mardi 20 novembre 2018

Je commence à m'acheminer vers le genre d'amour qui me mettrait exactement en joie,

mais c'est pas facile. Parce que je dois quitter les mecs super avec qui globalement ça se passe bien. Ils veulent bien être en couple, ils veulent bien une relation monogame, ils sont doux, ils font le bien autour d'eux, on s'attire, on s'estime, on s'amuse. C'est-à-dire que je suis une sorte de déglingo. 

 - Bonjour Marine, je suis beau, je suis magnifique, je suis une crème, je suis protecteur, je suis admiratif, j'ai lu tout ton blog et j'ai une grosse voiture et une grosse queue, je sais que c'est ça que tu veux. Je te retrouve dès que je le peux, et tu as envie de me sauter dessus quand tu me vois. 
 - Je sais bien.
 - Je te trouve magnifique, on rigole, on fait du sexe exceptionnellement exceptionnel,  je t'emmène au collège en voiture et j'assiste à tes cours.
 - Hé oui ma bichette. 
- Mais alors quoi? 
- Je sens au fond de moi que ce n'est pas exactement ma place... 
- Attends, je te propose une soirée où je prends entièrement soin de toi, je viens de chercher au travail, je te fais à manger et je te masse jusqu'à ce que tu t'endormes. Qu'en dis-tu? 

Tu es le plus beau mec que j'ai pécho de toute ma vie, mais ça n'est pas ma place. Je n'ai plus de volonté, j'ai tout utilisé pour arrêter de te voir, je vais écouter Rohff en lisant Goliarda Sapienza.  Je reviendrai quand j'aurai plus le seum. 

samedi 17 novembre 2018

Il y a un truc chez moi que tu peux pas teste.

 Championne du monde. Les ruptures. Qui m'a déjà larguée? Allez-y je vous attends, je suis là. Je vous écoute. Et bah personne, dis donc! Un copain de Rassinoux m'a avoué au deuxième rendez-vous qu'il était pas prêt à avoir une relation stable et j'ai mis fin au truc. C'est ça le max de je me suis fait gué-lar. Alors franchement.
 C’est moi qui pars à chaque fois. J'ai compté, j'ai du rompre une quarantaine de fois, large, à partir du moment où j’ai commencé à dater. J'ai arrêté de compter à vingt. C’était légèrement déprimant d'être sortie avec tant de gens, sans que ça donne des dimanches matins au marché, habillés en coton doux, les cheveux électriques sur ton épaule dans le bus. Oui, okay, c'est mon fantasme d'aller au marché, et alors, on n'a plus 20 ans je vous signale ! Un petit caddie et un mec avec qui vanner, des journées de sexe entrecoupées de lectures et de conceptualisation, que voulez-vous de plus ? De la dignité ? En laissant le caddie dans la boutique de bibelots de la Foir'fouille et en portant les courses à la main ? 
Tu as raison, c’est vrai que j’ai beaucoup parlé de cette sale grosse pute de gros Chaouki - j’ai pas la Tourette, c'est une vraie grosse pute.

Il y a un truc entre moi et les instrus de J’accélère, et Célibâtard.

Ca me met bien, frère. Du côté des paroles, on est un peu mieux que de la trap, mais si Rohff chantait sur blabliblou, ca ne serait pas non plus bien bien grave. Ca ne ferait pas une grande différence. Dans J’accélère, il fait rimer cyclope avec club (en prononçant cycleup). C’est même pas une rime. C’est une paronomase avec une licence poétique de dyslexique. Il y a des limites. Dans Célibâtard, il invente un mot dans: « je vois ton aluette vibrer au fond de ta bouche, quand tu es morte de rire/ Nous deux c'est bon délire ». Sérieux ? Son alouette, sa luette ? C’est exactement là ma limite.
Il y a une copine de Benjamin qui dit que ce n’est pas parce que ça peut se faire, que ça doit se faire, les relations amoureuses. Evidemment. Alors on laisse un grand renoi merveilleux, parce que ce n’est pas opportun, mais franchement, c’est pas sympa, de s'infliger ça à soi-même. Ca se fait trop ap.
Je jure que je viens d’entrer dans le RER A, et que j’ai du éviter, comme dans Matrix, un pigeon qui s’enfuyait à tire d’aile de la rame.

dimanche 2 septembre 2018

Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel?

Déjà quand le flow Deezer m'a foutu Maitre Gims et Vianney toutes les quatre chansons, j'ai rien dit. J'ai passé sagement. Les quatre vingt quatorze fois où la chanson " C'est la même" a commencé. 
Maintenant, ça ne va plus du tout. Le flow est un demi flow: une chanson sur deux me sied, je suis bien, jusqu'ici tout va bien. Et puis l'autre chanson sur deux, c'est de la vieille chanson française que je n'ai jamais voulu écouter de près ou de loin: Maurane, Mike Brant, Pierre Bachelet, Bourvil. Mais les gars! D'où ça sort? Depuis quand le flow fait des surprises venues de l'ORTF? Un Steevie Wonder, un Dalida, un Oxmo Puccino, un Serge Lama. Je vais faire une crise d'épilepsie. 
Comment je me sors de ce merdier? 

mercredi 29 août 2018

Oyez oyez ! J’ai découvert un des secrets les plus subtils de l’humanité.

 Un des secrets les plus impénétrables de l’Histoire depuis les pyramides (parce que pour celui-là, voilà, vous le savez déjà : on peut produire de l’électricité dans ces petites choses ; allez voir sur youtube. Signé : Mon nom de code de survivaliste ne vous sera jamais révélé – c’est « Tempête du désert »).

 Revenons à nos moutons. J’ai trouvé pourquoi les chanteurs font des têtes. Des grimaces. Ca se contorsionne le nez, la bouche. Et bien après deux années de chant assidu derrière mon clavinova, je peux vous révéler que premièrement, suivant les sons qu’on prononce, une même note passe bien ou pas bien du tout, les i, les o, les a, rien à voir. Et comme en général, il y a tout un tas de paroles, il y a tout un tas de position de la gorge à prendre pour chanter une même note suivant chaque syllabe qu’on essaye de faire sortir. 2. Et bah c’est difficile, mes aïeux, c’est difficile. 3. On fait des têtes. On se contorsionne le pharynx, le larynx, tout le tralala jusqu'à froncer le nez, et ça passe. Voilà c’est tout. 

C’est pour ça que je ne peux pas chanter en public. Parfois j’imagine la tête que je fais, un mixte entre un bouledogue français et Lara Fabian. Et personne ne veut voir ça. Je vous respecte, vous me respectez, on ne va pas briser une si longue amitié.

mercredi 22 août 2018

J’ai une question.

Je ne vais pas m’énerver (je suis énervée). Je vais essayer de ne pas m’énerver. 
Pourquoi les mecs de mes copines me font toujours des blagues sur la franc-maçonnerie et le complot juif ?J'ai l'image d'une meuf qui met un casque en aluminium au fond de son jardin rempli d'objets de récup, pour échapper à la CIA, c'est ça? Vous croyez que je suis un rebeu qui regarde des docus youtube sur les reptiliens? Je sors avec eux, ça n’a rien à voir. Calmez-vous. 
 Oui, j’ai ma part d’ombre, mais elle a ses limites. J’aime les spectacles de Dieudonné. D’accord, je l’ai dit en public. Je le confesse. D’accord, j’avais un petit faible pour les cours sur les cinglés en philosophie : Malthus, Spencer, la phrénologie, la physiognomonie, Adam Smith. Je les examine, ça m’intrigue, j’en fais des mémoires. J’ai même regardé un documentaire de Faurisson, et un autre qui expliquait que dans les pyramides, il y avait des installations hydro-électriques. Je sortais avec un sataniste soralien aussi. Ça vous emporte comme une déferlante. Mais soyons réalistes. Vous savez bien que je ne regarde pas les documentaires sur les Illuminatis (parce que ce sont eux, qui nous regardent. Meilleure blague de ma journée. Je peux retourner écouter des podcasts).
C’était sous les combles de ta grande maison de campagne au début des années 2000. Une sorte d’odeur légèrement passée, de vieux bois, de vieux draps, de serviette attachée en attendant que le maillot de bain ne sèche, de chaleur tiède. C'était comme si tout avait été posé là par pure utilité, et composait une immense maison dépareillée légèrement poussiéreuse. 

On était assises toutes les deux devant un gros ordinateur, samedi après-midi. On écoutait un album d’Eminem à la couverture bleu translucide, sombre. On avait imprimé des photos, dont une de Katie Holmes, que j’avais collée dans mon agenda. Tout était exactement parfait. Mon envie était dévorante de tout écouter, voir, imprimer, aimer. J’y avais accès par petites touches. Ce n’était jamais assez, il y avait cette tension qui me poussait vers le monde comme un ressort qu’on contracte (Depuis que je relis l'Autofictif, j'imagine Eric Chevillard qui tacle tout ce qui bouge. Immeuse tacleur, Chevillard. Et là, il y a matière à tacler "le ressort qu'on contracte".)