jeudi 17 mai 2012

Je relisais mon petit cahier "Agir en fonctionnaire de manière éthique et responsable". Je crois qu'au cours, j'ai un peu écrit ce que je voulais. Pour me faire rire à la relecture. Je lis donc: " Si l'élève révèle qu'il consomme des produits stupéfiants: proposer un entretien avec les personnels de santé; envisager des procédures lieés à la protection de l'enfance, quand pratique familiale (toute la famille fume du crack)". Toute la famille fume du crack. Mais d'où vient cette parenthèse.

mercredi 16 mai 2012

Au Printemps de Bourges ou à Berlin,

il y a toujours un post-it ou du papier à cigarettes pour faire un jeu de qui suis-je (autrement appelé, mais qui est collé sur mon front/ma frange de biatch) ; vers quatre heures du matin quand on revient d’un club électro, dans le salon de l’auberge de jeunesse du bord du canal. Une fois que Djamila et Emilie ont retiré leur pantalon parce qu’on est tellement mieux sans. « Je suis le mec qui nous a grave embrouillées alors qu’on allait au Wansee » ; Schlachtensee oui, mais encore faut-il être dans le bon train ; « je suis la fille du lit en face de celui de Djamila », contre laquelle nous avons joué une bataille des plus stratégiques. J’ai aimé Berlin ; d’ailleurs vous me verrez dans le bar au canapé rouge de Kreuzberg le printemps prochain. J’ai adoré qu’on fasse du toboggan et de la balançoire.
C’est ce mois-ci seulement que j’ai compris (mieux vaut tard que jamais ; j’avais une petite expérience de l’alcool) qu’avec assez de tequila, je peux danser sur n’importe quelle batucada, ou même, tenez-vous bien : de l’électro minimaliste. J’ai adoré ces vacances.
Je veux vivre une vie d’éternel divertissement, sortir me déchirer en club et mettre des mini-shorts. Heureusement que je me suis construite dans le camp des moches depuis l’adolescence, sinon je n’aurais jamais pu aller à l’université. Ca rallonge aussi ma durée de vie, parce que je peux basculer à tout moment du côté des Bruno. J’ai le passif qu’il faut.

mardi 15 mai 2012

La différence entre Bruno et Michel, dans les Particules élémentaires.

Les personnages houellebecquiens comme Michel ont épuisé ce qui pouvait les occuper. Ils ne charrient aucune envie particulière, aucune haine qui les motiverait, ils voient tout en face; ils ne bénéficient plus du voile que permet l'agitation. Tandis que Bruno a une revanche à prendre. Il veut se faire toutes les filles de la terre, depuis l’épisode de Caroline Yessayan (tout est de la faute de Caroline Yessayan). Ca allonge un peu sa durée d’activité, la souffrance ne lui tombe pas immédiatement dessus; les personnages houellebecquiens la reçoivent quant à eux sans attendre mais savent la faire durer indéfiniment (lexo-lexo-mile-mile-mil). Ce qui m’effraie beaucoup, c’est de voir tout en face, et d’avoir épuisé tout ce qui pourrait m’occuper.
Un mec à côté duquel et quelques fois avec lequel (on a regardé l’Exorciste ensemble en cinquième, et ce sont les premiers pieds nus d’hommes mal construits que j’aie vu de ma vie) j’ai vécu toute ma vie à Dreux a décidé de se suicider. Mon père disait le nom entier des gens de mon école dont je parlais, pour se moquer de moi (je n’ai toujours pas compris l’astuce), ça donnait «Julie Coussens » (mais où es-tu Julie Coussens ?), ou le nom de ce gars.
Je crois qu’il avait tout épuisé, et c’est effrayant. Parce qu’à vingt-quatre ans, il doit rester au moins, je ne sais pas, dix ans au lexomil, deux ans à l’héroïne. Je pensais qu’on pouvait aller jusqu’à trente-cinq ans à l’aise. Et encore une fois je ne comprends pas ce qui se passe, et je revois parfaitement ses cheveux brillants, sa mâchoire, toutes les discussions et leur géolocalisation (j’ai une mémoire visuelle).
Laisse tomber comment mon quartier est fréquenté par la jetset. La dernière fois, j’ai vu le mec qui zozotte, de La belle et ses Princes presque charmants, en sortant du métro. Dimanche j’ai vu Zelko, de Zarko et Zelko, sur un scooter avec son regard d’abruti fini. Mais genre bien fini. Il s'applique quoi.

mercredi 9 mai 2012

J'ai voulu revoir Berlin et on a revu Berlin

Un jour je vous raconterai mon périple à Berlin, avec (le sac à dos, englobant et représentant tout l'être de) Rassinoux, et Djamila. Mais pour l'instant je ne le sens pas. J'attends que les phrases jaillissent. C'est comme ça que je "travaille"; en attendant je regarde NRJ12. C'est tout à fait différent de mes petits cahiers de recherche (un jour je vous raconterai mon périple pour trouver un directeur de thèse viable, non obsédé par le roman libertin, ayant lu mon projet et non pas juste mon CV: "Vous avez un master à Paris I, je n'ai jamais lu Houellebecq, je vous prends, et si on parlait du roman libertin").  J'attends que cette petite voix qui me susurre des phrases se manifeste.
Oui j'ai des voix dans ma tête et alors. J'ai aussi en stéréo la voix de mes élèves passés, qui s'élève justement, et à laquelle je dois répondre souvent sur différents sujets, comme si j'étais en situation. Il paraît que c'est normal, j'en ai parlé avec des professeurs (de français -pas de psychiatrie).

vendredi 20 avril 2012

Je mangeais

un burger avec Gwen à l’étage, rue de l’Ecole de médecine. On parlait de son dernier mec (le soixante-douzième ; en comptant seulement ceux dont elle se rappelle le prénom), elle lui avait brisé le cœur ; il avait pleuré le soir chez lui en jouant à la playstation. Et je lui dis : « Laisse tomber, lui c’est rien, c’est moi qui ai le plus souffert du monde ». C’était pour rire. Parce que je l’ai fait chier tout l’été, puis l’automne, en terrasse, à Saint Michel, et l’hiver, à Odéon ; parce que je suis restée le plus longtemps du monde sur ma rupture et que même ma mère perdait patience. « Oui, c’est vrai », qu’elle me répond. « Tu aurais vu ton état ».
Ah merde. Tu veux dire que mes joggings-pyjamas de La Redoute faisaient tâche en terrasse? Ou bien tu n’as pas aimé quand je disais que le monde n’avait plus de sens, que je n’étais plus que l’ombre de moi-même, que j’étais un fantôme, morte à l’intérieur etc. J’écoutais Lara Fabian en pleurant quand même, je ne le souhaite à personne ; c’est traumatisant.
Je pense que celle-là était dure mais que les autres passeront comme une lettre à la poste.
C’est le repositionnement qui m’a posé problème. Je m’étais confortablement appareillée existentiellement, pour l’éternité. Et puis je n’aime pas le changement. Et je ne comprends pas très facilement les choses. Je viens de comprendre, le mois dernier, qu’il ne m’aimait pas. Devant notre ancien immeuble moucheté de cœurs à Nantes. Je me suis assise sur le perron, c’était un peu étrange ; j’ai fait le tour du pâté de maison. Et depuis je me sens moins lourde.

jeudi 19 avril 2012

Je suis allée à la gym suédoise d'en bas, avec Rassine.

Elle n’a pas trop aimé faire cours au milieu des bourgeoises blondes trop bien foutues. Je vois pas le problème. Moi j’adore. C’est mon élément. Mais à un moment faut y aller et sauter sur place pendant une heure, c’est une question de vie ou de mort. Du moment qu’ils passent pas tout l’album de Shakira pendant le cours, c’est bon. J’ai révisé mon seuil de tolérance.
En réparation du préjudice, je l’ai accompagnée au cinéma, pour voir un film français avec Yvan Attal. Un merveilleux film comique avec un scénario aux petits oignons. Traduire par : un film qui se voulait dramatique avec un scénario écrit par Marc Lévy (je ne suis plus que l’ombre de moi-même, je suis mort à l’intérieur, je suis un fantôme ; non Pierre, tu n’es pas lâche ; je t’aimerai toujours Pierre ; je te quitte Pierre). Après j’ai même pris le métro (les dialogues m’avaient tellement émue j’ai rien compris à ce qui m’arrivait). Quelques fois je me retournais vers Rassine pour bien constater qu’on rigolait toutes les deux.

samedi 14 avril 2012

Je ne suis pas difficile.

Je veux bien tomber sur l’Heptaméron de Marguerite de Navarre à l’oral du CAPES ; sur Ronsard, je ne dirai rien. Mais par contre, je voudrais juste, mais juste, de ne pas être convoquée pendant Solidays. Parce que je me vois bien fumer un joint en écoutant Joeystarr au crépuscule du dimanche ; il y a plein d’autres trucs que je veux faire, dont écouter Brigitte et consoeurs, manger un thaï, m’asseoir dans l’herbe, mettre mes wayfarers et un pantalon à toutes petites fleurs très doux, des sandales... J’ai du travail de bobo à accomplir, c’est pas facile okay.

lundi 9 avril 2012

Sinon je voulais dire un truc

sur mon prénom. Même si mon père a des accointances avec l'UMP qui dérivent vers le racisme -mais s'il avait toutes les cartes en main, il serait révolutionnaire je l'assure; il entrevoit déjà l'existence séparée de la communication et de la philosophie politique-, c'est à cause du prénom de la fille du docteur -et aussi le prénom de celle du podologue-; mais je préfère l'histoire du docteur.
Ma grand-mère me racontait souvent que mon père, dans ses pantalons de Bee Gees, était arrivé le soir après l'accouchement et avait dit en pleurant: "Marité, j'ai une fille!". Ma grand-mère s'appelait Marie-Thérèse, elle venait du Nord, a eu quatre enfants et m'a élevée avec des bonbons à la violette en forme de violettes, j'aimais beaucoup l'odeur de sa poudre et elle mettait souvent un pull émeraude très doux, brodé de perles sur le devant. Elle me prenait dans ses bras quand j'étais petite et me disait toujours que je n'étais pas grosse. On mettait des cierges toutes les deux à l'église du centre ville.

En ce moment c’est vrai, j’entretiens mon moral à la lycée

(à la manière dont j’ai vécu ma période du lycée ; la vôtre, je ne sais pas). Et à ce propos, Pink est toujours là, elle fait toujours les mêmes chansons.
Je ne me laisse pas le temps de réfléchir. D’où mon train de vie royal sans lexomil. D’ailleurs l’indicateur de ma santé mentale c’est la vaisselle, bitch. J’avais envie de le dire : la vaisselle bitch. Et je fais la vaisselle tous les jours. Je sors tous les soirs depuis l’été. Je fais du sport, je vais à Pigalle manger japonais avec Housniche et Djamila alors que celui en bas de chez moi est bien meilleur, je vais à la Comédie française, voir des films, manger des burgers, marcher d’Odéon à Bastille. Je vais même voler des caddies dans un Ikea du Val de Marne avec Gwen. J’ai envie de faire pipi dans ma culotte, dans l’escalier, quand on remonte dans mon appart, à force de rire. On vole des verres quand le serveur est désagréable. On empeste le cinéma de menus best of. J’ai des fous rires. Ca, c’est un autre indicateur de mon moral. Le troisième, c’est le smoky eye.
Le truc c’est qu’avant je n’avais aucune énergie surnuméraire à dégager pour vivre (alors pour rigoler c’était mal parti). On m’appelait pour faire quelque chose, et je disais non. Je voulais dormir. Maintenant que je n’ai plus à m’occuper que de moi-même (se préoccuper de quelqu’un d’autre, même en pensée, c’est assez fatiguant) je dégage de plus en plus d’énergie.

Mon cousin anglais par alliance m’a dit un truc en anglais la dernière fois (parce qu’il ne parle qu’en anglais le mec ; c’est un anglais ; il s’amuse à me saper le moral à chaque fois qu’on discute, il me demande, mais pourquoi tu veux être professeur alors que vraiment, aucun n’élève de peut imprimer quoi que ce soit, as-tu la preuve d’un seul élève auquel l’école a servi ; il croit juste au cinéma américain le gars). Sinon je crois que j’ai compris l’idée. C’était « alors ton ex a déterré tous les os de son jardin pour reconstituer un squelette complet ? ». You mean he was a psycho?

J'oubliais. Christina Aguilera est toujours là elle aussi, même si l'alcoolisme a fait son travail de relooking comme il faut. Voici les paroles d'une chanson que je chantais à l'époque (du forfait millénium):
"'Cause it makes me that much stronger
Makes me work a little bit harder
It makes me that much wiser
So thanks for making me a fighter
Made me learn a little bit faster
Made my skin a little bit thicker
Makes me that much smarter
So thanks for making me a fighter"
En fait je bougeais mes lèvres sur la chanson suivant les vraies paroles quand on se voyait le week-end, avec mes amis. Ils étaient impressionnés par mon niveau en anglais. Je sais.