samedi 24 octobre 2015

Je suis meilleure en cours quand je suis angoissée. Mon système orthosympathique produit de l'adrénaline, je me réveille et je suis déjà sur le pied de guerre. Je suis réactive, j'ai pas envie de quitter l'école, et personne me fait chier, suffit de regarder ma tête le matin.
Coucou angoisse. J'ai des accalmies quand je suis en couple, et il faut bien que je la récupère à un moment. Il faut bien que je la gère. Que je l'endure, et que je la fasse disparaître. Que je me calme définitivement.

L'article anti-daté d'une semaine. Avant que je ne reprenne un rythme humain.

Qu'est ce que je fais les gars. J'ai trop d'énergie et trop d'amour. Il faudrait que le temps soit saturé de défis et d'amour jusqu'à ce que je tombe d'épuisement.
J'en demande encore, et c'est bientôt les vacances. Cette année, en cours chez les cinglés de la cité qui mettent les profs en joue avec un flingue, je suis sollicitée à chaque seconde, mon attention, mon calme, ma diplomatie et ma confiance ; je donne tout ce que j'ai. Je sors tout ce que j'ai. Je dors à 20h, je me recharge et je me lève à 6 heures pour recommencer. Je ne fais rien d'autre. Rien d'autre ne m'intéresse. Quand je dors assez, ça le fait. Quand je ne dors pas, c'est le chaos et je chiale le vendredi soir. Je donne toute ma patate. Et on fait quoi quand ça s'arrête d'un coup pour les vacances?
Je voudrais faire l'amour des jours entiers, m'épuiser au sport. Faut que ça patate, que je me réveille et qu'il se passe quelque chose.  

Aujourd'hui, j'ai deux théories à exposer.

Ensuite vous m'éditerez à la Pléiade et on n'en parlera plus.

Une. Appelée théorie du miroir. Elle concerne l'image que l'on a de nous-mêmes. On peut l'observer à deux occasions: quand on se regarde dans le miroir pour se recoiffer et qu'on prend une tête de beau gosse; et sur les photos qu'on sélectionne de nous sur facebook. Cette tête là n'est pas la notre. Ce n'est pas celle que voient les autres. C'est l'image qu'on projette de nous, elle est toujours plus mince, profonde, mutine que notre visage animé par ses émotions habituelles. On trouve d'ailleurs qu'il est assez grotesque, déformé par les émotions ordinaires.

Deux. Appelée théorie de la tension. Je ne l'ai pas encore résolue, mais le problème est posé. Quel est le point de basculement dans un couple, entre les moments excitants du début, et le moment où on s'engueule, on prend tout mal, on pense que l'autre ne nous aime pas, on n'a plus d'humour. Où tout est tendu. Même situation, autre interlocuteur, on rirait. Mais pas là. On est vexé.  Est-ce que c'est l'attente déçue de l'un, qui le rend tendu comme un string, et les reproches qui éloignent l'autre. Pourtant nous sommes les mêmes. Et ce n'est plus drôle. Alors si on arrive à trouver le moment où ça a commencé à partir en couilles, il y a quelque chose à faire.
Il y a toujours un moment où ça foire. Où on ne se voit plus trop, pourtant on a le temps, où l'autre oublie de répondre aux textos. Et ça fait chier. Ca fait chier, sa mère. C'est exactement là où mon corps recommence à produire de l'adrénaline et mon coeur à battre vite. C'est le moment où tout se tend et mon système orthosympathique s'affole. Aka la crise d'angoisse le soir dans le lit. Je sais tout ce qui se passe dans mon corps, j'ai fait de l'EMDR, j'ai fait de la méditation, mais ça fait toujours autant chier sa mère. C'est vrai que j'ai moins peur. Mais c'est toujours de la torture.
Cette nuit, je suis comme Véronique Sanson sur son piano. Mais sur ma guitare électrique. Parce que j'ai une guitare électrique.

samedi 19 septembre 2015

En ce moment, j'écoute Véronique Sanson et Détroit.
Véronique Sanson, la meuf qui passe son temps à souffrir de la douleur de l'amour, à quatre heures du mat', à son piano (elle attend son mec).

jeudi 17 septembre 2015

Cette année, mon personnage de prof a trop la confiance (c'est comme pour le personnage du blog, c'est un personnage sur mesure auto créé: c'est-à-dire que c'est moi; mais c'est pas moi au complet. C'est moi; mais mis en scène). Mon personnage de prof met des vestes noires, parle fort et grave d'un ton sans réplique, fait des vannes avec une certaine distance -et a des couilles- . On sait c'est qui qui domine.

Phénoménologie de l'esprit (rien que ça)

Est-ce qu'on doit être un pauvre, pauvre homme, pour écrire de bons livres ou de bonnes chansons? Est-ce que la sensibilité extrême implique la souffrance infinie, et l'impossibilité d'être épanoui? Est ce qu'il vaut mieux créer ou vivre? Michou Houellebecq, ou les gens heureux qui n'écrivent pas de livre donc on les connait pas?

Je pense que la création, c'est la survie de celui qui souffre. C'est l'adaptation, le traitement fertile la merde. On est là, c'est la merde, on en fait quelque chose au lieu de crever, pour gérer la difficulté. L'épanouissement complet est un état qui s'exprime dans des liens très stables, efficaces, et agréables avec autrui. Mais nous, qui n'arrivons pas à créer suffisamment de lien, qui n'avons jamais l'impression d'avoir assez de lien, ou qui souffrons beaucoup trop de ces liens, créons des liens avec la matière, l'écriture, la musique, la peinture; c'est entre nous et le monde. C'est en quelque sorte unilatéral, parce que cela élude la difficulté du rapport à autrui; et ça le cherche tout de même, par le biais du medium créé que quelqu'un va lire regarder ou écouter. C'est ce que j'appelle stratégie de survie. C'est une version du lien à autrui, mais biaisée. L'épanoui va droit au but. Le souffreteux passe par un médium, parce que c'est difficile en direct. 

Personnellement, j'ai un instinct qui m'achemine tranquillement vers l'épanouissement, la confiance, et la construction de liens stables et profonds avec autrui (aka être bien dans le monde, désamorcer ce qui me parasite, avoir une famille), et un autre instinct de survie qui date de moi petite fille qui flippe sa mère et vacille au moindre truc; qui ne se remet jamais de sa souffrance, qui pense qu'elle n'arrivera jamais à être bien, et qui veut écrire dans sa chambre. 

Le deuxième instinct, je l'ai depuis toujours; le premier est à ma portée, je sens sa présence, je fournis des efforts pour l'acquérir, et il vous salue (l'autre est dans sa chambre en train de lire Bukowski). 
Tout est une question d'énergie. Avant j'avais de l'énergie pour deux (trois, quatre). Je faisais tenir ce qui ne tenait pas, et avancer ce qui n'avançait pas. J'étais un tank. C'est pour ça que je suis adaptée à l'Education Nationale. Mais maintenant les gars, dans ma vie privée, j'aspire au repos, au calme et à la volupté. J'ai lâché l'affaire. Agrippeuse de morceaux de père en fils depuis 2002, je laisse enfin tomber.

samedi 5 septembre 2015

J'annonce. Dans Secret Story cette année, il y a les sosies de Lana Del Ray, d'Amélie, et d'Ayem. Je vous avais manqué hein. La prochaine fois que je souffre de la douleur de la souffrance, j'écris, je me plains. Pour l'instant, je suis dans le flou, je suis toute floute. C'est déjà pas mal, je suis contente.