mercredi 10 juin 2009

Il y a des trucs sur lesquels je ne transigerai jamais.

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J'aimerai toujours danser sur du Jean Jacques Goldman aux soirées prépa, même si y'a plus de soirées prépa (ce qui revient à danser chez moi on est d'accord).

- Quand la musique est bonne ! Bonne..
- Hé, Marine. Va falloir que t'arrêtes ton pseudo délire des musiques nulles. Va vraiment falloir que t'arrêtes où je n'aurai plus aucune estime pour toi.
- Mais est-ce que tu veux tuer ma joie de vivre ?
- Oui ! On n'a pas besoin de joie de vivre. On a besoin de Bacon et Bataille. Est-ce que tu crois que Nan Goldin était heureuse de vivre ? Est-ce que tu crois que quand Antoine d'Agata baise une prostituée thaïlandaise, il est heureux ? L'art c'est une esthétique de vie. C'est pas danser sur Jean-Jacques Goldman...
- Oui mais...
- Est-ce que Nan Goldin passait l'aspirateur à chaque fois que c'était sale, comme toi? Tu perds ton temps.
- Et est-ce que Nan Goldin te préparerait le petit dej' ? Non ? Bah démerde toi.
- Ok je ne mange pas. C'est ça les artistes
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Evidemment s'il faut avoir tué quelqu'un et prendre de l'héroïne pour avoir une quelconque valeur...

- Aux Beaux Arts y'a un mec qui a tué quelqu'un y'a deux ans! Bah tu vois, c'est le seul qui fait des trucs convenables...Toi, à part passer l'aspirateur tu fais quoi ?
- Mon master. Je fais des mémoires, et apparemment ils sont bons puisque j'ai des..
- Oui mais à part ça ?
- Ca prend déjà beaucoup de temps...Sinon je regarde des films de Kitano...
- Je le savais ! A quel moment tu prends de la cocaïne ? A quel moment tu sors hurler nue dans la rue ?
- Hé, si tu veux sortir avec une droguée nudiste vas y, mais laisse moi tranquille.


Photo de Nan Goldin.

David Boréanaz était un dieu quand j'étais en cinquième.

DAVID BOREANAZ ETAIT UN DIEU QUAND J’ETAIS AU COLLEGE.


Quand on s'est rencontré, tu m'avais dit que je ressemblais à un petit ours et ça m'avait vexé. Mais il faut bien avouer que c'est vrai. Je ressemble à un petit ours, je ressemble à un petit ours, c'est comme ça. J'aurais préféré être Pénélope Cruz mais qu'est ce que tu veux. Au début de notre relation, un soir je t'ai appelé.

- Allo?
- Oui ça va? Je suis dans le coffre d'une voiture et toi?
-??
- Alors quoi de neuf?
- Mais tu vas bien?
- Oui oui.
- Pourquoi t'es dans un coffre?
- Je sais plus trop. Ca devait être pour rigoler.

En fait c'est qu'il n'y avait plus de place dans la voiture et comme t'étais tout bourré tu t'étais fait arnaquer.

- On dirait que ça serait Boris dans le coffre...
- Ouais! Super c'est moi! La chance!

Et voilà maintenant t'es tout névrosé à force d'avoir fait n'importe quoi dans ta jeunesse.

- On va à la piscine?
- Non j'aime pas la piscine. On se baigne dans la sueur des gens.
- Mais c'est de l'eau du robinet avec du chlore...
- Ca c'est ce qu'ils disent. Mais c'est la sueur des gens. En tout cas à Rouen ça a toujours été comme ça.

C'est ça. Et puis t'as super peur des clochards.

- C'est normal, quand j'étais petit y'avait un clodo qui m'agressait à chaque fois dans le métro. Il criait mon nom et me laissait pas partir.
- Comment il savait ton nom?
- Bah je lui avais dit. C'était Aurélien...

Sinon, je voudrais dire merci à tes sœurs de t'avoir offert un harmonica à Noël.

- Allo ? Oui Bab', ça y est j'ai rendu mon mémoire et..
- Pfu pfu pfu, pfu pfu ! Pfu pfu, pfu !
- Hé je te parle, tu me fais quoi là ?
- Je te fais un concert ! Ecoute c'est un concert d'harmonica !
- Tu fais pas un concert tu joues n'importe quoi.

A chaque fois que je t'appelle tu veux faire un concert. Tu sais, si tu as travaillé toute l'histoire de l'art pendant deux ans avant de peindre, tu devrais faire pareil pour l'harmonica. A mon avis il te faut au moins trois ans de théorie sans toucher à l'instrument. Ou bien si tu veux je te l'échange contre un sweat. Un sweat qui ne fait aucun bruit, un sweat tout doux.

- Non non je garde l'harmonica ! Quand j'exposerai mes photos, je mettrai un masque de cochon et je déclamerai des vers. Et puis pfu pfu un peu d'harmonica. Ils vont adorer aux Beaux-Arts. Et si en plus je me mets tout nu dans l'amphi avec E. F. ...
- Mais t'es pas obligé non plus.
- Ca n'a rien à voir avec du sexe hein. Ca en aura l'air, mais c'est pour le projet. Et puis c'est pas vraiment une fille, je veux dire elle est pas vraiment sexuée.

Nan ça c'est toi qui a un problème de vision. Elle est sexuée je t'assure. Y'a d'ailleurs un truc étrange qui s'est produit. Tu m'as toujours dit que dans ton école les filles étaient moches.

- Toutes ? Toutes de toutes les années ?
- Oui ! C'est fou hein ! C'est incroyable, on dirait qu'à Nantes ils recrutent exclusivement des moches.
- Oui dis donc.

Et puis quand on les croise ça ou là, je découvre que ce sont des bombasses.

- Ah t'as vu cette laideur. Des fois la nuit j'en fais des cauchemars.
- La fille qu'on vient de croiser ?
- Oui, je sais pas comment elle fait. La sécu devrait lui payer de la chirurgie esthétique ou un truc du genre.
- ???

Photo de J.H. Engström.

Maintenant il revient à moto.

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Avec une combinaison noire et un gang de Yamakasi composé de ses copains de seconde. Il sait plus quoi inventer. Dans mes rêves c'est n'importe quoi. Mais il faut noter que c'est jamais du David Lynch. J'ai beau regarder les épisodes de Twin Peaks tous les jours, c'est jamais du David Lynch. C'est plutôt à base de Jérôme de Premiers baisers. J'ai pas encore rêvé de Christophe Rippert mais ça ne saurait tarder. Il ferait partie de l'équipe de Yamakasi de mon idole du lycée, y'aurait aussi mes copines de collège, on écrirait « ciao je t'adore » sur du papier Didl et voilà. Tous les jours je lutte pour faire des mémoires qui ont l'air intelligents sur différentes choses intelligentes comme Platon, la philosophie classique allemande et Marx, Nietzsche, Leibniz, et la nuit je pourris tout en rêvant de mon idole du lycée qui écoute de la techno.

- Allez tu veux pas écouter Jean-Louis Murat ?
- Non merci. Là j'ai mon CD de « Daboudi dabouda, daboudi dabouda ».
- Ah ouais la fameuse chanson. C'est sûr que c'est bien...


Ca veut peut-être dire que je dois me reconvertir.

- Hé cette nuit j'ai eu une idée pour mon mémoire sur la philosophe médiévale, j'ai eu un flash ! Je vais traduire le latin Moyenâgeux d'Abélard avant d'en faire un commentaire en latin classique !
- Ah ouais. Moi j'ai pas rêvé de Hegel, donc forcément j'ai pas eu d'idée.
- Ni de Marx ?
- Non. C'est étrange hein. Pourtant la nuit dernière j'ai rêvé de la critique de Bachelard par Meyerson.

C'est ça ouais. Ca c'est ce que je dis à la fille timide qui a plein de cheveux quand je la croise dans les couloirs. En réalité j'ai rêvé qu'on était toutes les trois avec mes copines de lycée dans une voiture et y'avait un mec qui faisait un coma éthylique devant. Y'avait ma copine bourrée et mon autre copine douce et gentille. Et moi.

- Tiens on est réconciliée ? J'ose pas demander après elle va se souvenir qu'elle me parle plus parce que j'étais une hystérique.

T'inquiète je suis plus hystérique. Je suis calme et bienveillante. Oui oui. Mais pour les rêves de Paul sur une moto, Paul a une combi noire de Jackie Chan ça commence à suffire. Ma vie vivante est assez éprouvante pour qu'en rêve on me laisse enfin tranquille. Trouver un appart, tout déménager une quatrième fois. Hériter du vieux canapé qui sent le poisson. Nettoyer l'appartement, ne pas vomir devant les éponges pleines de poils. J'ai rien compris la locataire d'avant a laissé des poils partout. Des poils. Sur le parquet, dans le frigo, en haut des placards. Qu'est ce qui lui est arrivé à cette fille ? Elle a été prise dans un ventilateur ou quoi.

Photo de Daido Moriyama.

Souvent je rêve que je rate ma terminale S.

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- J'y arriverais jamais ! Je sais même plus comment on fait une dérivée...Merde, merde, c'est aujourd'hui le contrôle.

Alors que ça ne m'a jamais préoccupée plus que ça en vrai. Et puis je savais faire une dérivée. Mais dans les rêves c'est des dérivées bizarres exprès pour donner le stress. Et souvent je rêve de l'idole de ma terminale. Et de ma troisième, de ma seconde, de ma première, d'après mon BAC même si ça fait trois ans que je l'ai pas vu. Ca se trouve il est devenu une femme et se fait appeler Kitty. On sait jamais. Mais dans mes rêves il est juste un peu plus mastoc. Pas de Kitty à l'horizon.

- Salut. Je t'ai fait peur, excuse moi. Ah au fait c'est toi que j'aime depuis toujours.
- Ah c'est bien, mes rêves sont branchés en direct sur Plus belle la vie. Ninon est partie tuer son père qui est en fait le frère de Fredo qui l'aime depuis toujours ?
- Non. Je t'aime depuis toujours, et en plus je suis vachement beau. Oublie vite que j'écoute de la techno et partons ensemble.
- D'accord.


Photo de Daido Moriyama.

L'été meurtrier. On a voulu tuer les BB Brune.

L'ETE MEURTRIER. ON A VOULU TUER LES BB BRUNE.


Comme je suis séditieuse, je reste avec toi et j'essaye de comprendre les embrouilles de Secret story. Je reste avec toi regarder La montagne sacrée de Flugebung, un film sans histoire, sans personnages, avec Jésus et des milices de crapauds conceptuels attaquants. Et je regarde le clip des BB brune en me disant que le mec est quand même mignon.

- Mais il est nul ! C'est un branquignol !
- Il a quand même le droit de vivre non ?
- Je préfèrerais pas. D'ailleurs à un festival, mes amis ont hué le groupe en leur jetant des tomates pourries qu'avaient amenés des punks qui passaient par là. Dans Télérama ils disent qu'ils se sont fait lyncher. Et bah c'était par mes amis ! Ma vie est classe hein. Quand on est ensemble on se retrouve toujours dans un bois à échapper à un sanglier, ou dans une bagarre de rue au couteau, et après on fume des cigares en buvant du bourbon dans un squat de Rouen. On parle de photographie japonaise, on fait des expositions sur des péniches, des courts métrages sur la solitude et on crache sur les BB brune.
- Mais moi mes parents sont à au moins 60% sains d'esprit.
- Ok j'ai perdu.


Photo de Sally Mann.

Indiana Jones au pays de communistes.

INDIANA JONES AU PAYS DES COMMUNISTES

On avait décidé avec Pauline Debarbate d'aller voir Indiana Jones. Ce devait être une soirée de combat à l'épée mal aiguisée en équilibre sur une voiture qui parcourt la jungle à toute allure sur deux roues dont une crevée, sans essence (et va trouver Total-Fina en pleine Amazonie), pendant un orage magnétique contre des communistes-médiums aux cheveux parfaitement coupés. Tout en tombant dans des chutes d'eau sans mourir. Et sans lâcher les épées. Balèze.

- Et j'suis même pas mouillé ! Mon chapeau m'a protégé. Si si.

Ca devait être une aventure surtout sur l'écran du ciné place de la Bastille. Ca changeait des films au Champo, cinéma qui passe des films contemplatifs, genre Godard vu par un japonais qui chorégraphie pendant deux heures la mort d'un mec poignardé.

- Tu sais, Chihiro là. Princesse Mononoké...
- Tu veux dire Yoshida?
- Oui. Le film où le héros a une épée en travers de la gorge, il parle vingt minutes il s'en fout. Et ses cordes vocales ? Elles sont pas coupées peut-être ? On me le fait pas à moi!

Alors que dans Indiana Jones, tout est simple, y'a des extraterrestres en verre, des jeep et c'est marre. Alors on se baladait tranquillement en direction de Bastille, quand tout à coup Ivan Lebolloch nous bloque la route. Il est devenu fou d'avoir fait trop d'UV où de s'être trompé de couleur de fond de teint, il lance un pot de fleur en travers du trottoir.

- Coupé, on la garde.
- Ouah, il est vachement fort pour lancer des pots de fleurs dans des films, disaient les uns.
- Il joue pas dans Cordier juge et flic ? disaient les autres.

Avant même Indiana Jones contre les communistes, on avait tout vécu mon petit monsieur. Et Pauline qui sait enseigner la droite et la gauche aux chiens. L'Amérique a tout à nous envier.

Photo d'Hosoe.

Oh Oh

AUX SOMBRES HEROS DE L'AMER QUI ONT SU TRAVERSER LES OCEANS DU VIDE.

Ce matin j'ai eu un vertige de l'amour.

- OH oh vertige de l'amour...Quand Gisèle clape dehors.
- T'as pas eu un vertige, tu t'es évanouie comme une chochottte parce que tu t'étais coupé au doigt..
- C'est bon, c'était pour faire glam rock!

Photo de J.H. Engström.

Quand tu me réveilles à trois heures du mat'

pour me faire un calin et rigoler, c'est un signe de la vitalité de notre couple. Quand à trois heures du matin je me réveille pour toi, tu vois bien que c'est un signe de vitalité de notre couple. Quand on parle d'Aurélien et la littérature, c'est surtout parce que t'arrives pas à dormir.

- Et si on inventait des histoires qu'Aurélien aurait pu écrire ? C'est l'histoire d'une lesbienne unijambiste qui se fait séquestrer. A la fin elle meurt. C'est l'histoire d'un petit garçon épileptique. A la fin il meurt dans d'atroces souffrances.
- Hum ?
- Ah, je t'ai réveillée.
- Non tu vois bien.
- C'est l'histoire d'un fantôme qui séquestre une lesbienne unijambiste, et ils meurent tous les deux à la fin. C'est l'histoire d'une cassette vidéo. Et tous les gens qui la regardaient mouraient dans d'atroces souffrances.
- Tiens, c'est Aurélien qui a inventé The Ring ?
- Il l'a écrit mais c'était déjà pris. Alors il s'est rabattu sur l'histoire d'un château hanté par une jeune fille assassinée là des centaines d'années plus tôt.
- Il a écrit une histoire de Scooby-do ?

Je te jure que j'ai vu Chantal Goya à la Gare de Lyon.

Je reconnais des gens dans la rue mais tu me crois jamais.

- Hé regarde, c'est Mickael Jackson ?
- Mais non c'est un petit asiatique !
- Il a peut-être changé encore une fois ! Tu me crois jamais t'façon.

Juillet sous la pluie.

J'aime quand on rentre dans la nuit après avoir écouté ce con de Jean-Louis Murat, qu'il pleut et qu'on patauge dans l'eau. Qu'on rentre dormir sous notre tente mouillée, dans nos duvets mouillés. Quand le même jour à quatre heures du mat' y'a les cons d'à côté qui branchent les connes de l'autre côté.

- Si on allait faire de la sodomie dans un hôtel?
- Oh mais je ne couche pas le premier soir monsieur, hi hi hi!
- Mais elle suce!
- Dominique, on avait dit stop.
- Allez les filles, on va à l'hôtel, les enfants se débrouilleront bien tous seuls.

J'ai aimé aussi les pâtes cuites dans les toilettes à cause du vent qui éteignait le butagaz, et quand je repense à toi amenant la casserole aux toilettes dans ton vieux jean, je t'aime (comme un fou et comme un soldat).