mardi 15 novembre 2016

Quand je suis célibataire, je me remets au boulot.

Littérature féministe, clips de Christina Aguilera. Logique implacable du lien entre les deux (elle est forte, elle aime le sexe, elle est teubé mais elle propose quelque chose d’indépendant ; quand je dis ça, je me vois faire vous savez ; on dirait mon ancien mec qui défendait PNL parce qu’il n’y avait pas de meufs en string dans leur clip). Je lis Liv Strömquist, « Les sentiments du Prince Charles ». Et je fais « ouaahh, man ! » à toutes les pages. C’est exactement ce qu’il me faut. Je pouvais l’avoir dans les mains en 2006 s’il vous plaît ?
Elle va plus loin que mon article plus bas (celui qui dit que les femmes ont une intelligence émotionnelle et apportent le « care »). Elle décortique les liens déséquilibrés et leurs symptômes. Elle dit que les hommes exploitent la force des femmes, et marchent sur l'amour et la stabilité qu’elles donnent, pour s’élever dans la sphère publique; pendant que nous on pleure à la maison de ne rien recevoir, percluses de douleurs de provenance inconnue. Un tableau de rêve. Elle prend l’exemple de la femme dans « Tout le monde aime Raymond », une sorte de Sisyphe qui essaie désespérément jour après jour d’avoir une intimité avec son mari, sans que jamais il ne lui donne (il est rassasié lui, il préfère éviter de s'intéresser à elle, il doit regarder la télé). 
Cet été, je disais à Barbichette qu’il devait y avoir 20% de mecs sains d’esprit, là dehors. J’entends capables de donner un amour bon : sans haine, avec compassion, joie, équanimité et intelligence émotionnelle. Et elle m’a dit : "tape dans ceux là". C’est quoi le problème ? Il n’y a jamais de problème avec Barbiche. Il y a juste une direction à suivre. Je fais de mieux en mieux ; et mes relations sont de plus en plus courtes ah ah. Je capte vite, et je suis déjà partie, mon "care" ne se dilapide plus dans le monde, pour tous les cotorep qui passent.  Il est dans mon ventre, bien au chaud.

dimanche 13 novembre 2016

Petite remarque pratique:

dans les clips des années 2000, il y a encore des mouvements de la tête: gauche, droite, centre; et des bras (salut Britney). En 2010, c'était fini, il y avait des mouvements de culs, et voilà.
Signé: Hé oui, j'ai plus 20 ans, je fais des remarques conservatrices regrettant le passé et constatant la déchéance de la civilisation.

Jeudi soir, on s’est retrouvés dans une faille spatio-temporelle

avec Alex, Lucile et Pauline (de nouveaux protagonistes pour le blog, venant tout droit de mon collège de Boissy. Alex est blond, susceptible et on se marre ensemble en toutes circonstances, Lucile récite Racine à la fenêtre l’été, je l’ai aidée à gérer ses classes de fou-malades l’année dernière, Pauline est happy et saine d’esprit – ça vaut la peine de le mentionner, croyez-moi-). Bref. On regardait de vieux clips. Christina Aguilera : « If you wanna be with me, baby there’s a price to pay, I’m a genie in a bottle, you’re gonna rub me the right way”, Jojo, Jamelia, Beyoncé, Hillary Duff, la totale. Puis on a fait une bataille d’eau, Alex nous a poursuivi dans la maison, on s’est enfuies en poussant des cris aigus, et on s’est enfermées dans la salle de bain. On a voulu répliquer avec du shampooing dans sa calvitie, mais à la fin c’est moi qui ai fini avec la tête poisseuse. On a rigolé à se faire pipi dessus (ma spécialité en 2001). Alex a mis une limace dans le sac de Lucile. J’avais l’impression d’être au milieu d’un week-end chez Camille et Paul au collège, et putain de sa mère, ça fait du bien.  

Ma quête est longue.

Elle passe par vous tous, vos humeurs, vos déglingues. Très bien. Elle implique que je répare tout ce qui coince chez moi en cours de route. Je dois être exigeante et patiente. Mais je vais très haut les mecs. Je vais vers ce genre de relation où on est encore ouf de l’autre 25 ans après, le genre d’alchimie tenace. Comme ces gens qui se regardent l’un l’autre, les yeux qui brillent. Comme quand je suis entrée dans la librairie et que tu m’as vue, JB. Ma mère m’en parle encore (et « je n’avais jamais vu un regard comme celui-là », et bla bla bla « dans ses yeux il y avait quelque chose », c’était le bon temps, quand je croyais qu’on finirait ensemble, tu m’en as fait baver petit coquin). Les yeux pétillants d’une ado en face de Justin Bieber torse-nu. Quelque chose du genre. Je vais vers une relation saine et épanouissante ; je vais vers une famille comme une équipe de All blacks surexcités. Okay pour toutes les étapes, maintenant que je vois la route, et que je sens que je peux tous vous éclater. Ca y est, je sens enfin que je peux le faire. J'y vais.

On faisait le tour des vieux clips

des années 2000 jeudi soir, et je me demande pour la première fois quelle image de la femme véhiculent les clips (questionnement tout nouveau pour les féministes hein). C’est la première fois que je m’insurge sincèrement, parce que c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir été coincée, ces derniers mois, dans des plans culs améliorés, dans lesquels je n’étais pas vraiment considérée comme une personne ayant un avis et un intérêt. Alors les meufs, dans leurs clips en stromboscope : une image par demi-seconde, une pose de film de cul par demi seconde. Croyez-moi, j’adore les -bons- films pornos, mais dans tous les clips toutes les minutes de tous les jours, non les gars !
Jure que dans un clip de Ne-Yo, y’a une fille en string qui approche ses fesses à 5 cm de sa tête, en levrette. Normal. On ne va pas lui donner de prénom, appelons-la juste « les fesses ». Ca ira plus vite.

J'en ai marre de parler.

J'ai envie que ça se passe tout seul, qu'on aie du temps, que tu ne puisses t'empêcher de me caresser les cheveux, qu'on rigole et que tu aies tout un tas de petites attentions qui me laissent l'impression évidente que tu m'aimes moi, pas une image que tu te fais et qui peut s'écrouler en trente secondes, ou un besoin que je viendrais combler. Je ne veux pas qu'on me menace de me quitter à la moindre contrariété. Je ne veux pas évaluer si je me fais arnaquer et si je suis encore une fois trop patiente. Je veux juste sentir quelque chose de plein. Je ne veux pas lutter, discuter, expliquer, réparer. Je veux me sentir reconnue en tant que personne, pas en tant que distributeur de douceur et de sexe (parce que oui, je suis un super partenaire sexuel, vous savez pourquoi? parce que je fais attention à vous bande de porcs). Je n'ai pas (pour le moment) l'ambition de construire un harem; pourtant ca marcherait tout seul. Bon bon bon.  

mercredi 26 octobre 2016

Hier j'étais dans le jardin

 avec Jacky, un musicien chauve, à boire du thé. Il me disait qu’il avait vu la pièce Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, et que selon l’auteur, les femmes ont des besoins comme l’attention, la compréhension, qu’on reconnaisse leurs sentiments, et qu’on les rassure sur l’amour qu’on leur porte. Pourtant ce sont des besoins essentiels de l’être humain. Alors pourquoi sont-ils seulement exprimés par les femmes ?
J’ai une hypothèse (hypothèse 3508 du blog ; vous le dites quand vous en avez marre). Mon hypothèse, c’est que tous les êtres humains ont ces besoins. Les femmes éduquées dans le care avec leurs baigneurs, poupées, ont l’habitude de s’occuper des autres, d’en prendre soin, de leur donner de l’amour, de les cajoler, de les consoler. Donc dans un rapport hétérosexuel, c’est l’homme qui ramasse. Forcément, ensuite il n’a pas besoin d’être rassuré. Son besoin est comblé. Les femmes qui se trimbalent des partenaires dont les jeux de l’enfance ont développé tout sauf l’intelligence émotionnelle formulent forcément ces besoins. Ils ne sont pas comblés.

PS : Ca entraîne à quoi comme compétence émotionnelle de jouer à GTA ? Ca aide de renverser des putes sur la route ?

Je chante Un homme heureux

de William Sheller au piano en ce moment. Sur la descente des accords du mi bémol au la bécarre : « Quelque soit le temps que ça prenne/ Quelque soit l'enjeu/ Je veux être un homme heureux. ». Je me demande un truc : alors William, depuis 1992, tu es heureux ou quoi ?

lundi 24 octobre 2016

Quand Hadrien s'est suicidé il y a quelques années, j'ai eu très peur pour mes fesses. Je pouvais très bien en arriver là moi aussi. Je ressentais ce qu'il ressentait, et je trouvais que c'était une issue logique.
Ca m'a fait un électrochoc, et j'ai commencé à courir dans l'autre sens. J'ai un peu pédalé dans la semoule au début. Mais hamdoulilah, la plasticité cérébrale est passée par là, et j'ai tout donné bitch. J'ai fini en Usain Bolt.
Maintenant, ce qui sort de mon cerveau rééduqué m'étonne chaque jour. Il se guérit, se console, produit de la confiance. Je suis dans la zone taoïste bsartek (taoïste arabe).

Philosophe de l'extrême - la suite

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En ce moment, je suis sur des concepts assez profonds. J’en ai deux notamment. Un, les hommes c’est comme le flow deezer, quand ça va pas, il faut passer à la chanson suivante, et à un moment on kiffe. Deux, les hommes c’est comme les fringues, on les essaye et si ça fit pas parfaitement, c’est pas la peine. Sinon on se retrouve avec des tas de vêtements qu’on ne met pas dans les placards, alors qu’on cherchait juste une pièce de qualité pour garder des années. Appelez-moi Babillages. J’ai atteint le level philosophique de Cristina Cordula.

Il y a autre chose, qui m’a occupé l’esprit toute cette rentrée. J’avais besoin de reconnaissance et de compréhension ; dans mon travail. Je m’use la santé à faire des trucs de héros, j’ai les déscolarisés, ceux qui ne savent pas écrire, les violents, les gangs de fille, les intellos fragiles. Je suis en pédagogie différenciée, et chacun bosse à son rythme. Je suis compréhensive, il n’y a plus de conflit avec personne. Ils donnent le meilleur. J’ai créé ça, personne ne m’a appris à le faire. C’est une alchimie très spéciale. C’est beau. On me salue dans les couloirs et dans la cité.
Ce qui me tuait le bide, et occupait mes nuits, c’est que j’ai donné toutes mes tripes et qu’en face, j’ai du harcèlement moral de la part de ma boss qui est une grosse tanche incompétente et agressive, de l’indifférence de la part de l’inspectrice, du mépris de la part de la meuf de mon coloc qui soutient que je n’ai pas un vrai travail (la meuf habite gratos dans la maison que je paye, ne travaille pas et crée des tee-shirts dans la cave que personne n’achète ; et moi je n’ai pas vrai de travail alors que je me lève à six heures tous les jours. La salope.). Et mes potes qui s’agacent des plans que je mets quand je suis épuisée et que je dois finalement juste dormir pour pouvoir retourner au front le lendemain.
Y’a personne pour me dire « pitchoute, je te félicite de te lever tous les jour pour accomplir tout ça, c’est beau, c’était difficile, tu as bien bossé ».
Alors j’étais en colère sa mère. Je trouvais ca injuste. Je trouvais que j’aurais eu le droit à de la compréhension et de la reconnaissance. Les mêmes que je donne à mes élèves (c’est pour ça qu’ils entrent avec le sourire dans ma classe, bitch).
Et puis ça s’est résolu tout seul ce week-end, quand Mélanie m’a dit que mes amis étaient déjà bien assez compréhensifs comme ça, et que ça suffisait. Je ne pouvais pas attendre de reconnaissance de la part de gens qui n’en ont plus en stock (c’était mal barré si je m’y prenais comme ça).
Alors c’est comme si j’avais levé la main – c’est une métaphore. Moi ! ici ! Je suis là, et je vais me chouchouter et me féliciter d’accomplir ca tous les jours. Je vais me consoler. Je peux vous englober de compréhension, si vous êtes au max. C’est moi qui câline et qui rassure. Même quand je crois que je n’ai plus d’énergie, j’ai quand même ça en moi. Et je me valide. Tampon officiel de « c’est bien ma biche ». Moi je sais, et peu importe ce qui dysfonctionne autour. C’est moi la source.