J'ai encore rêvé du mec très beau de la maternelle, qui ressemble à Thomas Dutronc. Un my-stère. Je l'ai daté une fois, il y a deux ans, et il voulait juste ken mes petits bras dodus.
mercredi 21 janvier 2026
mardi 29 octobre 2024
En 2023, je disais: "Je souffre toujours d'être seule. Je cherche des grands-parents d'adoption, des amis, du sexe et de l'affection (en gros)". Maintenant, j'ai des amis (ça repousse, sur des terres brulées - quasi de la poésie - quasi du Michel Sardou), du sexe et de l'affection, oui.
Je vais réitérer, ça a l'air de bien marcher: je souffre un peu moins d'être seule, mais c'est toujours une expérience limite. Je cherche une sensation intérieure de sécurité, un(e) compagnon(ne), une maison, une famille et une communauté sur laquelle compter toujours.
Pour l'instant, il y a: le générique de Dawson, La Fouine et Zaho, et California de Mylène Farmer.
J'accumule petit à petit des chansons dans une playlist, qui s'appelle la playlist de la guérison. J'imagine qu'à un moment, je ferai une fête l'été, dans un jardin, jusqu'à la nuit. Je fêterai ma guérison. Il y aura des guirlandes lumineuses et je serai enceinte, ou fraîchement famille d'accueil. J'aurai réussi. J'inviterai les gens que j'aime désormais, et ceux qui m'ont soignée avec application - c'est si long que personne n'a vu ça, un rétablissement du trauma complexe. On expérimente les limites de l'expectative- (il y aurait mon petit ostéo avec sa moustache, qui m'offre un demi tarif, et qui n'a jamais l'air de douter ou de trouver ça anormal que je vienne toutes les semaines; il me soigne méticuleusement, semaine après semaine, crise après crise, depuis des années. J'en ai les larmes aux yeux). Je ferai un discours pour saluer chacune des aides qui m'ont été apportées, la qualité de toutes les femmes qui ont contribué à m'offrir un diagnostic, un cadre de protection, un cadre de guérison, en trouvant les bons mots et en pleurant un peu, parce que c'est exactement l'essence de l'humanité dont j'ai expérimenté le contact pour guérir. Je dirai que j'ai réussi et que maintenant je peux vivre. Je pleurerai de joie, et je pourrai vivre. Fin
mardi 10 septembre 2024
J'ai repris le travail après trois ans de longue maladie. Certes, j'ai un peu guéri, j'ai surtout compris comment j'étais malade (une sorte d'expérience de la zone, il y a bien moins d'ombre et d'incompréhension), et qu'il fallait que j'organise ma vie en fonction du handicap (jure que j'ai fait les démarches pour avoir un chien d'assistance).
A l'école, tout est exactement pareil. Ca n'a pas bougé d'un poil. C'est comme si j'avais pris de longues vacances d'été, durant lesquelles j'aurais enfin pu baisser la tension de mon système nerveux.
dimanche 18 août 2024
En ce moment,
je rêve beaucoup de mes anciens amis, et c'est tout à fait inédit: je suis déçue de mes relations hétéro (venir à l'heure et me traiter comme un être humain et non pas comme la maîtresse dans un adultère à la Rohmer, c'est trop demander?), mais j'ai comme repris confiance en la possibilité d'avoir un compagnon viable. Je ne sais pas d'où vient cette idée: et si j'invitais mes anciens crush intelligents et sains devant lesquels je ne me sentais pas à la hauteur? Si je reprenais tout depuis le début?
J'ai daté le mec le plus beau depuis la maternelle (ah oui, il me veut moi?), et j'ai même pas eu peur (si j'ai eu peur, mais qui se lance dans l'excitation et la joie de cette peur?). Je me suis lancée. La partie de moi qui a 16 ans a explosé sous le cocktail d'hormones. J'ai fon-du (et j'ai arrêté de dormir). La partie qui (n')a (pas encore) 40 ans a décidé que c'était pas des bails clairs. Je souffre déjà un jour sur deux de mon côté: ça ferait deux jours sur deux avec toi, et ça mon pote, c'est pas possible (on ne peut vraiment pas vivre un amour intelligent, excitant et épanouissant de par le monde, les hôtels de luxe, et une maison bourgeoise au bord du bois de Vincennes? Non? Bon).
En parallèle, je développe lentement une attirance pour les femmes intelligentes, déterminées et bâties musclées (des handballeuses Hermione Granger). J'aimerais bien que ça aille plus vite, pour en finir définitivement avec l'hétérosexualité, être ainsi délivrée de ce bourbier, et pouvoir vivre une vie heureuse et nourrissante. Laissez-moi sortir de là. Je veux entretenir des amours riches. Merci d'avance. Cordialement,
PS: Du côté de la parentalité, je tangue. Quand est-ce que j'envoie le dossier pour être famille d'accueil? Est-ce que je peux vraiment niquer ma santé mentale dans une grossesse, et l'endurer solo? (et globalement: est-ce que je vais sortir de ce glauque qui me tient au corps depuis toujours)?
dimanche 26 mai 2024
Update:
J'ai bientôt 37 ans. Hé oui. Mon cerveau est toujours en bouillie (surtout aujourd'hui), avec une sorte de couche de sécurité qui se construit, au dessous de la surface. Ma machine à laver est claquée. Je vais reprendre le boulot à la rentrée. Ca va refaire des rédactions et des points à la fin des cours:"bah alors, tu as craqué ton slip tout à l'heure?".
Toujours rien à voir, mais quelqu'un s'est déjà insurgé sur La cabane du pêcheur de Francis Cabrel? Petite, tu as un chagrin d'amour, viens je vais te baiser dans un coin. On dira que c'est poétique au lieu de pédocriminel, et que je fais ton éducation. On dira que tu en redemandes, parce que tu adores ma vieille bite flappie. Pourquoi pas (hé non).
vendredi 16 février 2024
mardi 9 janvier 2024
Les idoles de 2024
Alors, c'est qui mes idoles de 2024? C'est moi, ma gueule. Je crois que je deviens une bonne maman (sans qu'on ne m'ait encore attribué d'enfant. Let's go les cigognes).
Chronique de la reconstruction
Premièrement, je songe sincèrement à me marier avec un gentil comptable, ou un gars qui met des chemises et qui a un vrai salaire (après avoir date tous les schlags de France) (j'exagère) (un fois j'ai daté un agent immobilier). Je veux me sentir en sécurité (et devenir une michto).
Deuxièmement, c'est ma période de reconstruction (excellente idée de changer toutes les relations dans ma vie, en plein milieu de la trentaine. Excellente idée cet isolement et ce vide pendant trois ans, en plein dans l'expression du trauma complexe, vraiment meilleure période). C'est ma reconstruction, je me fais un nouveau cocon millenial, féministe, qui m'estime, capable d'intelligence émotionnelle et qui considère les structures de la violence. Donc on se balade, on est sur le Pont des Arts, et je fais la liste des mes sept fléaux (ça commence à s'affaisser au niveau de la tête). Clémentine m'attrape par les épaules.
- Tu veux qu'on fasse un câlin?
- Non, continue à raconter. Je te contiens, Marine.
mercredi 6 septembre 2023
samedi 26 août 2023
Que le prochain fils de lâche/ qui veut me clashe/ vienne me le dire en face
Aucun rapport avec l'article, c'est juste beau ce passage.
En ce moment, c'est (encore) (toujours) (since ever), c'est un moment de très grande vulnérabilité (c'est parce qu'on a abîmé ma santé mentale from the beginning, et que je baigne encore dans l'isolement de la victime d'abus. Franchement, c'est long la reconstruction, je trouve.). Je souffre, je souffre, j'ai peur, je suis fébrile, je suis te-rro-rri-sée. J'essaye de respirer.
J'essaye de trouver des attachements sains, mais pour l'instant, je suis plutôt dans un doss de dire non: non, non, non aux textos de petites merdes la nuit (et pourtant je suis en crise d'angoisse, ça serait facile de ployer). Même si vous avez une grosse barbe, la voix de JoeyStarr, la confiance et le manque de compassion distant sexy traumatique du gars qui m'estime juste un petit peu et dont le contact me maintient dans la confusion.
Ce petit goût familièrement menaçant des hommes malsains, ça ne manque pas de m'exciter (et de me donner envie de crever).
lundi 21 août 2023
Aujourd'hui, j'ai regardé les photos et les vidéos de mon téléphone depuis 2017 (comment je peux être si douce et mignonne, sans le savoir, ce petit nez, ces sweats tout doux, et ces petites nattes sur un carré, des boyfriends qui me font des vidéos torse nu, avec les yeux moelleux, dans mon ancien appart rue Dalayrac. C'est ça que je veux.).
J'ai aussi retrouvé sur un vieux document word les articles de mon skyblog du lycée, édité en gras et dans les 4 couleurs des stylos pour tableau blanc (toute une esthétique). Premièrement, on ne comprend rien à ce que je veux dire. C'est très mal écrit, ca n'a ni queue ni tête. Ca parle de profs de maths, de tout et n'importe quoi. Deuxièmement, j'ai eu des sacrées sensations de crush avec Paul, le grand frère de ma copine. Et enfin, j'ai retrouvé la meilleure vanne du lot: ma "G-unit-é centrale".
dimanche 6 août 2023
Et bah voilà. Un jour on est en quatrième dans le cours de physique de monsieur Lapostole, ça glisse et hop, on a bientôt quarante ans et on est du côté des mères de famille (oui, je me suis refait la totale Sophie Marceau de 1980 à 2022, et non je ne suis pas encore mère. J'étudie la faisabilité du projet, compte tenu de mes contraintes: je suis solo, et j'ai un stress post traumatique qui me handicape pour tout -pour vivre, entre autres, ce qui est fâcheux- et qui n'a pas fini de guérir, et de plus c'est bientôt la fin du monde. Ca demande forcément de l'organisation).
jeudi 27 juillet 2023
Le syndrome de l'asymptote
Extrait 1:
- Ecoute-moi Marine, je vais t’expliquer pourquoi il y a un déclin « des principes et des valeurs » de la famille dans la société. Le lobby LGBT nous prend en otage. Pour commencer, c’est Rotschild qui a inventé le féminisme. Tu sais Marine, tu cites trop les chiffres. Je ne crois pas aux chiffres.
Extrait 2:
- Comment tu vas ce matin?- Ecoute, je suis échaudée par la masculinité. Je me sens violentée et harcelée.
Extrait 3:
-Réponds, sale féministe de mes couilles. J'ai besoin d'une femme intelligente et cultivée avec qui débattre. Tu vas devoir faire mieux que ça.
J’ai repris le dating, comme un petit cheval de trait : en partie par habitude, en partie parce que je détourne mon attention du vrai travail qui m'épanouirait: construire ma parentalité; parce que j'ai l'espoir de bien ken; et parce que ca me fait me sentir intelligente (tu m'étonnes), sûre de moi (va savoir pourquoi - c'est parce que j'ai des gros seins et des cheveux longs).
Premièrement, je le sais bien, c’est ma punition. J’ai suivi Dieudonné au début de sa chute mortelle et maintenant mon karma est foutu.
Deuxièmement, les hommes cis, j’ai si envie de ken. Mais il faudrait pour cela que vous vous taisiez à tout jamais, parce qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre sur l'échelle de la petite merde. Je m'approche infiniment, à l'asymptote, de la conclusion selon laquelle il n'y a vraiment rien de bon pour les femmes dans l'hétérosexualité. Enfin, on le savait déjà avec Monique Wittig et Juliet Drouar, mais je crois que j'ai besoin d'en refaire encore et encore l'expérience. Histoire de bien perdre le temps de ma vie, quoi.
lundi 22 mai 2023
Article intitulé: Qu'est-ce que j'attends des hommes cis?
Qu'ils restent le plus loin possible de moi.
lundi 8 mai 2023
Sur l'avenir de ma vie amoureuse et sexuelle
Je la vois comme une comédie romantique avec Diane Keaton. En effet, je suis (toujours) bientôt à la retraite (de toutes vos conneries).
Petit point D'Angelo: "mon mec à moi n'aime pas les bimbos, nan, il aime les formes de J-Lo, il a le torse de D'Angelo" nanana, il transpire jusque sur son ventre et tout le tintouin. J'ai été voir. Je dis non: il a les ongles longs. C'est une no-go zone. On se coupe les ongles et on se lave les mains. C'est la base (sinon j'ai envie de vomir).
mardi 18 avril 2023
Avant de voir La nuit du 12, j'avais pas capté.
La nuit du 12, et Je verrai toujours vos visages, ont permis de mettre de la clarté sur mes expériences. Le mec violent, assis le menton levé, menotté au commissariat, et sa copine maitresse d'école. Il y a une part de mon père, il y a une part de ma mère. Les micro-expressions de mon père sont semblables, il y a la prédation, de la fébrilité dangereuse, le mépris de l'autre (je suis bien plus violent que toi, tu fais le malin, mais tu devrais avoir peur), la pure violence masculine qui peut fondre sur nous à tout instant, et l'immense fierté de tout ça.
Les attitudes de ma mère ressemblent à celles de la maîtresse d'école: fermeture, agressivité étonnante. Elle s'accroche du fond de ses tripes à la défense de l'agresseur, c'est elle et lui, personne d'autre ne compte ni ne sera protégé, et puis il y a le recroquevillement d'être sa victime en même temps.
C'est les mêmes dynamiques de violence sur tout le continuum, même si les manifestations peuvent différer (ça frappe, ça insulte, ça contraint même si on supplie et on souffre, ça méprise, ça néglige avec délectation, finalement, vous avez la même tête, et c'est la même ambiance).
La grand-mère d'Adèle Exarchopoulos, dans Je verrai toujours vos visages, c'est une partie de ma mère aussi. Méfiance, rancune envers la victime, culpabilisation, absence de reconnaissance du crime, piédestal de l'agresseur qu'on a décidément trop fait souffrir avec toutes ces vieilles histoires qui n'en finissent pas, et le lien est coupé avec la victime (depuis quand?). Karine Viard dans les Chatouilles.
Vous me faites peur, maintenant que mes sensations reviennent. Je ressens de l'horreur, de l'incompréhension, je ressens la violence (youpi) (c'est donc ça, le chemin de la sortie: tout a toujours été flou et confus, il n'y avait pas d'espace adéquat où penser cela, et puis ça s'organise et je comprends, lentement, lentement: "aaahh").
mardi 11 avril 2023
Depuis la thérapie, je fais plein de métaphores
Qui fait ça? J'ai quitté ma famille, mes anciens amis, j'ai quitté mon gars, j'ai perdu le poste dans mon collège, que j'avais mis 10 ans à choisir. Pour avoir une place saine et sécure dans laquelle exister et guérir. Pour que tous les mécanismes de violence et de silenciation qui étaient mon petit bain tiède, ma petite salle tiède du hammam, et qui rendaient ma vie impossible à vivre, cessent.
Parfois je me demande comment j'ai réussi à faire tout ça. C'est comme sauter d'un immeuble en feu, pour pas finir grillé dedans. C'est impossible de rester crâmer. Il y a une petite chance à saisir en sautant (que quelque chose amortisse notre chute, qu'on s'entremêle dans un arbre, qui sait). Je saute. Là je suis en l'air à crier, parfois de peur et parfois de la joie de la libération, globalement.
Questionnements divers et lesbianisme politique
Un, est-ce que je serai un bon parent?
Deux, je n'ai plus la patience pour le jeu de l'hétérosexualité, et la médiocrité des hommes cis (j'ai pas besoin de toi, pas besoins de tes bras, ton image reflète ce que j'aime pas). La mé-dio-cri-té. Je préfère organiser un week-end du groupe de parole à la mer, plutôt que faire des dates. Mon tour est passé, je n'ai plus 25 ans (j'ai 35 ans; mais j'en fais 29, allez). Je n'ai plus la patience d'être sympa, mignonne, ouverte, de proposer des concepts pour qu'on réfléchisse, de faire attention à votre violence et votre égoïsme pour me faufiler et essayer d'avoir un orgasme dans ce foutoir, pendant que vous êtes bêtes, vraiment d'un intérêt très médiocre (peu d'intelligence introspective et relationnelle), capables de peu de soin et d'intérêt pour autrui, grossièrement construits, sans finesse ni compréhension des oppressions (il faut vous expliquer - mais est-ce qu'il n'y a pas déjà vingt mille podcasts? Si. Voilà).