jeudi 4 juillet 2019

Cover me with kisses baby/ Cover me with love

Prenez une plage. Pas une plage Marmara avec des transats, et des GO. Prenez une plage vide, d'Italie en avril ou de Normandie en juillet. Bon. Il y a du vent, ca vous cravache la tronche, c'est vide, il fait froid. La marée est basse, ou il n'y a pas de marée (c'est quand même bizarre). 
C'est cette plage là que j'aime, parce que je peux marcher sur le sable mouillé, face au soleil, avec dans mon casque whatever que j'ai envie de chanter (Call me, on the line, you can call me any day or night), et je crie cette chanson pendant que le vent souffle, je souris en même temps, c'est le top de moi-même. 
Ecoutez, je suis retournée voir le Facebook de Boris. Apparemment il prend toujours sa teub en photo, ainsi que celle de ses amis. Mashallah, tout va bien pour lui. 

mercredi 12 juin 2019

Article intitulé de manière provocatrice « Va niquer ta mère, toi, et ton projet de chef de projet »

Hé hé hé, tss, je la connais celle-là. On me l’a déjà faite. Je ne peux pas être en couple avec toi, tu comprends, je n'ai pas le temps pour avoir une vie amoureuse. Mon travail d’ingénieur/ ma recherche de travail/d’appartement/ mon projet d'entreprise/ ma famille/ mon père et ma mère vieillissants m'en empêchent (Hé, les rebeus, il n’y a que vous de coincés avec des parents manipulateurs qui veulent vous faire acheter des 4x4). 

Nique ta race. Ecoute moi bien princesse Sarah des ingénieurs, je n'ai rien à branler. Ça s'arrête là, à l'instant. 

- Mais je suis sur un gros projet… 
- Ouais ouais, moi aussi, oulala j'ai clairement pas le temps de t’écouter. 

Ce qui m'énerve, c’est pas vous (si, c'est vous, ah ah), c'est que je reste. Et je reste et j'attends quelque chose alors que rien a été annoncé. Il n’y aura rien, a été clairement annoncé. Et moi je marchande : « oui, mais j’ai besoin de …. (mettez tous vos besoins de couple dans cette case) », « mais tu sais, on aurait pu… », « tu sais qu'il est possible d’avoir une relation, même au chômage... ». Niveau 5 de la serpillière, alleezz. Ca me semble vraiment la meilleure des choses à faire, de demander à qui ne donne rien. J'ai attendu après JB, j'ai attendu après Shap, j'ai attendu après le gros Chaouki. Mais j'ai attendu qui? J'ai attendu des pauvres types déjà, qui n'avaient rien à donner ensuite: ah ouais beau projet. Ce sentiment d’accomplissement qui ne vient pas, quelle douceur (La psychanalyse m’aura-t-elle délivrée de cette mauvaise habitude ? Vous le saurez dans la suite de ma vie amoureuse).

Article intitulé, c’est à celui qui trouve le plus d’intérêt à son être

Ouaiche ouaiche, bien ou bien. J’arrive avec deux nouvelles théories : la première, je l’ai oubliée pendant que je faisais cours, et elle n’est pas réapparue depuis, la deuxième, c’est sur la différence entre les hommes et les femmes dans le stand up. 

Entre la nonchalance cokée de Chris d’Elia, et la fébrilité-je m’excuse d’exister de Christine Berrou, il se passe quelque chose. C’est pas que Chris d’Elia ait beaucoup plus de choses à dire que Christine Berrou, ou que son propos soit plus pertinent. Il semble d’ailleurs que ce soit l’inverse. Chris d’Elia, au bout du rouleau, mot d’ordre : prenons de la coke, crions sur scène, chions sur le public. Pourquoi pas. Principes philosophiques à l’oeuvre : les humains qui composent le public sont des merdes (il veut tuer l’égo, certes), aimer c’est sortir trop longtemps avec quelqu’un et s’y habituer, la vie est une pute, et autres banalités de dépressif agressif moite (il transpire dans ses cheveux gras). Assez peu de bienfaits pour l’humanité finalement. 
Christine Berrou est militante, je sens qu’elle a sous le pied de la bonté, de l’humilité, qu’elle ose à peine exprimer dans ses textes, et qui n’exsudent pas de son attitude. Ce qu’on voit, enfin ce qu’on entend, c’est une voix entrecoupée de halètements effrayés, de sursauts respiratoires, quelque chose qui sonne comme : « je suis désolée de prendre tout ce temps pour m’exprimer, si j’ai l’air de le regretter, ça passe mieux ? ». C’est-à-dire qu’il serait possible pour elle, de se sentir investie du pouvoir et de l’importance d’être la personne géniale qu’elle est; mais que ça exsude pas de son attitude. On pourrait se dire : ouah, la meuf. Mais non. 

Donc dans le concours du meilleur stand up, on n’est pas sur : qui est le meilleur être humain, parce que ça, Christine Berrou l’emporte haut la main.

Mais, m’interrogeais-je par un temps pluvieux et froid, dans un air bnb doté d’une voûte en pierre dans le sud de l’Italie ; qu’est-ce qui fait que Chris D’Elia arrive sur scène, genre « je vais tous vous baiser bande de putes, je suis métaphoriquement sur une Harley Davidson et je sillonne les routes du stand up en vous disant d’aller tous vous faire enculer du haut de ma confiance sans limite » ; et que Christine Berrou s’excuse de devoir parler d’elle et de végétarisme. Hein. Qu’est ce qui fait que les hommes arrivent avec des clichés, rien à dire de spécial « les arabes, vous êtes des voleurs, blablabli », mais avec une confiance de fils de pute? J’ai une réponse. C’est que leur être est justifié, suffisant pour exister sur la scène. Chris d’Elia arrive avec une sorte de prémisse inconsciente : ce que je dis est assez important/intéressant et je vais le dire tous les soirs sur scène. Mon être, ça vaut le coup, regardez. On est sur : qui arrive avec la plus grosse confiance, c’est à celui qui trouve le plus d’intérêt à son être. 

Ca me fait souffrir, ça me recroqueville intérieurement, de regarder une femme sur scène parler avec une voix de petite fille, une voix à sursauts respiratoires, une voix au souffle saturé dès le premier mot. Venez les filles, nous aussi on a des personnages de stand up à la voix posée, lourde, pleine, au débit lent, ultra lent, parce que le public va écouter avec attention chaque syllabes et chaque anecdote tout à fait banale, écouter la phrase juste pour son phrasé de bâtard. Venez on se contente de deux trois mots par phrases, prononcés lentement, lentement sa mère. Venez, on prend le temps de parler, d’occuper le temps et l’espace comme si la scène était à notre père (enfin, pas au mien, si vous voulez bien).

L’intelligence du propos des filles, leurs analyses sociologiques (le pingouin de Sophie Mounicot, le lion de Iliza Schlesinger). En parallèle, les personnages de filles dans le stand up ont une image tellement merdique: elles sont périmées pour la séduction, trop vieilles, trop grosses, trop ceci, trop cela, larguées, trompées, délaissées, en demande, en manque, célibataires, esseulées, en galère. 

Les filles, vous voulez pas entrer sur scène, et raconter si peu de vous, que vous passez pour un petit con misanthrope qui insulte l’univers pour s’amuser ? Un sale con qu’on a envie d’entourer et d’aimer, parce que c’est mignon d’être un sale con misanthrope, au fond ? Avec des cheveux gras, ou une propension à fumer de la weed jusqu’à ressembler à un toxico ? Quelqu’un qui n’a pas besoin de relation, okay, ça suffit les mecs de toujours chercher notre attention et des discussions. Merde, on s’en fout de vous !

mercredi 20 mars 2019

Bon, alors j'ai une nouvelle thérapeute depuis un mois, elle est intelligente, elle est professionnelle, et je commence enfin à guérir profondément et méticuleusement. C'est d'une limpidité étonnante.

Ah ouais, je me galère depuis 2008 avec une anxiété chronique qui me donnait envie d'arrêter le game, et c'est en 2019 que je trouve le moyen de me soigner bien comme il faut?

Très bien. On dira pas que je suis pas patiente après ça. 

J'arrive dans la vie normale sans les horreurs que j'ai portées toute ma vie, croyez bien que ça va dépoter, I am free as a bird. I am légère comme une plume. 

mardi 19 mars 2019

Dans le film de Lucas Belvaux, Pas son genre, Emilie Dequenne se barre.

Elle sort avec un prof de philo, qui est là : bon, il est là, c’est pas de la folie furieuse. Il la côtoie. Point. Elle le sent, il y a cet écart entre eux. Elle, elle se donne, elle admire, c’est quelque chose de profond et perçant à la fois, elle a cet élan vers le prof de philo rachitique, (franchement, c’était pas la peine de te la péter, tu as juste eu ton CAPES et tu pèses cinquante kilos), et puis l’autre en face a légèrement honte de sa meuf (elle est coiffeuse, la pauvresse), il est mi-là, mi-j’ai rien de mieux à faire mais c’est sympathoche. Tout le film se déroule. Et à la fin, la pauvresse, qui recèle une force surhumaine, se décide. Elle se barre. C’est pas juste qu’elle le quitte. Elle ne dit rien du tout, il n’y a rien à dire finalement. Ca aurait pu donner :

- Ecoute, je voulais te parler, je sens que je t’aime, et en face, je ne ressens pas la même intensité. Il y a quelque chose qui cloche.
- Blablablabla je prends une tangente en ne te laissant pas non plus cesser d’espérer, restons là comme ça, je ne sais pas, tu sais je suis occupé, gnagnagna. 

Mais c'eût été inutile. Elle a bien compris. Elle a tout compris depuis le début, pas la peine de chouiner, de faire les allers-retours des séparations qui s'éternisent. Alors elle tranche, et c’est une frappe chirurgicale. Le rachitique vient la chercher à la sortie du travail : elle ne travaille pas ce jour là, d’ailleurs elle ne reviendra pas, elle a quitté son travail. Il se rend à son appartement, ouvre la porte : l’appartement est vide. Elle a pris meubles et enfant et pouf. Plus personne. On ne saura même pas où elle est passée, on ne la reverra plus du film. Et voilà ! Ca c’est du bon boulot, bitch ! La certitude, la détermination, la puissance. 

lundi 25 février 2019

Quand j'y pense, j'ai beaucoup résisté.

 J'étais là à lutter, à chercher de la joie, de l'énergie, pour compenser l'état d'érosion perpétuel dans lequel j'ai été élevée (c'est un puits sans fond, mon père est un virtuose: "il a voulu vous abattre" m'a-t-ont dit un jour. Eh bien c'est raté, mais il reste mille morceaux parfois.) Donc je savais pas, mais à l'époque, je tenais le bon bout. Je luttais bien (là j'ai un gros coup de mou depuis Noël, j'écoute les Forbans, on va voir si leurs sautillements vont raviver ma flamme). Et mes mecs: une bonne brochette de Mylène Farmer que je choisissais à l'amicale de Benjamin Biolay. 

 - Marine, tu es du côté de la vie. Moi celui de la mort. On n'est pas sur la même longueur d'onde.
 -Qu'est-ce que tu racontes JB? Tu fais de la permaculture; c'est la mort ça?  

 - Marine, arrête d'écouter tes musiques nulles et de danser. Je te vois joyeuse là. Viens on glisse comme des serpents virils entre les pièces de l'appart, et on peint des tableaux de personnages transpercés et découpés. 

- Marine, après toi, j'ai trouvé quelqu'un d'aussi noir et pessimiste que moi. Je suis enfin heureux. Enfin si on peut appeler ainsi cette lente agonie qu'est la vie, car nous nous acheminons vers le chaos, la guerre civile est à nos portes vois-tu. 

J'ai rien vu. J'étais là : "Quoi? Ils sont intelligents je vous signale". Oui oui oui. 

samedi 2 février 2019

Merci pour les intrigues dans Elementary, les gars, mais ça commence à devenir freestyle. Le meurtrier avait un dentier, qui avait servi de modèle à plusieurs autres dentiers frauduleux. Qui est donc le meurtrier qui a laissé des traces de morsure, parmi tous les suspects? On est sur un délire là. Appelez-moi pendant les séances d’écriture, j’ai envie de voir ça. Moi aussi je veux rigoler.

dimanche 30 décembre 2018

Alors, on est d'accord que le nouveau look pointu, c'est exactement Demi Moore dans Ghost? (Ne vous inquiétez pas, on suit la mode ensemble, pas à pas)

Alors voilà on retombe dessus.

 Je pourrais toujours avoir un harem. Ça c'est bon. C'est tout à fait possible, ça demande un minimum d'organisation. C'est en attente de réalisation, j'ai même pas besoin d'y travailler, c'est avec tous les anciens mecs cools que j'ai eus, ils sont là, ils sont chauds. Ah ca c'est possible. Et ca serait du sexe respectueux et bien fait, et puis des soirées sympas à discuter.
 Et bien je vais me plaindre. Je m'inscris en faux. Le sceau de l'infamie retombe sur cette vision de mon futur. Non non non! A la collection! Non non non! Au harem des mignons! 
Alors si c'est pour avoir un mec sympa, beau gosse, respectueux, avec qui faire du sexe, y'a du monde! Et si c'est pour tomber amoureuse et amoureux et ressentir autre chose que « c'était bien sympa», là y'a personne! Or, c'est là que doit se faire la livraison. On a besoin de réassort juste ici. Veuillez amener les camions dans cette direction, et vous garer sur l'emplacement prévu à cet effet.