mardi 27 septembre 2022

Parfois j'ai l'impression d'être une féministe en plein milieu des années 70, pour ce qui est de la protection de l'enfance.

On a plus ou moins compris ce qu'il ne faut pas faire aux femmes, dans l'idée, on se demande si une relation n'est pas toxique nanani nanana, mais alors la relation parents-enfants, c'est un délire d'impunité et de loyauté. Un dé-lire. Il n'y a rien qui va, dans une société complètement dans son jus de la violence faite aux enfants.

Le concept du continuum des maltraitances, everywhere, l'idée qu'il faudrait interroger la violence dans chacune de nos familles, et la stopper lorsqu'elle a lieu autour de nous, ça plaît pas du tout (ça agace, ça devient hostile, ça minimise, ça ignore, ça dit c'est bon, c'est pas grave, tu exagères, tu prends ça trop à cœur, ou oui, j'ai bien vu, mais c'est pas mon problème, j'ai ma vie à mener). 

A force d'écouter les gens à côté de la plaque x 1000, j'ai fait le bingo des violences faites aux enfants (voir figure 2), un peu comme le bingo des accusés de viol qui est sorti au printemps (voir figure 1). 

Je ne vois qu'une solution. Je vais le mettre sur instagram et devenir influenceuse droits de l'enfants. 

                                                      Figure 1



Figure 2


mardi 16 août 2022

Vous savez de quoi on a besoin?

On a besoin d'une série sur une meuf qui sort de l'hétérosexualité (et par là, je fais référence au cistème, défini "à nouveaux frais", comme on disait à Paris 1, par Juliet Drouard dans Sortir de l'hétérosexualité). Une série sur une meuf qui sort de cette habitude (résignée, dans le déni ou la résistance, ou ce que vous voulez, mais c'est pas dans l'épanouissement) de vivre des relations dissymétriques, où les mecs ne sont pas à la hauteur de la qualité de ce que nous donnons émotionnellement, pas  la hauteur en terme de partage des tâches, d'orga, de violences produites, et de tout ce qui existe. La meuf s'en rend compte, se barre de la relation, et s'achemine jusqu'à la sortie de l'hétérosexualité. 

Je veux aussi dans cette série, une meuf qui bataille avec les enjeux de santé mentale, qui est lucide, déterminée à améliorer sa santé mentale (en fait je veux bien une toute autre version de la série de Blanche Gardin, sans cet horrible carcan bourgeois qui empêche d'accéder à l'intériorité, et qui rend zinzin, appelé: "j'ai rien du tout, je vais bien"/"tu n'as rien, regarde les autres, c'est pire"/"okay, bon bah j'ai des bouffées délirantes dans mon coin").

Je veux des groupes de parole de meufs qui discutent de ce qui les (pré)occupe vraiment, des collectifs d'activistes, et des colocs féministes où les femmes se regroupent pour élever leurs enfants. Franchement, les séries autour de hommes c'est bien, mais moi j'en ai rien à bip, je veux voir des meufs, je veux voir ma vie représentée. 

Cordialement, 

Marine

dimanche 7 novembre 2021

J'ai plusieurs choses à dire (comme d'hab).

Premièrement, vous êtes excessivement mignons, à m'envoyer des mails sur mon adresse de 2003 pour manifester votre soutien et votre compréhension fine de mes process mentaux. Vous êtes super (vous êtes des psychanalystes).

Deuxièmement, je suis en joie profonde devant Allumer le feu par la Star ac 5. C'est toujours aussi bien après l'avoir rembobiné et remis sur Salto 25 fois, c'est fou.  

Troisièmement, j'en chie de ouf. Mais parfois, j'imagine que je vais atteindre un état de totale assurance, d'expansion. D'épanouissement, (j'imagine que quand je serai guérie, je pourrai enfin m'épanouir, au lieu de me sentir comme un soldat à deux doigt de crever salement, sur le champ de bataille, et qui erre, et qui cherche l'infirmerie -y'a plus de combat, le champ de bataille est fumant et désert, et y'a pas d'infirmerie - à vous, les psychanalystes- en vrai, je sais très bien ce que ça veut dire) de grande confiance en moi et de grand rayonnement maternant. J'imagine aussi qu'on sera peinards avec mes enfants, j'aurai une force et un calme intérieur que j'ai vus chez les meilleurs éducateurs. Tranquille, facile.

J'ai pas fini d'écrire, je reviens (je vais au yoga).  

mercredi 22 septembre 2021

 J'ai passé un été de fou malade horrible. Je n'ai pas dormi la nuit, je me suis contentée de marcher de long en large dans l'appart, ou dans la rue pour essayer de respirer, ou de trembloter dans le lit de froid et de peur. Ca a duré vraiment très longtemps. J'ai clairement pensé à me suicider, demander à aller dans un hôpital, ou retourner chez mes parents (que des bonnes idées); et j'ai fait deux oedèmes de Quincke. En plus on m'a fait des points de suture pour me retirer un grain de beauté. Qui supporterait ça, qui. 

On est sur un bien bel été. La douleur des crises de mon psychotrauma est vraiment trop forte. Ca fait bien quatorze ans que je lutte fièrement sans drogue et sans me suicider. Je me tiens en dehors des statistiques. Franchement déjà bsartek. Mais je suis bla-sée résignée. Ma vie, c'est ça. Je donne toujours mon max, je bosse dessus, je cherche des soins adaptés, j'y passe mes journées, et je n'ai pas vraiment sauvé ma vie encore. 

Si (quand) je guéris, je fais le tour de Concorde torse nue, la nuit (j'avais déjà dit ça à Marco pour son agreg de philo, et il a eu l'agreg; mais apparemment quelqu'un a oublié d'honorer sa parole), et je fais des enfants.  

Il faudrait faire une thèse sur ma tronche.

Plus j'avance dans le psychotrauma, plus je suis souple au yoga. Sans faire de yoga. Alors là, je ne fais rien, ma gueule. Je suis là, je fais un pigeon tous les mois, et je suis d'une souplesse vraiment sexy délicate (n'aie pas la haine, c'est pas la peine). 

mercredi 16 juin 2021

"Si je t'ai fait du mal, je m'en excuse".

La phrase de gros porc qui pratique le gaslighting en compétition internationale du patriarcat de boomer de mes fesses. La phrase de violeur avant l'enquête. La phrase de Mujdat. Allez dé-ga-gez. 

vendredi 4 juin 2021

On parle de SSPT, mais on ne parle pas du drame.

Je me suis coupé les cheveux en novembre, en dessous des oreilles, parce que j'ai cru que ça m'irait bien. Déjà pourquoi. Ensuite, je n'avais pas du tout la gueule d'Agathe Auproux. (Instagram c'est pas une bonne idée. A part qu'il y a toute la téléréalité dessus. Comment savoir si Léana sort encore avec Abou sinon? Je vous le demande. Vous n'avez pas la solution, hein. Ca critique, mais pour savoir si Léana sort encore avec Abou, là, y'a plus personne).

Wouhouh! Qui est-ce qui revient et qui écoute des chansons en repeat à l'infini en ayant envie d'écrire des articles?

En ce moment, 90% de mon activité mentale en jour de congé, c'est le stress post traumatique. Une sorte de grosse boule comme un orage électrique, de sensations floues et horribles, la destruction, la proximité de la mort et la terreur absolue, qui vont et qui viennent plus ou moins intensément. Parfois, je ne vois rien d'autre, je suis coincée dedans. Floues et horribles, c'est super sympa comme sensations. La psy m'a diagnostiqué des épisodes dépressifs, que j'aurais depuis une dizaine d'année. Ce qui est bien avec moi, c'est que j'ai droit au top des diagnostics et des soins. Dix ans après. Ca va. Parfois, je me demande comment je tenais avant. 

- Et ça viendrait d'où, Océane?

- Oh, bah, l'enfance, les maltraitances, tout ça, hein. Comme d'habitude.  

Ca n'avait pas l'air de l'inquiéter. 

samedi 22 mai 2021

- Blablabla

 souvenirs de maltraitance, négligence, danger, vulnérabilité, sensations horribles, destructuration, souffrance.

- Voyez le bon côté, vous avez survécu. Vous devez maintenant choisir le côté de la vie! 

Sérieusement, Océane? C'est ça tes compétences en psychotraumatologie? 

Non, en vrai avec cette thérapie (j'en suis juste à trois psy), je continue à me guérir petit à petit. Mais parfois la meuf a des réflexes "only god can judge me", "carpe diem", mon cul tatoué sur ton avant bras, "choisissez la vie".

- Didou, regarde

 je n'ai plus d'eczéma sur les seins. Est-ce que tu crois qu'à chaque fois que je débloque quelque chose en thérapie, ça sort, ça sort, et puis ensuite ça va mieux? 

- Alors. Je ne sais pas si tu te rappelles, mais moi j'ai fait un Bac Pro systèmes électroniques et numériques. 

- Donc, tu dis oui ou non?