Je suis allée à l'opéra avec Julie. En l'attendant j'ai vu arriver ce couple. Une grande châtain aux cheveux secs et ondulés en queue de cheval avec des collants résilles, et un petit en costard. Ils avançaient main dans la main avec détermination. La fille portait des bottes à talons carrés, et avait les jambes blanches, imposantes, elle se plantait dans le sol à chaque pas. Ils avaient l'air de s'être habillés cinq minutes avant. Comme s'il avait bien fallu sortir, mais qu'ils faisaient l'amour et que ce n'était qu'un intermède, la Traviata.
mardi 7 juin 2016
dimanche 8 mai 2016
jeudi 5 mai 2016
Il faut dire quelque chose de la meuf à l'entrée de la salle de sport. Elle a la tronche décorée, c'est Haussman en décembre. Elle a pris tout le rayon maquillage de Franprix en 2002 et elle se l'est mis sur la face. Y'a du blanc, du noir, sur les yeux, on ne comprend pas bien. Elle a pas tout capté elle non plus, t'façon.
Mes amis pensent que mon ex a assez attenté à ma dignité, et quand ils me demandent si je le vois encore, je dis: "je fais ce que je peux". C'est vrai, je fais ce que peux (et parfois j'ai des envolées d'espoir et de compréhension, mais comme c’est très unilatéral, ça retombe vite).
C'est un running gag avec la FIWB. Ils pensent qu'à chaque fois que je veux le revoir, une nuée de pigeons devrait me chier dessus. Pour que je voie bien le signe. On a inventé une sorte de petite histoire de pigeons se jetant contre la vitre dès que j'en parle. Le pigeon met son petit casque, et va se jeter contre le carreau: " putain j'ai déjà du y aller mardi dernier et je me suis niqué la tronche, ce soir j'ai tout prévu"...
Moi je sais pas, je me demande si j'ai une limite. Je me demande toujours si c'est pas ma faute ou que je ne suis pas trop susceptible, si je prends assez sur moi, si j’ai assez expliqué, si je suis assez claire.
- Tu as assez expliqué. Tu es claire, tu es la personne la plus claire que je connaisse. Tu es mère Thérésa, tu es formatrice à l’ESPE, tu donnes des cours de communication non violente.
Okay. Alors, c’est qu’il y a des choses trop difficiles à comprendre sur soi, à accepter avec lucidité, ou à travailler. Je vais conclure comme un kéké, puisque l’autre approche n’a pas fonctionné : « ça n’a pas marché ».
lundi 2 mai 2016
On a passé une semaine à Berlin avec la FIWB. J'ai du me retenir une dizaine de fois de faire pipi dans ma culotte. Ca ne m'était pas arrivé depuis la prépa les mecs. J'annonce: la vie était merdique depuis la prépa. La vie avait un arrière goût de pisse. Je retrouve tout doucement une sorte de force que j'avais perdue. Une sorte de joie. Une sorte d'élan vital, oui oui oui.
Une fois j'ai écrit: mon moment préféré c'est quand je me lève et qu'on prend le petit déjeuner tous ensemble. En fait mon moment préféré c'est quand je ris tellement que je peine à reprendre ma respiration et que je tape sur la table d'une main (la classe à Dallas). Mon moment préféré c'est quand Benjamin rit en se retenant légèrement de rire (plus facile à dire qu'à faire) et quand Rassinoux se tord sur sa chaise et se tient le ventre dans son pull bleu (c'est précis).
C'est quand devant Neptune en pied tout nu avec une coquille de bernard-l’hermite sur le sexe, on prend des voix d'acteur porno de Perpignan en essayant de parler par dessus le fou-rire (veux-tu voi-re frétiller ma peti-te coquillette? oh, je sens là dessous que mon petit se-re-pent veut sore-ti-re). C'est juste que tout s'est relâché. On rigole pour n'importe quoi. C'est reparti.
Une fois j'ai écrit: mon moment préféré c'est quand je me lève et qu'on prend le petit déjeuner tous ensemble. En fait mon moment préféré c'est quand je ris tellement que je peine à reprendre ma respiration et que je tape sur la table d'une main (la classe à Dallas). Mon moment préféré c'est quand Benjamin rit en se retenant légèrement de rire (plus facile à dire qu'à faire) et quand Rassinoux se tord sur sa chaise et se tient le ventre dans son pull bleu (c'est précis).
C'est quand devant Neptune en pied tout nu avec une coquille de bernard-l’hermite sur le sexe, on prend des voix d'acteur porno de Perpignan en essayant de parler par dessus le fou-rire (veux-tu voi-re frétiller ma peti-te coquillette? oh, je sens là dessous que mon petit se-re-pent veut sore-ti-re). C'est juste que tout s'est relâché. On rigole pour n'importe quoi. C'est reparti.
vendredi 22 avril 2016
Mon oncle était une personne assez sage. J’ai appris beaucoup de choses à son enterrement. Depuis quelques temps, je ressens profondément des « grandes platitudes » sur la vie, qui sont inutiles tant qu’elles ne sont pas digérées, intégrées, tant qu’elles se maintiennent sur le plan des idées uniquement.
Je me rappelle d’une sensation très fugace. C’était l’aube, un samedi matin, et je rentrais chez moi. On sentait la lumière qui commençait à poindre, et je traversai le passage piéton entre le parc et le RER. Je me suis sentie heureuse d’être vivante et d’être là, à regarder la rue et tous ces arbres.
Je revenais d’une soirée chez Cédric, on avait fait un bad avec de la beuh trop forte et on s’était retrouvés à agoniser, assis comme des loques sur le lino de ses toilettes. Moment de solidarité s’il en est.
Je revenais d’une soirée chez Cédric, on avait fait un bad avec de la beuh trop forte et on s’était retrouvés à agoniser, assis comme des loques sur le lino de ses toilettes. Moment de solidarité s’il en est.
- T’imagines maman, si j’avais tout pris de papa ? Déjà que je suis angoissée… J’aurais un trou fumant à la place de l’estomac. Heureusement que j’ai eu la chance de prendre un peu de toi !
Ma mère a un côté heureux contemplatif et confiant à l’asiatique. Elle est là pour les autres, elle est optimiste, joyeuse, ça ne l’épuise pas plus que ça.
- Heureusement qu’on a écouté Michel Sardou et Serge Lama à fond quand je faisais le ménage !
- Carrément.
Carrément, carrément. Ma mère a exercé une influence dont je comprends l’enjeu seulement aujourd'hui -la semaine dernière en fait- (si, c'est drôle).
Je plante des graines pour faire un potager dans mon jardin, mais ce sont celles qui se sont plantées toutes seules (des herbes, des arbres, je ne sais quoi) qui poussent le plus vite et qui durent. A méditer quand je m’entête (encore un peu) à faire tenir des relations par maints artifices à moi toute seule.
Inscription à :
Articles (Atom)