samedi 29 août 2026

Maintenant je suis une vieille de l’hétérosexualité.

J’ai peur des hommes, au sens de je vous crains, et je ressens un dégoût, mon dieu. J’ai vécu la vie d’une femme qui se lance sans aucune protection, j’ai fait le tour. J’ai donné mon temps et mon énergie gratuitement – le débit d’une lance à incendie -. Que des demeurés – ou dangereux, petite variation, ou les deux à la fois, les meilleurs crus. J’ai été violée, j’ai porté plainte, un ancien partenaire ne remboursera jamais les reconnaissances de dettes conclues entre nous. Comme quoi tout est possible quand on est un homme, on peut étrangler des gens, dépouiller des femmes, et on continue à être le coach sympa à la salle de sport. Donc je me suis fait dépouiller de mes économies à l'intérieur de mon couple, pendant que j’étais en longue maladie, je suis allée devant le juge, j’ai perdu, on m’a dit, étonnant cette décision, je ne comprends pas. 

Incroyable qu’il soit impossible d’avoir justice pour les maltraitances qui me rendent handicapée, pour les viols, pour les violences financières, pour les fois où j’ai eu peur pour ma vie, où je me suis enfermée dans la chambre à clef, où j’ai fui dans la rue, où j’ai dissocié en priant pour être encore là quand tout sera fini. Qui aurait pu prédire. 

J’ai expérimenté l’hétérosexualité dans sa normalité, j’ai bien fait le tour. Monique Wittig, donne moi la force de me tenir loin.