mardi 19 mars 2019

Dans le film de Lucas Belvaux, Pas son genre, Emilie Dequenne se barre.

Elle sort avec un prof de philo, qui est là : bon, il est là, c’est pas de la folie furieuse. Il la côtoie. Point. Elle le sent, il y a cet écart entre eux. Elle, elle se donne, elle admire, c’est quelque chose de profond et perçant à la fois, elle a cet élan vers le prof de philo rachitique, (franchement, c’était pas la peine de te la péter, tu as juste eu ton CAPES et tu pèses cinquante kilos), et puis l’autre en face a légèrement honte de sa meuf (elle est coiffeuse, la pauvresse), il est mi-là, mi-j’ai rien de mieux à faire mais c’est sympathoche. Tout le film se déroule. Et à la fin, la pauvresse, qui recèle une force surhumaine, se décide. Elle se barre. C’est pas juste qu’elle le quitte. Elle ne dit rien du tout, il n’y a rien à dire finalement. Ca aurait pu donner :

- Ecoute, je voulais te parler, je sens que je t’aime, et en face, je ne ressens pas la même intensité. Il y a quelque chose qui cloche.
- Blablablabla je prends une tangente en ne te laissant pas non plus cesser d’espérer, restons là comme ça, je ne sais pas, tu sais je suis occupé, gnagnagna. 

Mais c'eût été inutile. Elle a bien compris. Elle a tout compris depuis le début, pas la peine de chouiner, de faire les allers-retours des séparations qui s'éternisent. Alors elle tranche, et c’est une frappe chirurgicale. Le rachitique vient la chercher à la sortie du travail : elle ne travaille pas ce jour là, d’ailleurs elle ne reviendra pas, elle a quitté son travail. Il se rend à son appartement, ouvre la porte : l’appartement est vide. Elle a pris meubles et enfant et pouf. Plus personne. On ne saura même pas où elle est passée, on ne la reverra plus du film. Et voilà ! Ca c’est du bon boulot, bitch ! La certitude, la détermination, la puissance. 

lundi 25 février 2019

Quand j'y pense, j'ai beaucoup résisté.

 J'étais là à lutter, à chercher de la joie, de l'énergie, pour compenser l'état d'érosion perpétuel dans lequel j'ai été élevée (c'est un puits sans fond, mon père est un virtuose: "il a voulu vous abattre" m'a-t-ont dit un jour. Eh bien c'est raté, mais il reste mille morceaux parfois.) Donc je savais pas, mais à l'époque, je tenais le bon bout. Je luttais bien (là j'ai un gros coup de mou depuis Noël, j'écoute les Forbans, on va voir si leurs sautillements vont raviver ma flamme). Et mes mecs: une bonne brochette de Mylène Farmer que je choisissais à l'amicale de Benjamin Biolay. 

 - Marine, tu es du côté de la vie. Moi celui de la mort. On n'est pas sur la même longueur d'onde.
 -Qu'est-ce que tu racontes JB? Tu fais de la permaculture; c'est la mort ça?  

 - Marine, arrête d'écouter tes musiques nulles et de danser. Je te vois joyeuse là. Viens on glisse comme des serpents virils entre les pièces de l'appart, et on peint des tableaux de personnages transpercés et découpés. 

- Marine, après toi, j'ai trouvé quelqu'un d'aussi noir et pessimiste que moi. Je suis enfin heureux. Enfin si on peut appeler ainsi cette lente agonie qu'est la vie, car nous nous acheminons vers le chaos, la guerre civile est à nos portes vois-tu. 

J'ai rien vu. J'étais là : "Quoi? Ils sont intelligents je vous signale". Oui oui oui. 

samedi 2 février 2019

Merci pour les intrigues dans Elementary, les gars, mais ça commence à devenir freestyle. Le meurtrier avait un dentier, qui avait servi de modèle à plusieurs autres dentiers frauduleux. Qui est donc le meurtrier qui a laissé des traces de morsure, parmi tous les suspects? On est sur un délire là. Appelez-moi pendant les séances d’écriture, j’ai envie de voir ça. Moi aussi je veux rigoler.

dimanche 30 décembre 2018

Alors, on est d'accord que le nouveau look pointu, c'est exactement Demi Moore dans Ghost? (Ne vous inquiétez pas, on suit la mode ensemble, pas à pas)

Alors voilà on retombe dessus.

 Je pourrais toujours avoir un harem. Ça c'est bon. C'est tout à fait possible, ça demande un minimum d'organisation. C'est en attente de réalisation, j'ai même pas besoin d'y travailler, c'est avec tous les anciens mecs cools que j'ai eus, ils sont là, ils sont chauds. Ah ca c'est possible. Et ca serait du sexe respectueux et bien fait, et puis des soirées sympas à discuter.
 Et bien je vais me plaindre. Je m'inscris en faux. Le sceau de l'infamie retombe sur cette vision de mon futur. Non non non! A la collection! Non non non! Au harem des mignons! 
Alors si c'est pour avoir un mec sympa, beau gosse, respectueux, avec qui faire du sexe, y'a du monde! Et si c'est pour tomber amoureuse et amoureux et ressentir autre chose que « c'était bien sympa», là y'a personne! Or, c'est là que doit se faire la livraison. On a besoin de réassort juste ici. Veuillez amener les camions dans cette direction, et vous garer sur l'emplacement prévu à cet effet.  

samedi 17 novembre 2018

Il y a un truc chez moi que tu peux pas teste.

 Championne du monde. Les ruptures. Qui m'a déjà larguée? Allez-y je vous attends, je suis là. Je vous écoute. Et bah personne, dis donc! Un copain de Rassinoux m'a avoué au deuxième rendez-vous qu'il était pas prêt à avoir une relation stable et j'ai mis fin au truc. C'est ça le max de je me suis fait gué-lar. Alors franchement.
 C’est moi qui pars à chaque fois. J'ai compté, j'ai du rompre une quarantaine de fois, large, à partir du moment où j’ai commencé à dater. J'ai arrêté de compter à vingt. C’était légèrement déprimant d'être sortie avec tant de gens, sans que ça donne des dimanches matins au marché, habillés en coton doux, les cheveux électriques sur ton épaule dans le bus. Oui, okay, c'est mon fantasme d'aller au marché, et alors, on n'a plus 20 ans je vous signale ! Un petit caddie et un mec avec qui vanner, des journées de sexe entrecoupées de lectures et de conceptualisation, que voulez-vous de plus ? Envoyez vos propositions dans les commentaires. 
Tu as raison, c’est vrai que j’ai beaucoup parlé de cette sale grosse pute de gros Chaouki - j’ai pas la Tourette, c'est une vraie grosse pute.

Il y a un truc entre moi et les instrus de J’accélère, et Célibâtard.

Ca me met bien, frère. Du côté des paroles, on est un peu mieux que de la trap, mais si Rohff chantait sur blabliblou, ca ne serait pas non plus bien bien grave. Ca ne ferait pas une grande différence. Dans J’accélère, il fait rimer cyclope avec club (en prononçant cycleup). C’est même pas une rime. C’est une paronomase avec une licence poétique de dyslexique. Il y a des limites. Dans Célibâtard, il invente un mot dans: « je vois ton aluette vibrer au fond de ta bouche, quand tu es morte de rire/ Nous deux c'est bon délire ». Sérieux ? Son alouette ou sa luette ? C’est exactement là ma limite.
Il y a une copine de Benjamin qui dit que ce n’est pas parce que ça peut se faire, que ça doit se faire, les relations amoureuses. Evidemment. Alors on laisse un grand renoi merveilleux, parce que ce n’est pas opportun, mais franchement, c’est pas sympa, de s'infliger ça à soi-même. Ca se fait trop ap.
Je jure que je viens d’entrer dans le RER A, et que j’ai du éviter, comme dans Matrix, un pigeon qui s’enfuyait à tire d’aile de la rame.