mercredi 22 août 2018

J’ai une question.

Je ne vais pas m’énerver (je suis énervée). Je vais essayer de ne pas m’énerver. 
Pourquoi les mecs de mes copines me font toujours des blagues sur la franc-maçonnerie et le complot juif ?J'ai l'image d'une meuf qui met un casque en aluminium au fond de son jardin rempli d'objets de récup, pour échapper à la CIA, c'est ça? Vous croyez que je suis un rebeu qui regarde des docus youtube sur les reptiliens? Je sors avec eux, ça n’a rien à voir. Calmez-vous. 
 Oui, j’ai ma part d’ombre, mais elle a ses limites. J’aime les spectacles de Dieudonné. D’accord, je l’ai dit en public. Je le confesse. D’accord, j’avais un petit faible pour les cours sur les cinglés en philosophie : Malthus, Spencer, la phrénologie, la physiognomonie, Adam Smith. Je les examine, ça m’intrigue, j’en fais des mémoires. J’ai même regardé un documentaire de Faurisson, et un autre qui expliquait que dans les pyramides, il y avait des installations hydro-électriques. Je sortais avec un sataniste soralien aussi. Ça vous emporte comme une déferlante. Mais soyons réalistes. Vous savez bien que je ne regarde pas les documentaires sur les Illuminatis (parce que ce sont eux, qui nous regardent. Meilleure blague de ma journée. Je peux retourner écouter des podcasts).
C’était sous les combles de ta grande maison de campagne au début des années 2000. Une sorte d’odeur légèrement passée, de vieux bois, de vieux draps, de serviette attachée en attendant que le maillot de bain ne sèche, de chaleur tiède. C'était comme si tout avait été posé là par pure utilité, et composait une immense maison dépareillée légèrement poussiéreuse. 

On était assises toutes les deux devant un gros ordinateur, samedi après-midi. On écoutait un album d’Eminem à la couverture bleu translucide, sombre. On avait imprimé des photos, dont une de Katie Holmes, que j’avais collée dans mon agenda. Tout était exactement parfait. Mon envie était dévorante de tout écouter, voir, imprimer, aimer. J’y avais accès par petites touches. Ce n’était jamais assez, il y avait cette tension qui me poussait vers le monde comme un ressort qu’on contracte (Depuis que je relis l'Autofictif, j'imagine Eric Chevillard qui tacle tout ce qui bouge. Immeuse tacleur, Chevillard. Et là, il y a matière à tacler "le ressort qu'on contracte".)

lundi 20 août 2018

Ca fait quasiment un mois

que j’ai le dos plus ou moins bloqué selon les jours, sur l’échelle de la chiale en rampant sur le lit après avoir mis dix minutes à aller faire pipi. Je vous le dis, mon énergie perdue depuis le Boris, elle est là. Le réservoir s’est rempli au fur et à mesure des journées passées immobile. Elle déborde. Elle est là, elle pousse, elle veut faire de la danse, du yoga chaud, elle veut courir dans le bois, sauter sur l’elliptique, sortir, sortir, sortir, vous voir, chanter dans la rue, parler aux inconnus, visiter des pays en sac à dos, faire le ménage en faisant des moulinets de cuisses sur de la trap (chacun se fait son image mentale, je vous laisse libres). 

 Hé, vas-y, si tu restes même pendant les semaines d'anxiété, si tu restes même quand je travaille (c'est-à-dire que, combinées, ces périodes représentent 90% du temps), au lieu de me laisser au bout du roul’ torchon, chiffon, carpette dès le lundi soir, je te paye un grec.
Alors évidemment, c’est Dallas ma vie sociale. Je n'en peux plus des interactions avec les humains. (Il faut prononcer le "peux plus", d'une voix aiguë de vieille connasse de prof de français excédée). Ca suffit, chacun est gentil avec les autres, et on joue tous ensemble tranquillement. Voilà.

Ma voisine est malentendante,

c’est pour ça qu’elle ne m’a jamais rien dit, alors que ça fait presque un an que je joue du piano en chantant comme un chat écorché qui, selon un parfait concours de circonstances, serait fan de France Gall et Anne Sylvestre. Tout s’explique.

lundi 2 juillet 2018

Okay, ça y est, ma vie c’est vraiment Sex and the city.

Des rendez-vous, des débuts de relation tous plus scabreux les uns que les autres. Celui qui ose me dire « Shut the fuck up », je (ne) vous passe (pas) celui qui décrit les gros seins de la copine cinquantenaire de sa mère chez qui il monte un lit ikea, celui qui pense être fou amoureux, mais dont la condition est de me voir seulement une fois tous les quinze jours (justement, c’est exactement le bon timing pour des rendez-vous où je te dis d’aller niquer ta mère), je ne vous passe pas non plus celui qui m’a demandé de me faire des couettes et de m’asseoir sur ses genoux, celui qui veut continuer à me voir même s'il a une meuf depuis un an.

Approchez approchez, le festival du n’importe quoi continue. On est sur du festival à l’année, c’est pas du saisonnier.

Mon avis modéré sur les plans culs,

 autrement intitulé, « tu veux bien qu’on profite de notre alchimie physique, sans être en couple ? », ou doucement renommé « Oh oui, j’en ai autant envie que de me pendre ».  
Il y a toujours d’anciennes relations, de toutes nouvelles relations, dans lesquelles on sait qu’il n’y a pas/plus de lien d’amour, mais l’autre voudrait bien un lien quand même, parfois comme ça, à la dérobade. A la débandade. A la va que je te pousse. 
La réponse de notre ami Benjamin, le gars qui gère absolument tout de A à Z, ne vous inquiétez pas, tout est tranquillement sous contrôle, le gars est parfaitement sain d’esprit :
-Je décline l’offre, car il apparait qu’à la fin, je ressentirai une certaine souffrance, que je préfère éviter. Ainsi je me protège et te souhaite bonne continuation.

Moi, maintenant, je commence comme Benjamin mais au bout de trois quatre relances, je finis comme ça :
- Tu oses demander ça, sale chien de la casse ? Tu crois qu’on peut se servir des gens ? Tu sais ce que je pense des plans culs ? C’est un truc de paumés, des gens incapables de sentiments humains, c’est en deçà de l’humanité, c’est la crasse, c’est la lie de l’humanité, et franchement j’ai même pas envie de te parler, on est à la limite du sociopathe, j’ai pas envie de finir comme toi. Je te vomis.

Il y a un petit progrès. On est sur de l’esquive bien plus efficace de ce qui causera une douleur (car on n’est pas aimé comme un être humain entier dans le plan cul. C’est ça qui cause une douleur). On est sur du progrès, parce que deux ans après notre « rupture » (a-t-on véritablement été ensemble ? Non selon la police, peut-être sincèrement une semaine maximum, selon les manifestants), Chaouki m’envoyait encore des « tu es où ? », et je répondais en stoppant toute activité, donnant mes coordonnées GPS, et en l’attendant sur le lit, un cocktail de fruits frais à la main. Evidemment, que pouvait-il arriver d’autre (rien), je finissais à pleurer par terre comme une pauvre petite tragédienne, d’une tragédie toute nulle où personne ne meurt à la fin, où juste, je le savais depuis le début, un gros chauve vient deux heures pour niquer à moitié bien, et à moitié selon le concept de coercition progressive que vous pouvez trouver sur ce site :
https://antisexisme.net/2017/10/27/coercition-graduelle/, et puis repart. Ce gros chauve perfide et luisant du front, le gars dont le cœur est un puits sans fond habité par des goules (Un méchant à inventer dans Toklien ?), qui n’a d’autre mode que le plan cul.

samedi 9 juin 2018

Quand je suis seule, et que je peux rêver, je rêve que je suis dans tes bras (bsartek, Michou Berger), et que c’est à la fois doux léger et tiède. Cette nuit j’ai rêvé que je te tenais la main, dans une immense verrière façon magasin de plantes, et j’inspirais, collée, la tête contre ton torse. Ton tee-shirt sentait la lessive et le frais, j’inspirais, j’étais étonnée que quelque chose de si bon existe tout de go devant moi.

Ma petite fille

Je ne sais plus si c’est vrai, ou si c’est moi qui me l’imagine, mais parfois ma grand-mère disait « ma petite fille ». Parfois, je me parle à moi-même, et ça commence par « ma petite fille ». C’est joyeux, optimiste, comme rassemblant ses forces tièdes et bouillonnantes, comme les yeux semi clos, recevant toute cette confiance, comme certain de la bonté qu’il y a à l’intérieur, comme pris d’une douce fébrilité. Sentir toutes ces forces en moi, reconnues par ce « ma petite fille ». « Ma petite fille », comme un sacré petite, comme un je sais bien que c’est dur, mais tu en as sous le pied et c’est surprenant, comme un tu es une mignonne petite personne que je chéris.

lundi 4 juin 2018

Bribes de désespoir et d'alopécie

Bribes de désespoir: 
- C’est le ramadan là. Je n’ai plus aucun partenaire sexuel. Renoi, rebeu, plus rien. Le vide intersidéral. Alors que je viens de me faire épiler. 
 - Bah ouais, mais ma vieille, c’est ça aussi, faut arrêter le communautarisme sexuel. 
- Putain, cette réplique est géniale. Ca te dérange pas si je la mets dans un article? 
- Non, vas-y, c'est de la littérature collaborative. 

Bribes d'alopécie: 
- Et lui, là, il est pas mal ! 
- Mais Marine, tu ne peux pas aimer tous les chauves ! Aimer tous les chauves, c’est comme aimer tous les blonds ! Ca n’a pas de sens, il y en a des moches ! 
- C’est vrai, dans les blonds, il y a Mickael Vendetta. 
 - Voilà !
- Mais dans les chauves, ça va, je t’assure. 
- Et bah, ils doivent être content de te trouver ! Ils doivent se dire qu’ils ont tiré le gros lot ! Tu es sur une niche écologique, tu sais, tu es seule sur le projet ! Moi aussi, si j’aimais les moches, comme toi, ça serait plus facile.