samedi 24 octobre 2015

Il y a toujours un moment où ça foire. Où on ne se voit plus trop, pourtant on a le temps, où l'autre oublie de répondre aux textos. Et ça fait chier. Ca fait chier, sa mère. C'est exactement là où mon corps recommence à produire de l'adrénaline et mon coeur à battre vite. C'est le moment où tout se tend et mon système orthosympathique s'affole. Aka la crise d'angoisse le soir dans le lit. Je sais tout ce qui se passe dans mon corps, j'ai fait de l'EMDR, j'ai fait de la méditation, mais ça fait toujours autant chier sa mère. C'est vrai que j'ai moins peur. Mais c'est toujours de la torture.
Cette nuit, je suis comme Véronique Sanson sur son piano. Mais sur ma guitare électrique. Parce que j'ai une guitare électrique.

samedi 19 septembre 2015

En ce moment, j'écoute Véronique Sanson et Détroit.
Véronique Sanson, la meuf qui passe son temps à souffrir de la douleur de l'amour, à quatre heures du mat', à son piano (elle attend son mec).

jeudi 17 septembre 2015

Cette année, mon personnage de prof a trop la confiance (c'est comme pour le personnage du blog, c'est un personnage sur mesure auto créé: c'est-à-dire que c'est moi; mais c'est pas moi au complet. C'est moi; mais mis en scène). Mon personnage de prof met des vestes noires, parle fort et grave d'un ton sans réplique, fait des vannes avec une certaine distance -et a des couilles- . On sait c'est qui qui domine.

Phénoménologie de l'esprit (rien que ça)

Est-ce qu'on doit être un pauvre, pauvre homme, pour écrire de bons livres ou de bonnes chansons? Est-ce que la sensibilité extrême implique la souffrance infinie, et l'impossibilité d'être épanoui? Est ce qu'il vaut mieux créer ou vivre? Michou Houellebecq, ou les gens heureux qui n'écrivent pas de livre donc on les connait pas?

Je pense que la création, c'est la survie de celui qui souffre. C'est l'adaptation, le traitement fertile la merde. On est là, c'est la merde, on en fait quelque chose au lieu de crever, pour gérer la difficulté. L'épanouissement complet est un état qui s'exprime dans des liens très stables, efficaces, et agréables avec autrui. Mais nous, qui n'arrivons pas à créer suffisamment de lien, qui n'avons jamais l'impression d'avoir assez de lien, ou qui souffrons beaucoup trop de ces liens, créons des liens avec la matière, l'écriture, la musique, la peinture; c'est entre nous et le monde. C'est en quelque sorte unilatéral, parce que cela élude la difficulté du rapport à autrui; et ça le cherche tout de même, par le biais du medium créé que quelqu'un va lire regarder ou écouter. C'est ce que j'appelle stratégie de survie. C'est une version du lien à autrui, mais biaisée. L'épanoui va droit au but. Le souffreteux passe par un médium, parce que c'est difficile en direct. 

Personnellement, j'ai un instinct qui m'achemine tranquillement vers l'épanouissement, la confiance, et la construction de liens stables et profonds avec autrui (aka être bien dans le monde, désamorcer ce qui me parasite, avoir une famille), et un autre instinct de survie qui date de moi petite fille qui flippe sa mère et vacille au moindre truc; qui ne se remet jamais de sa souffrance, qui pense qu'elle n'arrivera jamais à être bien, et qui veut écrire dans sa chambre. 

Le deuxième instinct, je l'ai depuis toujours; le premier est à ma portée, je sens sa présence, je fournis des efforts pour l'acquérir, et il vous salue (l'autre est dans sa chambre en train de lire Bukowski). 
Tout est une question d'énergie. Avant j'avais de l'énergie pour deux (trois, quatre). Je faisais tenir ce qui ne tenait pas, et avancer ce qui n'avançait pas. J'étais un tank. C'est pour ça que je suis adaptée à l'Education Nationale. Mais maintenant les gars, dans ma vie privée, j'aspire au repos, au calme et à la volupté. J'ai lâché l'affaire. Agrippeuse de morceaux de père en fils depuis 2002, je laisse enfin tomber.

samedi 5 septembre 2015

J'annonce. Dans Secret Story cette année, il y a les sosies de Lana Del Ray, d'Amélie, et d'Ayem. Je vous avais manqué hein. La prochaine fois que je souffre de la douleur de la souffrance, j'écris, je me plains. Pour l'instant, je suis dans le flou, je suis toute floute. C'est déjà pas mal, je suis contente. 

dimanche 2 août 2015

Toutes les soirées finissent pareil. J'etais à une mini hellfest dans le 77 (oui, je sais; Shap, des groupes de métal, des écarteurs, un feu païen, un mec qui fait de la méditation) et la soirée a fini à gueuler "j'ai encore rêvé d'elle" et "les lacs du Connemara". Franchement les gars, c'est bien la peine de s'habiller en noir, d'avoir des tatouages et d'écouter Trent Reznor ("je rêve aussi"). Vous n'avez plus de race après deux heures du matin ("j'ai mal dormi"). 
Vous savez quoi, vous allez tous arrêter de me faire chier, et je vais tenir sur mes jambes.

samedi 9 mai 2015

J'ai changé d'avis sur Houellebecq.

Vous savez ce que je pense? Il veut que quelqu'un absorbe sa mélancolie et l'aime infiniment, il veut recevoir tout l'amour du monde et qu'on le rende viable, ne rien donner en retour. Jusque là rien n'a changé, je pense toujours la même chose.
Le problème (demandez moi, si quelque chose vous tracasse), c'est qu'il croit que le fond de l'homme correspond à la douleur. Qu'une fois qu'on a tout compris (ce qu'on attend ne sera jamais aussi bien que ce qu'on imagine; l'amour s'arrête à un moment donné, et on ne s'en remet jamais, amputé à vie d'une partie de notre être; la vie est absurde, vaine et une longue souffrance), on est bon pour boire du vin pour faire passer le Lexomil, se retirer des relations humaines et attendre que ça passe en perdant ses cheveux, ses muscles et son cartilage (hé, Michou, t'as le SIDA ou quoi?).

Depuis quelques temps, je ne ressens plus que cet abattement est définitif, je sens qu'il se goure. Premièrement le fond de l'homme est la souffrance, oui, une fois qu'il est débarrassé de la survie et d'une vie si cadrée qu'il n'a pas d'espace pour penser. Quand on commence à penser aux questions existentielles, ca nous attrape les boyaux et ca les serre très fort. Cependant, il y a quelque chose à construire par dessus, quand même. C'est ça, la vie.
Houellebecq n'est pas viable, comme être humain, non pas parce qu'il ressent la souffrance. On ressent tous cette souffrance (même s'il croit avoir l'hégémonie). Mais parce qu'il n'a pas l'énergie de construire dessus. Ca manque de pêche, d'espoir et de confiance. Vous savez quoi? Le mec manque de méthodes pédagogiques. Il est né pessimiste et sans savoir qu'il y a matière à évolutions si on sait travailler. Aimer les gens, c'est évoluer avec eux. C'est pas pomper leur sève Michou. Espèce de boloss (il m'a énervée là, laissez).

Il n'a rien à donner et c'est un petit oiseau chétif et grelottant. Je ne suis plus d'accord pour calibrer l'humanité sur ce paradigme.