jeudi 23 janvier 2014

Sinon, ma vie,

 c'est à peu près du n'imp. J'ai revu le mec des chèvres. C'était n'imp. Je me fais draguer par tous les rebeus de Dreux qui ont atterris à la Bellevilloise (je croyais pourtant qu'on avait fermé la ville aux barbelés depuis longtemps). Je me sens un peu comme la pierre philosophale. Ca me rappelle le lycée. Julie hallucine. En substance: "mais tu es grosse et tu te fais draguer plus que moi". C'est ce que j'appelle le théorème de la pierre philosophale. Non démontré mathématiquement, mais qui a reçu nombre de confirmations par expérimentation.
 
Bref, j'attends l'amour, la douceur et la fièvre.

Cette année je suis chez les riches.

 Il m'arrive des aventures qui n'arrivent que chez les riches. Des trucs de parents d'élève qui ne sont pas d'accord avec ma vision de la stylistique. Ceci n'est pas une blague - c'est de la science fiction. Un jour, je vous raconterai l'histoire de la vieille connasse (c'est l'histoire d'une vieille connasse).
Sinon, mes élèves sont fans de Kev Adams. Mais le petit plus, par rapport au reste de la France, c'est que le week-end, ils font des soirées avec lui. Voilà voilà.

dimanche 24 novembre 2013

 Mon docteur dit que je dégage une énergie positive (maintenant, j’ai une vraie doc qui prend soin de moi quand il  le faut, et qui ne dit pas « parce que vous voulez que je trouve tout ce que vous avez pour vingt-trois euros ? », comme celui d’avant, qui m’a laissée me démerder quand j’avais un goa’uld). Djami dit qu'on a l'impression que je peux déplacer des montagnes. Hier, à une soirée on m’a dit : « mais dis-moi, tu as beaucoup d’énergie ». Ca, ca veut dire que je suis soûlante.
Mais qu’en déduisons-nous ? Que je suis redevenue Jackie Chan. Quelques fois, je me sens vraiment exaltée : j’ai l’impression qu’on va soulever le monde et le retourner, avec Djamila. On est profs toutes les deux. Des centaines d’élèves suivent nos méthodes, lisent, réfléchissent, se corrigent, ils écoutent nos voix de révolutionnaires gauchistes. Que ce soit sur du droit public, une nouvelle japonaise, Bourdieu ou Flaubert. On possède comme un petit levier pour soulever le monde.

Pour moi, enseigner, c'est faire comme Woopy Goldberg, dans Sister Act 2. On va chercher leur motivation, on s'éclate, on développe leurs capacités personnelles, ils deviennent autonomes et travaillent en dehors de la contrainte (et à la fin il y a un grand spectacle dans lequel Lauryn Hill danse en salopette).

samedi 16 novembre 2013

Ca y est.

 Mes premières commencent à me regarder avec les yeux de le passion littéraire. Quelques fois, au milieu du cours, je photographie la salle un quart de seconde. Je les regarde me regarder. Je les vois l'air absorbé et les yeux brillants, qui disent: je suis connecté, encore. C'est ça la vie. 

lundi 11 novembre 2013

Dès que j'ai résolu

 ma peur de l'abandon, qui me rend si angoissée qu'il va falloir arrêter, parce que je n'y survivrai pas, je me fais un tatouage. Pour signifier le fait que j'ai gagné.
 
Pour l'instant, j'ai les yeux qui picotent et l'angoisse qui arrive au galop de quatre chevaux quand j'essaye de me documenter. Comme par hasard.

samedi 9 novembre 2013

Les pubs qui me rendent triste : Joeystarr qui vend des jeans pour demi-cérébrés -avec les fausses griffures jaunies. Adrian Brody qui vend des rasoirs (mais Adrian, tu avais assez de maisons de vacances, pourquoi ?) Et une pub pour un produit qui nettoie les chiottes : « Les femmes, vous voulez protéger vos enfants ? Protégez votre maison avec le nettoyant pour chiottes ». Soyez une bonne mère, laissez les WC désinfectés. Les filles, on a un pouvoir qui nous dépasse: on peut maintenant parfumer la maison au Fébrèze, et laisser les WC parfaitement propres.
Ca me rend triste triste triste.
La belle et ses Princes presque charmants recommence. On m'avait même pas prévenue! Comment voulez-vous qu'on s'en sorte.

mercredi 23 octobre 2013

Ce qui me déchire le cœur à chaque fois

que je vois des photos de la vie de Boris, sur le blog de sa meuf (parce que sa meuf a un blog, une frange, une grosse tête, comme moi, mais certainement pas une grande gueule de connasse comme la mienne et c’est ce qui change tout), c’est que ce sont les mêmes objets. Les mêmes couverts : j’ai mangé avec, les mêmes assiettes noires, les mêmes chemises : je les ai touchées, la même sculpture du mec sans bras avec des rayures dans la matière, le même chat. Le même blouson noir que j’aimais pas -mais maintenant évidemment tu peux le mettre.
C’est un truc qui me cause une douleur assez insoutenable. Il fait les mêmes choses ; dans les mêmes endroits, avec les mêmes objets. Je sais pas, ça devrait être interdit.
Le pire n’est pas que je ne sois plus là. Non. Ca, ça ira merci. Je m’en suis remise (je sais pas si je m’en remets en fait, depuis tout ce temps; ce qui est dû à quoi; mais putain j’ai du mal à vivre. C'est comme si on m'avait bousculée il y a très longtemps, et que je n'avais jamais retrouvé l'équilibre - oui je sais c'est beau).
Le pire, c’est que j’ai été là, et qu’il n’y a aucune trace de mon passage, et qu’on dirait que vraiment j’ai à peine existé.
C’est une sorte d’expérience de la mort : tout continue à être exactement pareil, sauf que je ne suis plus là. Et bah merci, tiens. Je vais aller faire ma crise d’angoisse dans mon coin.
Je rigole (je suis hilarante).  

mardi 8 octobre 2013

Je ne sais pas trop quoi en faire, mais j'ai la Haine. Je l'ai depuis que j'ai quinze ans à peu près.
 Allez, je la garde.

dimanche 6 octobre 2013

Article intitulé les profs de français sont des connasses

Quand j’ai demandé le vidéoprojo puis où était la salle de théâtre à une seule et même professeur de français, c’en a été trop pour elle. Trop de contact, elle a fait une overdose. Elle va vivre en recluse avec sa flûte à bec, deux-trois semaines. Elle m’a demandé d’ « arrêter de la solliciter », qu’elle n’était pas là pour me « cornaquer ». Déjà je ne savais pas que le mot existait -en fait elle me disait dégage, mais en bourgeois. Ensuite c’est une bête ou un humain, la meuf ? Je lui ai dit « j’espère que tu me pardonneras de t’avoir importunée », ce qui dans ma bouche de malpolie -malpolie de père en fille depuis 1998- , est ironique; ca clignotait. Elle me répond « pas de souci ». Elle me pardonne donc. Dans sa grande mansuétude. De connasse (j’aime bien l’ironie, mais les insultes aussi ; l’une ne va pas sans les autres). 
 En ce moment je suis de mauvaise humeur (comme Djami, entre huit heures et midi -fallait pas la réveiller). J'ai vanné Marco et Julie toute la soirée hier, ils ont failli me jeter par la fenêtre (mais je sais bien que Julie adore ça). Donc, sinon, ça se passe comment les rapports entre les humains dans ce collège? Avant toute chose, où sont les humains? Que j'aille m'intégrer à leur écosystème.