dimanche 29 janvier 2017

Il y a une puissance qui émane de moi

(je me sens comme un personnage de Dragon Ball Z entouré d’une boule de feu, vous voyez ? et sinon, vous les voyez mes références littéraires ?), quand je porte des bagues et des montres pour homme, une chemise et des baskets, quand je marche dans la rue avec mon casque, quand je regarde mes élèves entrer dans ma classe, quand ils me saluent dans les couloirs et m’appellent « madame » avec joie, respect et reconnaissance, quand je sens que je gère quelque chose qui effraie tous les autres profs (« laissez-moi passer, je m’occupe de Fanta »). Je sens que je participe à une puissance globale avec la FIWB quand on joue, quand on crie tous ensemble, autour d’une table ; avec mes élèves, quand on réfléchit tous ensemble et que je suis adossée au mur, que je creuse leurs réflexions de mes questions, et prends des notes au tableau façon carte mentale. Je me sens heureuse quand je danse à une soirée, ou dans un cours de danse, quand je chante sur de la musique à fond dans ma cuisine quand la maison est vide, quand les autres ont de la répartie, quand on rigole comme des perdues avec Debarbiche, quand Lucile fait des vannes sarcastiques, quand je constate que vous me connaissez bien, que vous avez reconnu ce qu’il y a en moi, et que moi aussi je vous vois les mecs, je suis heureuse quand je vois l’intelligence et la vanne au travail. Ca c’est l’état pétillant, mais il y a aussi l’état heureux méditant, un peu comme une enveloppe plus douce et plus calme.

J'ai élaboré beaucoup de théories ces derniers temps.

La première, c’est celle des ingrédients pour une relation épanouie. Je l’ai élaborée dans mon lit, la tête sur l’épaule de Chaouki justement, en parlant avec les mains. 1. Il y a donc cet amour pur et total, qui correspond à une joie assez complète juste parce que la tête de l’autre nous revient, ça, oui ; 2. il y a aussi avoir réglé tous ses parasites internes, s’être regardé avec lucidité, avoir cerné tout ce qui pique et être capable d’engager un lien avec autrui sans trop de turbulences liées à nos propres dysfonctionnements, 3. il y a enfin, être capable d’ajuster à l’infini la relation, pouvoir faire preuve de bienveillance et de compréhension face à tout ce qui se présente, construire quelque chose, de l’ordre de la confiance, de la complicité, à partir de chaque évènement (un évènement comme un braquage de banque par exemple). Je rajoute 4. une certaine co-incidence entre les modes de fonctionnement, les goûts etc.

La deuxième c’est la théorie du seuil de confiance. Attablée dans une ancienne usine de Montreuil transformée en club de bobo, on était avec les filles, en plein milieu d’un épisode de Sex and The City.

- Je pourrais ressentir un plaisir intense à être célibataire, si seulement j’étais sûre qu’à un moment j’allais de façon sûre et certaine, rencontrer un amour vraiment fort. Que le célibat n’était qu’une période, pas un état perpétuel.
- Parfois, j’en une confiance absolue en cette rencontre, et parfois je suis à moins huit mille. Donc ma joie d’être célibataire oscille. Parce que l’idée de passer toute ma vie célibataire est plutôt effrayante, et ça devient difficile d’apprécier chaque moment.
- Moi j’ai confiance à 60-70 % maximum.
- Moi j’ai confiance à 20 %.
- Mais si on me disait qu’à 34 ans je serais en couple avec des enfants, je profiterais de chaque seconde qui m’est impartie, en ce moment.

On faisait des statistiques quoi. En écrivant ça, je tombe des nues, parce que je ne comprends pas pourquoi, un, je ne pourrais pas profiter de chaque instant et pourquoi je me laisse influencer par une crainte imaginaire qui me braque avec un flingue, deux, pourquoi j’ai besoin d’être rassurée sur la venue d’une relation stable. Je peux continuer à mener ma vie d’une main de maitre comme je le fais, à sélectionner un environnement stable, compréhensif, joyeux et intelligent, à être heureuse chaque jour et ça ira. Il y a plein d’amour autour de moi, des hommes qui m’aiment, et s’il n’y a pas de relation aboutie, il y a de l’amour. Pour la stabilité et la compréhension au quotidien, je peux la construire. C’est moi qui choisis ce dont je veux m’entourer.

Premièrement, je vais quitter cette coloc de cons irrespectueux– je ne vous en ai jamais parlé de ma coloc, mais c’est tout un gag, une trilogie, la suprématie des sales gosses de riches- pour créer une coloc à la déco minimaliste et douce avec des gens intelligents et respectueux, aka mes amis. Ma maison actuelle est super, mais l’ambiance n’a rien de respectueux, et j’ai mis du temps à accepter l’idée de partir. Parce que la maison fait 150 m2 avec une véranda et un jardin, parce que parfois c’est mon ter-ter, et parfois je me sens mise dehors. Et que j’avais peur de ne pas trouver mieux.

A cette soirée, nous avons défini ce qu’être célibataire, et ce n’est pas l’abstinence ; c’est profiter d’une attirance et d’une connivence avec les gens qu’on rencontre, c’est une sorte d’amour mais c’en est un qui ne réunit pas les conditions ci-dessus un deux et trois à la fois , plutôt juste la une ; nous avons également défini ce qu’est un rapport sexuel.

Mon cerveau était heureux, exactement à sa place à pinailler réfléchir comme ça. La troisième théorie, c’est celle qui définit les éléments constitutifs d’un bon enseignement. Mais là je l’exposerai une autre fois.

En ce moment, je réfléchis beaucoup au concept de l'amour pur et total.

Ce serait l’amour débarrassé des mauvaises raisons, de la peur de ne pas plaire, de la peur de dormir seul, de finir seul, la peur d’enchaîner des relations, et de ne pas en avoir une pour toute la vie. L’amour pur et total, ce n’est pas celui dicté par l’envie seule de fonder un foyer, ni l’envie pressante d’aimer quelqu’un. Ce n’est pas l’amour pour le confort psychologique, ce n’est pas celui qui comble notre terreur d’être seul et abandonné. Ce n’est pas qu’il accepte de prendre la place vide (justement on cherchait quelqu’un). C’est qu’on a la chance de s’avoir, vu le level d’amusement atteint. C’est l’amour fondé sur une pure admiration, une pure joie toujours renouvelée d’être en présence de l’autre.
C’est l’amour que je pouvais avoir pour Chaouki, quand je le vois débarquer avec sa tête et sa barbe, je sais que j’ai envie de lui sauter dessus en riant, et de lui faire des bisous sur le visage, je sais que j’ai toujours envie de lui, l’aprèm, le matin, le soir, de le vanner, je sais que je l’ai trouvé immédiatement beau dans son survêt Gap gris à la sortie de la piscine de Vincennes, et ce malgré tout sens commun, je sais que j’admire qui il est, je vois tout, même ce qui n’est pas reluisant, je sais que je serais opé pour l’accompagner dans n’importe quoi. Je sais que je n’aurais envie de personne d’autre, que j’aurais un sentiment de satisfaction intense.

vendredi 27 janvier 2017

Je parle comme mon père. Enfin, il y a les accents de sa voix qui traînent derrière la mienne. Ca donne quelque chose d'abrupt, d'agressif, avec des grossièretés. Avec un léger accent de l'usine des années 80 (et ça sent la clope, le métal et le cuir). Parfois j’entends mes petites collègues, en talons, hyper maquillées, hyper sapées, et je crois qu’à force de me côtoyer, il s’opère de légers changements au niveau de leur vocabulaire.

- Il est complètement con.
- Il va pas nous casser les couilles.
- C’est une pédale, c’est tout.

Les filles. On est dans la merde.

mardi 17 janvier 2017

Juuuuuuuuuuure que le mec qui était blogstar avec moi sur skyblog mais qui écrivait moins bien que moi (il faisait des fautes, et il faisait semblant d'avoir le flow de Sinik) et avec lequel on était amoureux sur MSN mais quand on s’est vus à Dreux il m’a trouvée trop grosse donc on ne s’est plus parlé, passe au Jamel Comedy Club maintenant. Jure que c’est vrai.

Hé mais à ce compte là, je peux faire du stand up.  

dimanche 1 janvier 2017

jeudi 22 décembre 2016

« Une grosse voiture et une grosse queue, c’est ça que tu veux » Booba. Bé deux zo bé ah. Mais comment as-tu deviné le dessein secret enfoui en chaque femme, Booba ? Des années pour le cacher, et toi en une rime, boum. Tu nous démasques.

Le résultat de mes dernières rencontres :

je crois que les hommes veulent m’impressionner. En me racontant chacun des voyages effectués durant leur vie, les gens connus qu’ils côtoient, quand je parlais au médecin de Teddy Riner, quand j’étais à une soirée avec Pierre-Emmanuel Barré, leurs délires si drôles avec leurs amis. Soit c’est ça, soit ils ont des actions chez Go voyage. Je ne vois pas d’autre explication. Deuxième résultat : le mec avait un tatouage de femme étranglée, sur le torse. Il était content. Naturellement, je lui ai demandé un second rendez-vous. Au commissariat.

Article intitulé:

De la légère différence entre un cours de gym suédoise à Vincennes où les femmes sont toutes rigides et effrayées, et un cours de dancehall à Ivry où les meufs sont des danseuses pro ou quoi, aussi à l’aise que dans un clip de Sean Paul. La confiance.

Alors maintenant je chante dans la rue.

Comme le mec de Dreux, grand, maigre, qui portait un vieux casque aux arceaux en métal, avec des embouts en mousse. Le mec fou qui agitait un seul doigt à côté de sa tête pour battre le rythme, et qui chantait à haute voix dans la rue. Je chante à haute voix dans la rue moi aussi. Principalement la nuit, quand il n’y a plus personne et que je rentre, et quelques fois en plein jour. Parfois je me sens tellement bien, je regarde juste le ciel en sortant du RER, ou avant de traverser la rue. Et je m’en bats la race qu’on m’entende, j’ai envie de chanter. Il y a toute cette énergie qui sort de moi.