dimanche 2 août 2015

Toutes les soirées finissent pareil. J'etais à une mini hellfest dans le 77 (oui, je sais; Shap, des groupes de métal, des écarteurs, un feu païen, un mec qui fait de la méditation) et la soirée a fini à gueuler "j'ai encore rêvé d'elle" et "les lacs du Connemara". Franchement les gars, c'est bien la peine de s'habiller en noir, d'avoir des tatouages et d'écouter Trent Reznor ("je rêve aussi"). Vous n'avez plus de race après deux heures du matin ("j'ai mal dormi"). 
Vous savez quoi, vous allez tous arrêter de me faire chier, et je vais tenir sur mes jambes.

samedi 9 mai 2015

J'ai changé d'avis sur Houellebecq.

Vous savez ce que je pense? Il veut que quelqu'un absorbe sa mélancolie et l'aime infiniment, il veut recevoir tout l'amour du monde et qu'on le rende viable, ne rien donner en retour. Jusque là rien n'a changé, je pense toujours la même chose.
Le problème (demandez moi, si quelque chose vous tracasse), c'est qu'il croit que le fond de l'homme correspond à la douleur. Qu'une fois qu'on a tout compris (ce qu'on attend ne sera jamais aussi bien que ce qu'on imagine; l'amour s'arrête à un moment donné, et on ne s'en remet jamais, amputé à vie d'une partie de notre être; la vie est absurde, vaine et une longue souffrance), on est bon pour boire du vin pour faire passer le Lexomil, se retirer des relations humaines et attendre que ça passe en perdant ses cheveux, ses muscles et son cartilage (hé, Michou, t'as le SIDA ou quoi?).

Depuis quelques temps, je ne ressens plus que cet abattement est définitif, je sens qu'il se goure. Premièrement le fond de l'homme est la souffrance, oui, une fois qu'il est débarrassé de la survie et d'une vie si cadrée qu'il n'a pas d'espace pour penser. Quand on commence à penser aux questions existentielles, ca nous attrape les boyaux et ca les serre très fort. Cependant, il y a quelque chose à construire par dessus, quand même. C'est ça, la vie.
Houellebecq n'est pas viable, comme être humain, non pas parce qu'il ressent la souffrance. On ressent tous cette souffrance (même s'il croit avoir l'hégémonie). Mais parce qu'il n'a pas l'énergie de construire dessus. Ca manque de pêche, d'espoir et de confiance. Vous savez quoi? Le mec manque de méthodes pédagogiques. Il est né pessimiste et sans savoir qu'il y a matière à évolutions si on sait travailler. Aimer les gens, c'est évoluer avec eux. C'est pas pomper leur sève Michou. Espèce de boloss (il m'a énervée là, laissez).

Il n'a rien à donner et c'est un petit oiseau chétif et grelottant. Je ne suis plus d'accord pour calibrer l'humanité sur ce paradigme.

mercredi 8 avril 2015

Viser la lune, ça ne me fait pas peur

Vous savez ce que j'apprends? J'apprends à prendre des râteaux. C'est un déclencheur de mon angoisse, que j'arrive désormais à gérer sans trembloter pendant trois mois en prenant du Lexomil et en allant chez Mélanie (parce que quand je suis angoissée, je termine, d'une façon ou d'une autre chez Mélanie; ou chez mes parents).
 Sinon, je découvre aussi le sexe tantrique, mais ça n'a rien à voir.
Le mercredi en début d'après-midi, il n'y a plus personne dans le collège de Vincennes. Il reste la gardienne, les profs de sport, et moi, quelques fois (je découpe des trucs pour créer d'autres trucs). La gardienne se fait plaiz': Aïcha, de Khaled, à fond dans les hauts parleurs des salles, des couloirs et de la cour.
C'est le Badaboum, dans le collège. C'est la Bellevilloise et la Concrete les mecs; sortez les sweats gris et les baskets en toile.

samedi 28 mars 2015

Je regarde un Rohmer à Dreux, et c'est mon père qui me l'a conseillé. Scène d'un univers parallèle (mais c'est exactement pour cette raison que j'ai une confiance indéfectible en l'humanité).

Faudra se serrer. Comme une foret vierge, faudra se mêler, nos lianes infinies.

J'avais oublié mes habitudes d'écriture. Il me fallait une chanson à écouter en boucle, qui me mettait dans une sorte de transe. Il fallait que j'aie à la fois envie de la hurler à pleins poumons et d'entrer dedans, comme on entrerait dans la mer. J'étais dans un état de bien être et de bonheur intenses, et tout ca émergeait de moi. C'est exactement à cet instant que je devais écrire.

mercredi 25 mars 2015

Samedi, on est allées à la Concrete. Pour faire du détournement de mineur, se sentir vieilles, et écouter une electro version années 90. Une sorte de house avec une voix qui hurle derrière, comme dans "This Is the rythm of the night". 
Les gamins sont habillés en sweat gris à fleurs et petites baskets de toile de la halle aux chaussures de Dreux quand j'avais 8 ans. Normal. 
C'est la MD, ca. Ca corrompt le goût esthétique. Ou c'est Vincent de Secret Story qui a lancé la mode, je sais pas.

jeudi 19 mars 2015

J'ai relu mon blog (et j'ai flippé), voilà le résumé de ces dernières années: j'étais jeune et avec Boris, on croyait qu'on était ensemble pour la vie et qu'on élèverait des enfants dans son atelier, on allait au musée le dimanche, on s'est séparés et j'ai erré deux ou trois ans comme une loque, j'ai fait de la philosophie, je suis devenue prof, l'année dernière on est sorties à la Bellevilloise comme des bitches, cet été j'ai pécho JB et c'était bon. Depuis, je suis ruinée par l'angoisse, et je viens de décider que ça allait s'arrêter.

mardi 17 mars 2015

J'ai pas écrit depuis un mois. "Ta psy te conseille de plus écrire sur ton blog, ou alors ca y est, tu t'es trouvé un mec?". Mes lecteurs sont fins, mesurés et diplomates. Comme moi. Il manquait juste: "connasse", pour faire: "tu t'es trouvé un mec, connasse?". 
J'adore. 
Mais j'ai pas de psy, ma biche, j'ai une comportementaliste. Et j'espère que j'ai bientôt fini de la payer.