mardi 15 septembre 2026

Ca fait treize jours; ça fait un mois; ca fait deux mois et quinze jours...

Je compte les jours comme on décompte la sobriété. Aujourd'hui ça fait deux mois et quinze jours que j'ai la capacité d'habiter seule. C'était globalement plus possible depuis 2015 (merci les colocs. Et les hommes violents - toujours à nos côtés). Les médecins sont plus contents que moi. Pour une fois que quelqu'un guérit. 

Aujourd'hui, c'est la deuxième fois que je danse depuiiis, comme on dit, prise par une joie qui monte qui monte.  La dernière fois, c'est quand j'ai été acceptée à la r-TMS. C'est sorti tout seul, quand le médecin a eu l'air de m'écouter avec l'attention due à un être humain digne de ce nom, et a accepté de me traiter. Carrément. Aucune tentative de se dégager comme un lâche, ce qui arrive invariablement quand les mauvais soignants perçoivent l'ampleur du doss (la pitié, l'absence de ressource sur le sujet, la distance de classe, le dégoût misogyne qui implique lui aussi une distance -cette femme est folle-, un régal). Peut-être que j'ai récupéré de la dignité perdue dans le parcours de soin ce soir là (je suis une patiente, pas un déchet), et que même si je n'osais y croire, j'ai récupéré un espoir que mes symptômes s'amenuisent suffisamment pour me laisser vivre (j'ai trouvé un petit  chemin vers la vie, j'ai tracé un sentier, ca a suffit à me faire exploser de joie). 

Les gars, je dansais dans le RER avec mon casque, je dansais sur le chemin de la maison, j'ai dansé une partie de la nuit dans la cuisine. 

Aujourd'hui, je danse aussi. Peut-être que c'est une énergie de contrôle qui s'est débloquée. Ca a switché. Je suis, sur divers plans, en sécurité, j'ai des moyens d'action et je n'ai pas dit mon dernier mot. 

Sinon, je suis encore en chagrin d'amour (je ne veux pas souffrir, on peut passer directement à la prochaine era please?). Ca faisait bien une dizaine d'années que c'était pas arrivé. C'est quand les gars ne sont pas violents et me portent de l'estime. Ca me rend tout chose.