soir, et je me demande pour la première fois quelle image de la femme véhiculent les clips (questionnement tout nouveau pour les féministes hein). C’est la première fois que je m’insurge sincèrement, parce que c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir été coincée, ces derniers mois, dans des plans culs améliorés, dans lesquels je n’étais pas vraiment considérée comme une personne ayant un avis et un intérêt. Alors les meufs, dans leurs clips en stromboscope : une image par demi-seconde, une pose de film de cul par demi seconde. Croyez-moi, j’adore les -bons- films pornos, mais dans tous les clips toutes les minutes de tous les jours, non les gars !
Jure que dans un clip de Ne-Yo, y’a une fille en string qui approche ses fesses à 5 cm de sa tête, en levrette. Normal. On ne va pas lui donner de prénom, appelons-la juste « les fesses ». Ca ira plus vite.

J'en ai marre de parler.

J'ai envie que ça se passe tout seul, qu'on aie du temps, que tu ne puisses t'empêcher de me caresser les cheveux, qu'on rigole et que tu aies tout un tas de petites attentions qui me laissent l'impression évidente que tu m'aimes moi, pas une image que tu te fais et qui peut s'écrouler en trente secondes, ou un besoin que je viendrais combler. Je ne veux pas qu'on me menace de me quitter à la moindre contrariété. Je ne veux pas évaluer si je me fais arnaquer et si je suis encore une fois trop patiente. Je veux juste sentir quelque chose de plein. Je ne veux pas lutter, discuter, expliquer, réparer. Je veux me sentir reconnue en tant que personne, pas en tant que distributeur de douceur et de sexe (parce que oui, je suis un super partenaire sexuel, vous savez pourquoi? parce que je fais attention à vous bande de porcs). Je n'ai pas (pour le moment) l'ambition de construire un harem; pourtant ca marcherait tout seul. Bon bon bon.