lundi 2 juillet 2018

Okay, ça y est, ma vie c’est vraiment Sex and the city.

Des rendez-vous, des débuts de relation tous plus scabreux les uns que les autres. Celui qui ose me dire « Shut the fuck up », je (ne) vous passe (pas) celui qui décrit les gros seins de la copine cinquantenaire de sa mère chez qui il monte un lit ikea, celui qui pense être fou amoureux, mais dont la condition est de me voir seulement une fois tous les quinze jours (justement, c’est exactement le bon timing pour des rendez-vous où je te dis d’aller niquer ta mère), je ne vous passe pas non plus celui qui m’a demandé de me faire des couettes et de m’asseoir sur ses genoux, celui qui veut continuer à me voir même s'il a une meuf depuis un an.

Approchez approchez, le festival du n’importe quoi continue. On est sur du festival à l’année, c’est pas du saisonnier.

Mon avis modéré sur les plans culs,

 autrement intitulé, « tu veux bien qu’on profite de notre alchimie physique, sans être en couple ? », ou doucement renommé « Oh oui, j’en ai autant envie que de me pendre ».  
Il y a toujours d’anciennes relations, de toutes nouvelles relations, dans lesquelles on sait qu’il n’y a pas/plus de lien d’amour, mais l’autre voudrait bien un lien quand même, parfois comme ça, à la dérobade. A la débandade. A la va que je te pousse. 
La réponse de notre ami Benjamin, le gars qui gère absolument tout de A à Z, ne vous inquiétez pas, tout est tranquillement sous contrôle, le gars est parfaitement sain d’esprit :
-Je décline l’offre, car il apparait qu’à la fin, je ressentirai une certaine souffrance, que je préfère éviter. Ainsi je me protège et te souhaite bonne continuation.

Moi, maintenant, je commence comme Benjamin mais au bout de trois quatre relances, je finis comme ça :
- Tu oses demander ça, sale chien de la casse ? Tu crois qu’on peut se servir des gens ? Tu sais ce que je pense des plans culs ? C’est un truc de paumés, des gens incapables de sentiments humains, c’est en deçà de l’humanité, c’est la crasse, c’est la lie de l’humanité, et franchement j’ai même pas envie de te parler, on est à la limite du sociopathe, j’ai pas envie de finir comme toi. Je te vomis.

Il y a un petit progrès. On est sur de l’esquive bien plus efficace de ce qui causera une douleur (car on n’est pas aimé comme un être humain entier dans le plan cul. C’est ça qui cause une douleur). On est sur du progrès, parce que deux ans après notre « rupture » (a-t-on véritablement été ensemble ? Non selon la police, peut-être sincèrement une semaine maximum, selon les manifestants), Chaouki m’envoyait encore des « tu es où ? », et je répondais en stoppant toute activité, donnant mes coordonnées GPS, et en l’attendant sur le lit, un cocktail de fruits frais à la main. Evidemment, que pouvait-il arriver d’autre (rien), je finissais à pleurer par terre comme une pauvre petite tragédienne, d’une tragédie toute nulle où personne ne meurt à la fin, où juste, je le savais depuis le début, un gros chauve vient deux heures pour niquer à moitié bien, et à moitié selon le concept de coercition progressive que vous pouvez trouver sur ce site :
https://antisexisme.net/2017/10/27/coercition-graduelle/, et puis repart. Ce gros chauve perfide et luisant du front, le gars dont le cœur est un puits sans fond habité par des goules (Un méchant à inventer dans Toklien ?), qui n’a d’autre mode que le plan cul.

samedi 9 juin 2018

Quand je suis seule, et que je peux rêver, je rêve que je suis dans tes bras (bsartek, Michou Berger), et que c’est à la fois doux léger et tiède. Cette nuit j’ai rêvé que je te tenais la main, dans une immense verrière façon magasin de plantes, et j’inspirais, collée, la tête contre ton torse. Ton tee-shirt sentait la lessive et le frais, j’inspirais, j’étais étonnée que quelque chose de si bon existe tout de go devant moi.

Ma petite fille

Je ne sais plus si c’est vrai, ou si c’est moi qui me l’imagine, mais parfois ma grand-mère disait « ma petite fille ». Parfois, je me parle à moi-même, et ça commence par « ma petite fille ». C’est joyeux, optimiste, comme rassemblant ses forces tièdes et bouillonnantes, comme les yeux semi clos, recevant toute cette confiance, comme certain de la bonté qu’il y a à l’intérieur, comme pris d’une douce fébrilité. Sentir toutes ces forces en moi, reconnues par ce « ma petite fille ». « Ma petite fille », comme un sacré petite, comme un je sais bien que c’est dur, mais tu en as sous le pied et c’est surprenant, comme un tu es une mignonne petite personne que je chéris.

lundi 4 juin 2018

Bribes de désespoir et d'alopécie

Bribes de désespoir: 
- C’est le ramadan là. Je n’ai plus aucun partenaire sexuel. Renoi, rebeu, plus rien. Le vide intersidéral. Alors que je viens de me faire épiler. 
 - Bah ouais, mais ma vieille, c’est ça aussi, faut arrêter le communautarisme sexuel. 
- Putain, cette réplique est géniale. Ca te dérange pas si je la mets dans un article? 
- Non, vas-y, c'est de la littérature collaborative. 

Bribes d'alopécie: 
- Et lui, là, il est pas mal ! 
- Mais Marine, tu ne peux pas aimer tous les chauves ! Aimer tous les chauves, c’est comme aimer tous les blonds ! Ca n’a pas de sens, il y en a des moches ! 
- C’est vrai, dans les blonds, il y a Mickael Vendetta. 
 - Voilà !
- Mais dans les chauves, ça va, je t’assure. 
- Et bah, ils doivent être content de te trouver ! Ils doivent se dire qu’ils ont tiré le gros lot ! Tu es sur une niche écologique, tu sais, tu es seule sur le projet ! Moi aussi, si j’aimais les moches, comme toi, ça serait plus facile.

jeudi 31 mai 2018

Le gars se prend pour Chris Rock

Pour rien au monde, il ne manquerait une vanne. Oualalaradime. Mais on n'est pas dans un stand up, this is real life.

- Tu viens de me dire "Shut the fuck up"? 
- Marine, j'ai pas dit "shut the fuck up", j'ai dit "would you please shut the fuck up". 

Rires enregistrés. Meilleure vanne de la soirée. L'épanorthose de la Terre. Champion de monde. Chute, contre-chute.Le gars le plus relou de l'univers. 

Quand je raconte mes rendez-vous tinder à ma mère, elle soupire d'un air fatigué:

- Qu'est-ce qu'on avait dit? 

On n'avait pas dit qu'on arrêtait tinder. On avait dit que j'arrêtais de chercher un mec, pour voir si ça arrivait plus facilement. On avait dit que je laissais venir. Je laisse venir les rendez-vous tinder. 

samedi 19 mai 2018

Hé, Philippe Jaenada, tu nous soûles avec tes « Anne-Catherine et moi ».

Anne-Catherine et moi on lit des livres dans notre appartement décoré sobrement mais dans une bulle de confort, d’amour et d’évidence, Anne-Catherine et moi on va dans les Pouilles en vacances avec notre fils et le trajet en voiture est une aventure à la fois habituelle et merveilleuse, Anne-Catherine et moi ceci cela, Anne Catherine et moi gnagnagna, à tout bout de page. 
 Mais moi j’ai toujours voulu ça. J’ai toujours voulu « Anne-Catherine et moi », depuis… depuis que j’ai 17 ans. Et quand est-ce que ça va arriver, « Anne Catherine et moi »? Si possible, que ce ne soit pas, Anne-Catherine, si possible que ce soit un gros chauve trapu avec une barbe et que j’aime et qui m’aime (et dont la courbe des yeux fait le tour de mon cœur).
 Philippe Jaenada, je l’ai rencontré par mail quand j’étais adolescente, et que j’avais écrit dans Voici. Il me parlait déjà de sa femme et son fils. C’est bon, on la voit l’existence délectable que tu ne peux t’empêcher de citer encore et encore. Hé, Philippe Jaenada, on se ressemble. On a un peu le même humour, et on veut tous les deux aller dans les Pouilles tous les étés avec Anne-Catherine et Ernest. Je pense qu’on devrait être copains.

Apparemment, c'est pas sympa de disparaître sur Tinder

Ca porte même un nom : « ghoster ». Je te ghoste quand je ne réponds pas à tes messages. Apparemment il faut expliquer pourquoi on arrête de parler. Mais moi, si je vous explique, vous n’allez pas vous en remettre les gars. Ca va faire dissonance cognitive. Ca va vous en foutre une petite. 
 Je ne réponds pas, parce que ta vie a l’air nulle, parce que tu n’as pas l’air d’avoir une once d’intelligence ou de sens de l’humour et que je ne viens pas ici pour rencontrer les mêmes teubés que quand j’étais à Dreux, parce que « tu ne te prends pas la tête », parce que tu m’as écrit « cc », ou « sa va », parce que tu me demandes d’où je viens, ce que je fais dans la vie, si j’ai une voiture, et ce que je cherche sur l’appli (mes lunettes, je les ai perdues mercredi, depuis, pas moyen de mettre la main dessus). Parce que la discussion est plate, tellement plate, quels que soient les bonds que j’essaye de faire, tu m'emmerdes, parce que tu comprends pas quand je vanne et que tu crois que c’est le moment des infos (prends bien des notes, les titres arrivent).

Le zouk, la trap, suite et fin

Enfin je ne vais pas trop m’avancer, disons plutôt : suite et suite. « Je veux que tu me mentes », Lynsha. « C’est dans ma nature », Singuila. « Bébé je sais que tu es un grand séducteur, laisse-moi juste être ton amante », « Bébé, pardonne moi si je te trompe », « Bébé, c’est normal si j’ai une autre meuf », « Bébé, je suis tombée dans tes griffes, comment m’en défaire ? ». « Bébé, j’ai toujours envie de niquer ailleurs, que veux-tu que j’y fasse ? ». 
 La trap c’est traître. La trap c’est bien. On a envie de danser, ça nous prend en dedans. Mais y’en a pas un qui se dévouerait pour écrire des paroles intelligentes/décrivant des rapports sains et aimants au lieu de la lie de l’humanité ? Sinon au pire, j’ai réfléchi, y’a qu’à chanter sur lalala.
Je réfléchissais à ça tout à l’heure. Quand j’ai été violée, c’était pas la première fois que j’ai été contrainte. Et ca n’aura pas été la dernière. Il y a des partenaires qui se révèlent être des personnes répugnantes, qui utilisent l’autre comme un chiffon (enfin, maintenant, je fais un vide phénoménal : « Bonjour, à l’expression qu’affiche ton visage en cet instant, je ne te trouve pas très poli, ca sera tout pour moi, je m‘en vais »). Ce qui a changé, c’est qu’à partir de cette fois là, j’ai décidé qu’on ne faisait pas ça à une personne et que j’allais demander à ce que ce soit reconnu, j’ai décidé que ce serait la dernière, et les fois précédentes se sont illuminées d’un nouvel éclat ; « Ah, mais on m’a contrainte, c’était ça alors que j’aimais pas ! ». La semaine dernière j’ai fait voler le gros Chaouki -même pas capable de faire un plan respectueux, ce gros Chaouki-, un vrai petit vol plané (et il est gros ; mais j’ai de la force) et je l’ai mis dehors simplement. Je me suis sentie très fière, pas victime, pas salie. Mon cerveau a réagi au quart de tour : contrainte (ou plutôt : « Non, jure que tu me contrains ? Tu fais ça, fils de pute ? Mais pas une seconde »), je te repousse, tu dégages, le gars est répugnant, moi je suis tout à fait mignonne et j’ai le sens du respect d’autrui et des lois. C’est simple, je te reverrai jamais, et si tu croises ma route, je t’en mettrai une. 
 Ce qui a changé, c’est qu’après avoir tout traversé, m’être rendue compte que c’est un crime, avoir eu envie de vomir, constater que la justice c’est du folklore de beauf surréaliste, du côté du criminel pour les procédures, j’ai compris que c’est moi qui me défends, que les autres sont potentiellement des oufs, et que c’est moi qui mets les limites, que personne d’autre ne me protège. Si jamais il se passe quelque chose, la seule info que j’en retire, c’est « ce gars est un ouf », ça ne m’implique pas, pour la honte, la peur ou autre. Moi je frappe et je me tire. Point. La vie c’est pas toujours « Anne-Catherine et moi on va dans les Pouilles », mais je m’en sors bien. J’ai senti ma puissance, tout est différent.